Ac­cu­sés d’avoir floué 700 re­trai­tés ca­li­for­niens

Trois Mon­tréa­lais ont été dé­non­cés par une voi­sine qui en­ten­dait leur ar­naque

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - ERIC THI­BAULT Au pro­cès, la pour­suite en­tend faire té­moi­gner plu­sieurs vic­times « âgées entre 75 et 86 ans » et ha­bi­tant en Ca­li­for­nie.

Dé­non­cés par une voi­sine qui les en­ten­dait ar­na­quer des aî­nés au té­lé­phone, trois pré­su­més es­crocs de Mon­tréal de­vront main­te­nant faire face à leurs vic­times de­vant la jus­tice amé­ri­caine.

Ain­si en a dé­ci­dé la Cour d’ap­pel du Qué­bec à l’en­droit de Jean-Sé­bas­tien Gau­dreault, 43 ans, de son frère Pas­cal, 46 ans et de Ga­briel Fre­nette, 27 ans, qui ont ain­si épui­sé leurs re­cours ju­di­ciaires vi­sant à évi­ter leur ex­tra­di­tion, la se­maine der­nière.

Dé­te­nus, les trois pré­su­més es­crocs se­ront es­cor­tés en Ca­li­for­nie afin de su­bir leur pro­cès pour une « fraude grands-pa­rents » to­ta­li­sant 600 000 $. Ils sont pas­sibles d’une peine mi­ni­male d’in­car­cé­ra­tion de cinq ans ad­ve­nant leur culpa­bi­li­té.

C’est d’ailleurs la pé­ni­tence im­po­sée en 2014 à leur an­cien pa­tron et ins­ti­ga­teur de ce ré­seau de frau­deurs, le Mon­tréa­lais Pas­cal Goyer, 34 ans.

Ce­lui-ci a tou­te­fois re­çu la sen­tence mi­ni­male après avoir ac­cep­té de té­moi­gner pour la pour­suite au pro­cès afin d’in­cri­mi­ner ses com­plices al­lé­gués.

Les quatre Qué­bé­cois au­raient bê­te­ment fait fi du vieil adage « les murs ont des oreilles » en ex­ploi­tant cette com­bine dans un ap­par­te­ment du Pla­teau-Mont-Royal, où l’in­so­no­ri­sa­tion lais­sait à dé­si­rer.

Entre les mois de juillet à no­vembre 2011, Goyer, Fre­nette et les frères Gau­dreault au­raient floué près de 700 re­trai­tés dans la val­lée de San Fer­nan­do, dont ils avaient ob­te­nu les nu­mé­ros de té­lé­phone en ache­tant des listes d’adresses à des en­tre­prises.

DE FAUX AVO­CATS

Ils pou­vaient ga­gner plus de 30 000 $ par se­maine, se­lon les do­cu­ments ju­di­ciaires mis en preuve.

En se fai­sant pas­ser pour des avo­cats ou des fonc­tion­naires, ils per­sua­daient pré­su­mé­ment ces vic­times vul­né­rables que leurs pe­tits-en­fants avaient un be­soin urgent d’ar­gent après avoir été im­pli­qués dans un ac­ci­dent de la route ou s’être fait ar­rê­ter par la po­lice.

Mais en oc­tobre de la même an­née, une voi­sine exas­pé­rée d’en­tendre le ma­nège des ac­cu­sés à tra­vers les murs de cet im­meuble de la rue Saint-Hu­bert a aler­té la po­lice.

Un en­quê­teur de la Gen­dar­me­rie royale du Ca­na­da (GRC) s’est pré­sen­té chez elle et a lui-même en­ten­du les sus­pects en train de flouer une per­sonne âgée de plu­sieurs mil­liers de dol­lars en in­ven­tant une his­toire d’ac­ci­dent.

Puis, il a co­gné à la porte de leur lo­ge­ment et Jean-Sé­bas­tien Gau­dreault lui au­rait ou­vert.

Ce der­nier ne s’at­ten­dait tel­le­ment pas à voir un po­li­cier qu’il avait « à la main une liste de noms de vic­times po­ten­tielles [et] des mon­tants ins­crits vis-à-vis cer­tains noms », a no­tam­ment re­la­té le juge Louis Ro­chette, de la Cour d’ap­pel.

D’après l’en­quête, qui a été bou­clée par le FBI avec l’aide de la GRC, les sus­pects uti­li­saient une fonc­tion per­met­tant de blo­quer l’iden­ti­fi­ca­tion de la source de l’ap­pel té­lé­pho­nique et de­man­daient aux vic­times de trans­fé­rer les fonds de fa­çon élec­tro­nique, via Wes­tern Union.

PHO­TOS D’ARCHIVES

Jean-Sé­bas­tien Gau­dreault Ac­cu­sé Pas­cal Gau­dreault Ac­cu­sé Ga­briel Fre­nette Ac­cu­sé Les trois sus­pects (en mor­taise) ef­fec­tuaient pré­su­mé­ment leurs ap­pels té­lé­pho­niques frau­du­leux dans un lo­ge­ment de cet im­meuble de la rue Saint-Hu­bert à Mon­tréal sans réa­li­ser que des voi­sins pou­vaient les en­tendre.

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