En­fin libre d’être P.K. Sub­ban

Le Journal de Montreal - - SPORTS - JO­NA­THAN BER­NIER

«Je suis main­te­nant dans une ville qui m’ac­cepte comme je suis. C’est comme de la mu­sique à mes oreilles.»

Voi­là pos­si­ble­ment l’une des dé­cla­ra­tions les plus per­cu­tantes des 45 mi­nutes que dure le do­cu­men­taire Pa­ti­ner droit de­vant – Entre deux sai­sons, met­tant en ve­dette P.K. Sub­ban.

Ce n’est un se­cret pour per­sonne: la per­son­na­li­té de P.K. Sub­ban dé­ran­geait dans l’en­vi­ron­ne­ment ul­tra conser­va­teur du Ca­na­dien.

On ne peut dou­ter que la pu­bli­ca­tion, dans les ré­seaux so­ciaux, d’images de P.K. sur la scène d’un bar bran­ché de la mé­tro­pole ou, torse nu, sur le ter­rain de football des Alouettes, n’au­rait sans doute pas fait l’af­faire de la di­rec­tion du Ca­na­dien.

Pour­tant, à Na­sh­ville, les Pre­da­tors n’en ont fait au­cun cas.

«La pre­mière chose que j’ai com­prise, quand je suis ar­ri­vé à Na­sh­ville, c’est qu’ils ne vou­laient pas quel­qu’un d’autre. Ils vou­laient P.K. Ils vou­laient que je sois moi­même», a in­di­qué Sub­ban en en­tre­vue té­lé­pho­nique avec l’au­teur de ces lignes.

«Si vous vous de­man­dez qui est P.K., dites-vous que c’est le même gars amu­sant qu’il y a 5, 10 ou 25 ans. Les per­sonnes qui me connaissent de­puis long­temps savent que j’ai tou­jours été le même», a-t-il ajou­té.

LA VIC­TOIRE AVANT LE SPEC­TACLE

Il faut dire que, con­trai­re­ment au Ca­na­dien de Mon­tréal, les Pre­da­tors sont loin d’être la prin­ci­pale at­trac­tion du coin.

En termes de po­pu­la­ri­té, ils viennent loin der­rière les Ti­tans du Ten­nes­see, de la NFL, les équipes uni­ver­si­taires et même, pos­si­ble­ment, les Grizz­lies de Mem­phis, de la NBA.

Les Pre­da­tors tentent par tous les moyens d’agran­dir leur cercle de par­ti­sans. Et nul doute qu’une per­son­na­li­té forte comme Sub­ban est un atout ma­jeur pour les pro­prié­taires de l’équipe.

«La meilleure fa­çon d’at­ti­rer de nou­veaux par­ti­sans, c’est de ga­gner. Ce n’est pas un concours de po­pu­la­ri­té ou un spec­tacle, a dé­cla­ré l’ath­lète de 27ans. [Ma per­son­na­li­té] est peut-être un élé­ment, mais je ne crois pas qu’une équipe fasse l’ac­qui­si­tion de joueurs qui ne peuvent l’ai­der. L’im­por­tant, c’est d’abord que je fasse mon tra­vail.»

SEUL DIEU PEUT JU­GER

Au cours de ce do­cu­men­taire, Sub­ban fait la ren­contre de Jea­nie Buss, la pro­prié­taire des La­kers de Los An­geles. Dans cette por­tion où il est ques­tion du mar­ke­ting des ath­lètes, Mme Buss com­pare la per­son­na­li­té de Sub­ban à celle des jeunes Ma­gic John­son et Kobe Bryant.

«C’est très flat­teur, puisque c’est l’une des pro­prié­taires qui connaît le plus de suc­cès dans le monde du sport», a men­tion­né le dé­fen­seur des Pre­da­tors.

La pro­prié­taire des La­kers ajoute que de rem­por­ter des cham­pion­nats est pos­si­ble­ment la seule fa­çon de faire taire ses dé­ni­greurs et lui don­ner la li­ber­té d’être ce­lui qu’il sou­haite.

«Je suis libre d’être qui je suis au­jourd’hui. Je le se­rai en­core de­main, l’an pro­chain et pour le reste de ma vie. Per­sonne n’a le droit de me ju­ger sauf Dieu, a sou­te­nu Sub­ban. Je suis heu­reux d’être qui je suis et d’ai­der ce monde à être meilleur, et d’ai­der les gens. Dans la vie, il faut être heu­reux, et je ne se­rai ja­mais quel­qu’un que je ne suis pas.»

C’est tout à son hon­neur.

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