L’Ohio se ré­volte contre Clin­ton

Les ré­si­dents de l’im­por­tant État élec­to­ral en avaient as­sez de Wa­shing­ton qui es­sayait de les contrô­ler

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - cHristopHer narDi

WAR­REN, Ohio | Ga­ran­tir le droit de por­ter des armes à feu, ra­me­ner des em­plois payants et pro­té­ger la fron­tière de la «me­nace ter­ro­riste». Voi­là trois des grands en­jeux des ré­si­dents de l’Ohio, et trois rai­sons pour les­quelles les dé­mo­crates y ont su­bi une dé­faite fou­droyante.

«Es­sayer de m’en­le­ver mon fu­sil, c’est prise un. Res­ter ca­chée dans ta tour d’ivoire à Wa­shing­ton sans rien faire pour le pe­tit peuple, c’est prise deux. Vou­loir ac­cueillir plus de ré­fu­giés sans se pré­oc­cu­per de la me­nace ter­ro­riste? Strike

three, you’re out!», lance en riant Ch­ris Warn­ken, un par­ti­san de Do­nald Trump croi­sé sur un trot­toir de la rue West Mar­ket, au coeur de la pe­tite ville de War­ren, en Ohio.

Même s’il est près de l’heure du dî­ner, l’ar­tère est dé­serte, ré­sul­tat in­évi­table de l’exil des ré­si­dents et des en­tre­prises qui af­fecte les États de la «cein­ture de rouille» (voir autre texte) de­puis plus de 10 ans.

Même M.Warn­ken, 60ans, n’a ja­mais réus­si à se trou­ver un em­ploi de­puis qu’il a dé­mé­na­gé ici il y a près de deux ans. Il ha­bite avec son fils chez son ex-femme et son nou­veau ma­ri.

ARMES À FEU

Les armes à feu ont tou­jours fait par­tie de la vie de cet homme de l’État de New York. Né dans ce qu’il ap­pelle un «ghet­to», il croit que le droit de por­ter des armes à feu est pri­mor­dial pour se pro­té­ger.

«Je viens d’un en­droit dan­ge­reux où il y a beau­coup de ten­sions ra­ciales. Donc j’avoue que je me pro­me­nais tou­jours avec une arme à feu pour me pro­té­ger à cette époque. J’en ai moins be­soin ici, mais les ha­bi­tants de l’Ohio croient à cette li­ber­té et Hilla­ry Clin­ton vou­lait la leur en­le­ver à tout prix quand même», crache ce­lui qui cultive son al­lure de mo­tard en por­tant en per­ma­nence une veste et des cuis­sards de mo­to en cuir.

TROP D’IM­MI­GRA­TION

Se pro­té­ger de­vien­drait en­core plus im­por­tant si les États-Unis conti­nuent à lais­ser en­trer au­tant d’im­mi­grants et de ré­fu­giés mu­sul­mans, qu’il ac­cuse d’op­ter pour le choix «fa­cile» d’aban­don­ner leur pays pour ve­nir «pro­fi­ter du sys­tème», plu­tôt que de ré­soudre leurs pro­blèmes chez eux.

«J’ai grand es­poir que la nou­velle ad­mi­nis­tra­tion va mieux fil­trer ceux qu’on laisse en­trer, dit-il. Les ré­fu­giés sont comme un bol de fruits. Vas-tu man­ger les fruits si tu sais qu’il y en a qui sont em­poi­son­nés? Non», image-til.

«Je n’ai pas été aus­si ex­ci­té pour un nou­veau pré­sident de­puis Ro­nald Rea­gan», conclut M.Warn­ken, énorme sou­rire aux lèvres.

« nous étions mûrs pour du Chan­ge­ment. Wa­shing­ton est Con­trô­lé par des élites qui se foutent du peuple. do­nald trump n’est pas un po­li­ti­Cien et il va se pré­oC­Cu­per de nous » – John Ze­chen­der, vé­té­ran de l’ar­mée

Jer­ry Ap­ger, John Ze­chen­der et Bill Gat­lin sont tous des vé­té­rans de l’ar­mée amé­ri­caine. Se­lon eux, que Do­nald Trump n’ait ja­mais fait de po­li­tique fait de lui un bien meilleur can­di­dat que Hilla­ry Clin­ton, po­li­ti­cienne de car­rière.

Ch­ris Warn­ken Sans em­ploi

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