Em­preinte fa­tale 17 ans après un crime

Soup­çon­né de meurtre, il a de­man­dé un per­mis

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHAËL NGUYEN

Un Mon­tréa­lais ac­cu­sé d’avoir tué sa conjointe en 1995 au­rait été tra­hi par ses em­preintes di­gi­tales 17 ans plus tard, lors d’une de­mande de per­mis de conduire aux États-Unis.

« L’avis de re­cherche n’avait rien don­né jus­qu’à ce qu’il donne ses em­preintes, en 2013 », a ex­pli­qué le pro­cu­reur Jacques Da­ge­nais au ju­ry, à l’ou­ver­ture du pro­cès de Dieu­seul Jean.

Jean, 56 ans, est ac­cu­sé du meurtre au deuxième de­gré de sa conjointe Juth­lande Pierre, sur­ve­nu le jour de Noël 1995 à Rox­bo­ro dans l’ouest de l’île de Mon­tréal.

La veille, le couple s’était ren­du à une fête com­mu­nau­taire avec la fille de la vic­time, a re­la­té Me Da­ge­nais. Comme il n’y avait pas de jeux pour les en­fants, la fillette est al­lée dor­mir chez une amie de la vic­time.

Or, la mère n’est ja­mais al­lée cher­cher sa fille. Et le len­de­main du meurtre al­lé­gué, Jean se­rait al­lé dé­po­ser sa voi­ture chez une cou­sine.

« Il a dit qu’il irait la ré­cu­pé­rer le len­de­main, mais il n’est ja­mais re­ve­nu, a ex­pli­qué Jacques Da­ge­nais. Il n’est ja­mais re­tour­né à son tra­vail non plus. »

Quelques jours plus tard, Jean était au New Jer­sey, se­lon la théo­rie de la Cou­ronne.

POI­GNAR­DÉE

Sans nou­velles, ses proches ont contac­té les po­li­ciers qui ont trai­té l’af­faire comme une dis­pa­ri­tion jus­qu’au 15 jan­vier 1996, quand le pro­prié­taire de l’ap­par­te­ment du couple a dé­cou­vert du sang dans le sa­lon.

Les en­quê­teurs ont ra­pi­de­ment dé­cou­vert le ca­davre de la vic­time, en­rou­lé dans un ta­pis et dis­si­mu­lé au sous-sol.

« Le corps com­por­tait des plaies faites au cou­teau et des signes d’étran­gle­ment », a ex­pli­qué le pro­cu­reur.

Les po­li­ciers au­raient vite ap­pris que Jean était au New Jer­sey, sans pour au­tant le trouver jus­qu’à sa de­mande de per­mis de conduire.

Le pro­cès de­vrait du­rer plu­sieurs se­maines. Jean est dé­fen­du par Pa­trick Da­vis.

PHO­TOS D’ARCHIVES

Le corps de Juth­lande Pierre (en mor­taise) avait été dé­cou­vert plus de deux se­maines après le drame en 1995, dans le sous-sol de la ré­si­dence familiale.

DIEU­SEUL JEAN Ac­cu­sé

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