Pas de com­men­taire sur le voile in­té­gral

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - KATHRYNE LAMONTAGNE

QUÉ­BEC | Si elle es­time que tout ce qui em­pêche la femme de prendre sa place « de fa­çon com­plète » est in­ac­cep­table, Louise Cor­deau n’a pas l’in­ten­tion de se pro­non­cer spé­ci­fi­que­ment sur le port du voile in­té­gral dans l’es­pace pu­blic.

« Louise Cor­deau a des points de vue. Mais dans le rôle du Con­seil du sta­tut de la femme, ce n’est pas un rôle in­di­vi­duel que j’ai, c’est un rôle col­lec­tif, ex­plique la nou­velle pré­si­dente. Au mo­ment où l’on se parle, je ne suis pas ou­tillée pour ré­pondre au nom du Con­seil. »

En poste de­puis fé­vrier, la pré­si­dente du Con­seil du sta­tut de la femme s’est mon­trée très pru­dente sur la ques­tion. « Il y a des en­jeux qui re­viennent ac­tuel­le­ment dans l’ac­tua­li­té et pour les­quels je n’ai pas ré­flé­chi parce que je n’ai pas été in­ter­pel­lée pour le faire », ré­sume-t-elle.

DOS­SIER CHAUD

Se dé­fi­nis­sant comme une « femme de mé­dia­tion », Louise Cor­deau af­firme vou­loir « en­tendre les points de vue des gens » et prendre connais­sance des ac­tions du Con­seil du sta­tut de la femme avant de se pro­non­cer.

« Il y a dif­fé­rents points de vue, même au sein du Con­seil. Alors moi, je fais très at­ten­tion », sou­tient-elle.

Elle se dit bien consciente que le su­jet fait dé­bat de­puis près d’une dé­cen­nie au Qué­bec, que l’As­sem­blée na­tio­nale étu­die l’épi­neux pro­jet de loi sur la neu­tra­li­té re­li­gieuse et que le maire de Qué­bec Ré­gis La­beaume a ré­cla­mé la fin des « ca­goules, bur­qa et ni­qab » dans l’es­pace pu­blic.

« Ça a beau faire 10 ans, Louise Cor­deau n’a ja­mais eu à tra­vailler sur ces ques­tions-là. Et le jour où je vais en par­ler, je vais en par­ler en te­nant compte du tra­vail du Con­seil, des réa­li­tés d’au­jourd’hui et des im­pacts. Je n’ai pas l’in­ten­tion d’ap­puyer ou de dé­mo­ni­ser des su­jets de fa­çon per­son­nelle. »

Re­lan­cé plus tard par cour­riel, le Con­seil a pré­ci­sé que sa der­nière prise de po­si­tion sur la ques­tion re­mon­tait à 2014, en ré­ponse au pro­jet de loi sur la charte des va­leurs. À ce mo­ment-là, l’or­ga­nisme s’était pro­non­cé pour une « in­ter­dic­tion ci­blée des signes re­li­gieux os­ten­ta­toires ». Mme Cor­deau n’a pas vou­lu com­men­ter da­van­tage.

PAS UN RÔLE DE RÉ­AC­TION

La pré­si­dente n’a d’ailleurs pas l’in­ten­tion de ré­agir sys­té­ma­ti­que­ment aux en­jeux qui marquent l’ac­tua­li­té.

« Pour moi, le rôle de la pré­si­dente du Con­seil du sta­tut de la femme, ce n’est pas un rôle de prise de pa­role sur l’en­semble des en­jeux au quo­ti­dien, a-t-elle dé­cla­ré. Je ne sou­haite pas ré­agir à cha­cune des dé­cla­ra­tions de chaque per­sonne qui aborde un su­jet. »

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