DOUCE MOI­TIÉ

Sté­pha­nie Bou­lay n’est pas du genre à se tour­ner les pouces très long­temps. Alors que sa soeur, Mé­la­nie, vi­vait sa nou­velle ma­ter­ni­té, l’hi­ver der­nier, l’autre moi­tié des Soeurs Bou­lay est par­tie pour un road trip de deux mois… qui n’a fi­na­le­ment du­ré que

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En fé­vrier der­nier, Sté­pha­nie Bou­lay n’avait rien de­vant elle du­rant plu­sieurs mois. Sa soeur Mé­la­nie ve­nait de don­ner nais­sance à son pre­mier en­fant et le ca­len­drier des Soeurs Bou­lay ve­nait d’être li­bé­ré pour une par­tie de 2018.

« Je voyais le ca­len­drier vide et je ca­po­tais, dit-elle. En même temps, j’avais en­vie de sor­tir du mi­lieu, de sor­tir du be­soin d’être ap­plau­die, de me prou­ver. »

Elle a alors dé­ci­dé de par­tir en voyage sur la côte est amé­ri­caine, dans le Maine et dans le Rhode Is­land. « J’étais la seule tou­riste dans les vil­lages, dit-elle. C’était su­per ins­pi­rant. »

En quelques jours, elle a écrit trois chan­sons. Et l’ap­pel du re­tour à la mai­son s’est ra­pi­de­ment fait sen­tir. « J’au­rais eu en­vie d’être ca­pable de vivre un an sans pen­ser au tra­vail, dit-elle. Mais c’était plus fort que moi. »

À son re­tour, elle a amor­cé le tra­vail pour un al­bum avec le réa­li­sa­teur Alex McMa­hon, avec qui les Soeurs Bou­lay avaient dé­jà col­la­bo­ré. « Son ap­port a été im­mense ! Dès que je suis re­ve­nue des États, je sa­vais que je vou­lais tra­vailler avec lui. On a eu une connexion mu­si­cale rare et pré­cieuse. »

EN­DROITS PLUS SOMBRES

Écrire en so­li­taire plu­tôt que pour les Soeurs Bou­lay a été un exer­cice net­te­ment dif­fé­rent pour Sté­pha­nie. « J’ai l’im­pres­sion, avec cet al­bum-là, d’avoir re­plon­gé dans des su­jets dé­jà tou­chés avec les Soeurs Bou­lay. Mais je suis al­lée dans des en­droits plus sombres où je n’au­rais pas vou­lu em­me­ner ma soeur. J’ai vrai­ment ra­clé les fonds ma­rins ! » À quoi fait ré­fé­rence le titre de l’al­bum,

Ce que je te donne ne dis­pa­raît pas ? « Je suis une per­sonne avec un coeur pas mal ou­vert, ré­pond-elle. Je suis d’une grande in­ten­si­té. Quand j’aime, j’aime. Je donne beau­coup. Je di­rais même que je donne trop. Je suis naïve, des fois. Je me dis que par­fois, il fau­drait que j’ap­prenne à me dur­cir le coeur, que j’ap­prenne à me pro­té­ger. Mais en même temps, je veux gar­der mon coeur le plus ou­vert et pur pos­sible. »

Avec cet al­bum so­lo, Sté­pha­nie Bou­lay a aus­si pu ex­pé­ri­men­ter les concerts en so­li­taire, une ex­pé­rience pour le moins éprou­vante. « Je sa­vais que je ne vou­lais pas faire de spec­tacles com­plets, parce que je ne me sen­tais pas as­sez so­lide. [...] J’ai l’im­pres­sion de re­com­men­cer à zé­ro. Je dé­fends un peu ma place. Je cherche le re­gard de ma soeur, qui n’est pas là. Je me sens exac­te­ment comme quand j’avais 14 ans et que je com­men­çais à faire des shows ! »

LE RE­TOUR DES SOEURS BOU­LAY

Au mo­ment où pa­raît cet al­bum, Sté­pha­nie Bou­lay men­tionne dé­jà avoir la tête de re­tour dans le pro­jet des Soeurs Bou­lay. « On a dé­jà écrit la moi­tié du pro­chain al­bum, dit-elle. Si tout va bien, on va sor­tir des trucs en 2019. »

Mé­la­nie étant main­te­nant ma­man, la pro­chaine tour­née du duo se­ra as­su­ré­ment dif­fé­rente des pré­cé­dentes. « La pre­mière tour­née qu’on a faite, c’était entre 250 et 275 shows, dit Sté­pha­nie. Là, il va fal­loir qu’on se struc­ture, qu’on fasse des com­pro­mis. » Le pre­mier al­bum so­lo de Sté­pha­nie Bou­lay, Ce que je te donne ne dis­pa­raît

pas, est pré­sen­te­ment sur le mar­ché.

Sté­pha­nie Bou­lay a pro­fi­té de la pause des Soeurs Bou­lay pour lan­cer son pre­mier al­bum so­lo.

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