Les vic­times de l’A13 au­ront droit à leur re­cours

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - PRIS­CA BE­NOIT

Des au­to­mo­bi­listes coin­cés dans la neige pen­dant des heures lors du ca­fouillage de l’au­to­route 13 en mars der­nier se ré­jouissent que le tri­bu­nal ait au­to­ri­sé leur de­mande d’action col­lec­tive.

« C’était vrai­ment hor­rible ce qu’on a vé­cu cette nuit-là. Je suis vrai­ment sou­la­gée de voir que ça avance », ra­conte An­gie Gut­man, une des 1650 per­sonnes concer­nées par le re­cours col­lec­tif.

En­ceinte à cette époque, Mme Gut­man avait été pié­gée pen­dant huit heures dans son vé­hi­cule avec son ma­ri et sa fille de deux ans. Comme plu­sieurs si­nis­trés, la pe­tite fa­mille n’avait ni eau ni nour­ri­ture et au­cune nou­velle des au­to­ri­tés lo­cales.

Le juge Do­nald Bis­son, de la Cour su­pé­rieure, a d’ailleurs es­ti­mé qu’il y avait as­sez d’ap­pa­rence de pré­ju­dice dans le ca­fouillage des 14 et 15 mars der­niers pour au­to­ri­ser le re­cours col­lec­tif.

Rap­pe­lons que deux ca­mions se sont en­li­sés sur l’au­to­route 13 Sud cette soi­rée-là, cau­sant un bou­chon monstre pour plus de 300 vé­hi­cules. Ce n’est que vers 4 h 30 le len­de­main ma­tin que les pre­miers ser­vices d’ur­gence ont com­men­cé à se­cou­rir les pri­son­niers de la tem­pête.

« Ce n’est pas comme s’il n’y al­lait pas avoir d’autres hi­vers, iro­nise An­gie Gut­man. Le gou­ver­ne­ment doit chan­ger sa fa­çon de faire. Je ne veux pas avoir peur de prendre l’au­to­route lorsque j’ai be­soin de me dé­pla­cer. »

LE NERF DE LA GUERRE

Les dom­mages mo­raux et pu­ni­tifs pour cette nuit d’en­fer sont éva­lués à 2500 $ par per­sonne, en plus des dom­mages ma­té­riels. L’avo­cat des de­man­deurs, Marc-An­toine Clou­tier, es­time que le mon­tant to­tal des in­dem­ni­tés pour­rait s’éle­ver entre 4 M$ et 6 M$.

« On sait que pour avoir la réaction du gou­ver­ne­ment, ça prend de l’ar­gent », croit pour sa part Mar­lene Ber­man, coin­cée pen­dant neuf heures dans son au­to.

Même s’il n’y a pas eu de bles­sés graves, les consé­quences phy­siques et psy­cho­lo­giques ont été nom­breuses pour les pri­son­niers de la tem­pête, se­lon elle.

« J’en ai vu faire des crises de pa­nique, un pauvre homme a dû dé­fé­quer dans sa boîte à lunch, dé­plore Mme Ber­man. C’est une at­teinte à la di­gni­té. »

Qué­bec et la Ville de Mon­tréal sont tous deux mis en cause dans cette af­faire.

« Rien ne les oblige à contes­ter les de­mandes, rap­pelle Me Clou­tier. Al­lé­guer le contraire, c’est nier leur res­pon­sa­bi­li­té. »

Il rap­pelle que le pre­mier mi­nistre Couillard avait lui-même consta­té qu’il y avait eu man­que­ment dans cette af­faire et s’était ex­cu­sé au nom du gou­ver­ne­ment.

MAR­LENE BER­MAN Vic­time

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