Dé­jà une pé­nu­rie de l’an­ti­dote na­loxone dans les phar­ma­cies

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - SA­RAH DAOUST-BRAUN

Des phar­ma­ciens étaient in­ca­pables de se pro­cu­rer de la na­loxone hier, alors que l’ac­cès gra­tuit à cet an­ti­dote du fen­ta­nyl n’est pos­sible que de­puis ven­dre­di.

« Les phar­ma­ciens ont tel­le­ment com­man­dé que le pro­duit est à court chez le fa­bri­cant, ce qui est bon signe. Dès de­main [au­jourd’hui], tout ça de­vrait se pla­cer », a in­di­qué Fé­lice Saul­nier, phar­ma­cienne-pro­prié­taire d’un Phar­ma­prix du Pla­teau-Mont-Royal, à Mon­tréal.

« Un phar­ma­cien qui a sui­vi les for­ma­tions la se­maine der­nière et qui a vou­lu com­man­der lun­di n’était pas ca­pable », a-t-elle ajou­té.

La na­loxone, un an­ti­dote aux opioïdes comme le fen­ta­nyl, était en rup­ture de stock lun­di chez le gros­siste McKen­non, se­lon Mme Saul­nier. McKen­non n’a pas ré­pon­du à la de­mande d’en­tre­vue du 24h hier.

Le mé­di­ca­ment in­jec­table cou­vert par le pro­gramme de gra­tui­té du gou­ver­ne­ment est pro­duit par les com­pa­gnies Ome­ga et San­doz. Du cô­té d’Ome­ga, il ne s’est pas re­trou­vé en pé­nu­rie, mais l’en­tre­prise a été prise de court par la sou­daine de­mande.

Fé­lice Saul­nier, dont la phar­ma­cie par­ti­cipe à un pro­jet pi­lote de trousses de na­loxone de­puis 2015, a mis sur pied, la se­maine der­nière, deux we­bi­naires pour for­mer les phar­ma­ciens sur l’uti­li­sa­tion du mé­di­ca­ment, qu’ils de­vront re­mettre sans or­don­nance aux pa­tients qui en font la de­mande.

FA­CI­LI­TÉ D’AC­CÈS

À ce jour, 1500 phar­ma­ciens ont sui­vi la for­ma­tion, qui n’est pas obli­ga­toire, et d’autres we­bi­naires de­vraient être or­ga­ni­sés cette se­maine.

Le pro­gramme d’ac­cès gra­tuit à la na­loxone est un ou­til de pré­ven­tion face à la crise des opioïdes, qui pour­rait faire cette an­née 3000 morts au Ca­na­da. Toute per­sonne âgée de 14 ans et plus peut se pré­sen­ter à la phar­ma­cie avec sa carte d’as­su­rance-ma­la­die et ob­te­nir le mé­di­ca­ment en un maxi­mum de huit doses.

Un en­sei­gne­ment de 15 à 30 mi­nutes est alors don­né par le phar­ma­cien au pa­tient pour lui ex­pli­quer, entre autres, les signes d’une sur­dose et com­ment agir au­près d’une per­sonne en crise.

Mme Saul­nier a sa­lué l’ini­tia­tive de Qué­bec. « Ça di­mi­nue les risques et même c’est re­com­man­dé de­puis 2014 par l’OMS [Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la San­té] […]. Ça fait en sorte que les gens sont plus conscients des risques as­so­ciés aux opioïdes en ayant la na­loxone sur eux. »

FÉ­LICE SAUL­NIER Phar­ma­cienne

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