Les Qué­bé­cois ont per­du 340 000 an­nées de vie

Les ma­la­dies, meurtres et sui­cides en­lèvent des mil­liers d’an­nées po­ten­tielles

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - ÉRIC YVAN LE­MAY

Les meurtres, sui­cides, ac­ci­dents et ma­la­dies font perdre chaque an­née des mil­liers d’an­nées de vie aux Qué­bé­cois. Se­lon les plus ré­centes sta­tis­tiques de l’Ins­ti­tut na­tio­nal de san­té pu­blique du Qué­bec, ce sont pas moins de 340 000 an­nées po­ten­tielles de vie qui ont été per­dues en une seule an­née.

Le nombre d’an­nées po­ten­tielles de vie per­dues (APVP) est cal­cu­lé en fai­sant la dif­fé­rence entre le seuil de 75 ans et l’âge du dé­cès de chaque in­di­vi­du. Ain­si, une per­sonne qui meurt à 35 ans au­ra per­du 40 ans de vie po­ten­tielle.

Mais à quoi peut bien ser­vir ce genre de don­nées ? « Les dé­cès avant 75 ans sont consi­dé­rés comme des dé­cès pré­ma­tu­rés. L’avan­tage de cet in­di­ca­teur, c’est qu’il cu­mule l’en­semble des dé­cès », in­dique la dé­mo­graphe Ma­rie-Hé­lène Lus­sier. Se­lon elle, il per­met de connaître l’état de san­té plus gé­né­ral des Qué­bé­cois. Une stag­na­tion ou une hausse de ces chiffres vou­draient dire que l’état de san­té des Qué­bé­cois ou les risques de mou­rir vont en aug­men­tant.

EN BAISSE

Heu­reu­se­ment, de­puis le dé­but des an­nées 1980, on a plu­tôt as­sis­té à une baisse du nombre d’APVP. Sans sur­prise, ce sont les hommes qui ar­rivent en tête avec 203 044 an­nées per­dues en 2013, contre 136 630 pour les femmes. « La mor­ta­li­té to­tale chez les hommes est tou­jours plus éle­vée que chez les femmes, de­puis la nuit des temps. Que ce soit les taux de sui­cide, de mor­ta­li­té dans les ac­ci­dents de la route ou dans pra­ti­que­ment toutes les causes de dé­cès, les hommes ont un taux de dé­cès plus éle­vé », ex­plique la dé­mo­graphe.

Heu­reu­se­ment, le nombre d’an­nées po­ten­tielles de vie per­dues a bais­sé de plus de la moi­tié chez les hommes, pas­sant de 12 965 par 100 000 per­sonnes en 1981 à 5303 en 2013.

Chez les femmes, ce nombre est pas­sé de 6287 à 3606 du­rant la même pé­riode.

DE­VANT LES ÉTATS-UNIS

Com­pa­ra­ti­ve­ment aux autres pro­vinces ca­na­diennes, le Qué­bec ar­rive res­pec­ti­ve­ment deuxième et troi­sième chez les hommes et les femmes. Là où la dif­fé­rence est la plus fla­grante, c’est par rap­port aux États-Unis. Là-bas, le nombre d’an­nées po­ten­tielles de vie per­dues est une fois et de­mie plus im­por­tant qu’ici. « On se console en se com­pa­rant aux États-Unis », dit Ma­rie-Hé­lène Lus­sier. Elle ne sait tou­te­fois comment ex­pli­quer cet écart, hor­mis le fait que les Amé­ri­cains se classent ré­gu­liè­re­ment au bas du ta­bleau pour les in­di­ca­teurs de mor­ta­li­té par­mi les pays dé­ve­lop­pés.

PHO­TO D’AR­CHIVES

Les ac­ci­dents de la route aug­mentent le nombre d’an­nées de vie per­dues. Plus une per­sonne meurt à un jeune âge, plus l’im­pact se­ra im­por­tant sur le nombre d’an­nées de vie per­dues. Par exemple, un dé­cès à 35 ans re­pré­sente 40 an­nées de vie per­dues.

MA­RIE-HÉ­LÈNE LUS­SIER Dé­mo­graphe

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