FIAT 124 Spi­der : le bon cô­té de la vieillesse

Le Journal de Montreal - - AUTO - JACQUES DU­VAL jacques.du­val@que­be­cor­me­dia.com

La vieillesse a quel­que­fois ses bons cô­tés.

Ain­si, mes jeunes col­lègues ne savent à peu près rien de la Fiat 124 de pre­mière gé­né­ra­tion qui a connu un franc suc­cès dans les an­nées 70. Pour eux, le nou­veau road­ster ré­pon­dant à cette ap­pel­la­tion est da­van­tage un clone de la Maz­da MX-5, préa­la­ble­ment connue sous le nom de Mia­ta.

Pen­dant qu’ils se fe­ront un de­voir de vous ex­pli­quer en quoi consiste ce ju­me­lage, lais­sez-moi éveiller des sou­ve­nirs plus loin­tains pour ceux qui ont connu ces an­nées fastes où les ama­teurs de voi­tures sport fai­saient face à un vaste choix de mo­dèles de­puis les Fiat 124 en pas­sant par les MGA, les Triumph TR 3/4 ou Spit­fire, les Aus­tin Hea­ley et Sprite et quelques autres road­sters de­ve­nus «voi­tures d’époque». Une époque bien amu­sante, si vous vou­lez mon avis.

LA GRIFFE FER­RA­RI

De toute évi­dence, les 124 ori­gi­nales, se­lon le souvenir que j’en ai, étaient plus spor­tives avec une mé­ca­nique très mo­derne pour l’époque grâce à leur mo­teur à double arbre à cames en tête, leurs freins à disque à l’avant, leur boîte ma­nuelle à 4 ou 5 rap­ports, tout ce­la en­ve­lop­pé dans une robe grif­fée Pi­nin­fa­ri­na, la même mai­son qui ha­bille les Fer­ra­ri. Et, bien sûr, la trac­tion n’avait pas fait en­core trop de ra­vages et cette Fiat d’époque était une pro­pul­sion. Dans sa ré­in­car­na­tion, notre road­ster conserve cette qua­li­té maî­tresse pour toute voi­ture sport. Sans être scot­chée au ma­ca­dam, elle valse adroi­te­ment dans un exer­cice de sur­vi­rage fa­cile à maî­tri­ser.

Des pneus plus cos­tauds pour­raient sans doute amé­lio­rer une te­nue de route dé­jà très à la hau­teur. La di­rec­tion m’a lais­sé pan­tois avec son dia­mètre de bra­quage très court au dé­tri­ment d’une cer­taine len­teur au mo­ment de ga­rer la belle. Plus de 4 tours d’une bu­tée à l’autre, ce n’est pas une di­rec­tion ra­pide si vous vou­lez mon avis.

UNE INSONORISATION DÉ­FI­CIENTE

Les der­niers chauds rayons du so­leil d’au­tomne m’ont per­mis d’ex­pé­ri­men­ter la fa­ci­li­té d’uti­li­sa­tion de la ca­pote qui dis­pa­raît en un clin d’oeil. Et c’est là que la Fiat 124 bé­né­fi­cie de son mo­der­nisme.

Il n’en de­meure pas moins que notre Ita­lo-Ja­po­naise au­rait be­soin d’une meilleure insonorisation. Sur­tout en conduite spor­tive, le ram­dam à l’in­té­rieur est as­sez dé­plai­sant et dé­pas­sé les 5000 tours/mi­nute, le mo­teur donne l’im­pres­sion de vou­loir cra­cher ses en­trailles.

Sou­hai­tons qu’un pas­sé bien gar­ni lui per­mette de ré­sis­ter à un usage in­ten­sif. Mal­gré sa pe­tite cy­lin­drée (1,4 litre), ce bloc de quatre cy­lindres tur­bo a fait ses classes dans di­vers mo­dèles sous l’éten­dard Al­fa Ro­meo, pro­prié­té du groupe Fiat. Si on ou­blie ses ex­tra­va­gances so­nores, ses 160 che­vaux pro­pulsent le road­ster 124 à 100 km/h en 7,3 se­condes tout en ne re­je­tant dans l’at­mo­sphère que le ré­si­du de Co2 as­so­cié à 7,5 litres aux 100 km. De beaux chiffres dans les cir­cons­tances.

La boîte de vi­tesses ma­nuelle à 6 rap­ports pos­sède un éta­ge­ment qui avan­tage le couple mo­teur à une vi­tesse d’au­to­route, éli­mi­nant l’obli­ga­tion de ré­tro­gra­der pour dou­bler un autre vé­hi­cule.

Là où les choses se gâtent, c’est au cha­pitre de l’amé­na­ge­ment in­té­rieur et prin­ci­pa­le­ment du cô­té pra­ti­co-pra­tique. Le coffre à gants brille par son ab­sence tan­dis que l’es­pace pour les ba­gages est mi­ni­mal, aus­si bien dans le coffre ou der­rière les sièges. Bref, rien dans les mains, rien dans les poches.

UN CLONE IMPARFAIT

Par contre, le soin ap­por­té au ta­bleau de bord et à la fi­ni­tion mé­rite au moins 4 étoiles. On aime le comp­te­tours juste en face du conduc­teur, le vo­lant si­gné Fiat de faibles di­men­sions, le confort des sièges, leur ac­cès fa­cile et l’ins­tru­men­ta­tion com­plète qui fait fi des in­si­pides té­moins lu­mi­neux. Seuls les pare-so­leil en plas­tique mince dé­tonnent dans un tel en­vi­ron­ne­ment.

Rap­pe­lons que la Fiat n’est pas le clone par­fait du road­ster de Maz­da et qu’en plus d’un mo­teur ex­clu­sif, elle se dis­tingue par une sus­pen­sion re­tra­vaillée et un style qui lui est propre. Pour 5000 $ de sup­plé­ment, on peut aus­si per­son­na­li­ser la voi­ture avec l’op­tion Abarth qui com­prend des jantes de 17 pouces, un mode sport pour la sus­pen­sion, quatre che­vaux de plus sous le ca­pot et quelques badges du pré­pa­ra­teur ita­lien.

Dans mon Guide de l’au­to 1983, je concluais mon es­sai de la der­nière Fiat 124 (née en 1966) avec ces mots: «La Fiat Spi­der est une voi­ture très sym­pa­thique qui, mal­gré son âge, a en­core sa place sur le mar­ché».

Je pense que l’on peut en dire au­tant de la ver­sion 2017 en ré­ser­vant un ac­ces­sit à sa cou­sine, la Maz­da MX-5. Pour ceux que l’in­fla­tion fas­cine, ce mo­dèle af­fi­chait un prix de 15 995 $ en 1982 contre 30 995 $ en 2016.

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