Les consé­quences de l’ex­plo­sion les font rire

Des em­ployés ont ima­gi­né la ca­tas­trophe en riant quelques mi­nutes avant le drame

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SHER­BROOKE | Quelques mi­nutes avant que le train de pé­trole ex­plose à LacMé­gan­tic, le con­trô­leur fer­ro­viaire et un ci­vil de la Sû­re­té du Qué­bec fai­saient des blagues sur la ca­tas­trophe qui se se­rait pro­duite si le feu de lo­co­mo­tive à Nantes s’était pro­pa­gé aux wa­gons-ci­ternes.

Le con­trô­leur fer­ro­viaire Ri­chard La­brie et un em­ployé ci­vil de la Sû­re­té du Qué­bec (SQ) Gilles Ber­trand étaient sou­la­gés que l’in­cen­die à Nantes du 5 juillet 2013 ait été li­mi­té à la lo­co­mo­tive.

« Ri­chard La­brie : J’aime mieux ça que si le feu avait pris un peu plus loin en ar­rière.

Gilles Ber­trand : On aime mieux ça nous autres aus­si parce que ça au­rait été une grosse nuit.

R. L. : Ben non, ça au­rait été une crisse de fin de se­maine. Il y a 10 000 tonnes de crude oil dans le cul de ça.

G. B. : Oui, met­tons qu’il y a quel­qu’un de notre bord.

R. L. : Met­tons que ça au­rait pris de l’eau en os­tie pour se dé­bar­ras­ser de ça... Ils n’au­raient pas vu les étoiles pour quelques jours à Mé­gan­tic. »

Quelques mi­nutes plus tard, le train a dé­va­lé la pente et ex­plo­sé en plein cen­tre­ville de Lac-Mé­gan­tic.

Le ju­ry a pu en­tendre hier plu­sieurs en­re­gis­tre­ments d’ap­pels entre le con­trô­leur fer­ro­viaire et le per­son­nel de la Mon­treal, Maine & Atlantic (MMA) au pro­cès des trois ex-em­ployés de la MMA qui se tient au pa­lais de jus­tice de Sher­brooke. Tom Har­ding, Ri­chard La­brie et Jean De­maître font face à 47 ac­cu­sa­tions de né­gli­gence cri­mi­nelle cau­sant la mort.

HAR­DING RISQUE SA VIE

Après l’ex­plo­sion du train à Lac-Mé­gan­tic, le conduc­teur Tom Har­ding a été éva­cué de sa chambre d’hô­tel et il a re­joint Jean-Noël Busque, contre­maître de l’en­tre­tien de la voie à la MMA. Il se trou­vait avec son pa­tron, Da­niel Au­bé, à 1 km du dé­raille­ment.

Quand les pom­piers ont de­man­dé à Da­niel Au­bé de dé­ta­cher la queue du train de pé­trole, ce der­nier a confié cette mis­sion pé­rilleuse à Tom Har­ding, qui a en­fi­lé l’ha­bit de pom­pier.

« Il était mieux for­mé pour ça », a ex­pli­qué M. Au­bé.

Une di­zaine de wa­gons-ci­ternes avaient été épar­gnés de l’ex­plo­sion et il fal­lait les éloi­gner du feu.

M. Busque se rap­pelle des com­men­taires des pom­piers, une fois l’opé­ra­tion réus­sie.

« Ils m’ont dit que Har­ding avait ris­qué sa vie », a-t-il men­tion­né.

PHOTO COL­LA­BO­RA­TION SPÉ­CIALE, CA­RO­LINE LE­PAGE

Le co­ac­cu­sé Tom Har­ding a ris­qué sa vie après l’ex­plo­sion du train. Vê­tu d’un simple ha­bit de pom­pier, il a dé­ga­gé une di­zaine de wa­gons de pé­trole qui n’avaient pas en­core ex­plo­sé.

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