#Je­suisYves Mi­chaud

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - Jo­see.le­gault @que­be­cor­me­dia.com @jo­see­le­gault

Le 14 dé­cembre 2000, l’As­sem­blée na­tio­nale s’est désho­no­rée d’une ma­nière qu’on ose à peine ima­gi­ner au­jourd’hui. Dans le but éhon­té de dis­cré­di­ter per­son­nel­le­ment l’ex-jour­na­liste, ex-dé­pu­té et ex-di­plo­mate Yves Mi­chaud, les élus l’ont ac­ca­blé d’une mo­tion de blâme pour des pro­pos ju­gés à tort comme étant « in­ac­cep­tables », xé­no­phobes et an­ti­sé­mites.

Ils l’ont fait sans même sa­voir ce qu’Yves Mi­chaud avait vrai­ment dit. C’était en fait une opé­ra­tion rou­blarde de sa­lis­sage dont pro­fi­ta al­lè­gre­ment le pre­mier mi­nistre Lu­cien Bouchard pour bar­rer la route à M. Mi­chaud. Et ce, au mo­ment même où ce der­nier, op­po­sé à la mol­lesse de M. Bouchard sur le front lin­guis­tique, son­geait à se pré­sen­ter à l’in­ves­ti­ture du PQ dans le my­thique com­té de Mer­cier.

DÉ­MO­CRA­TIE EN BERNE

Quand des par­le­men­taires pèsent de tout leur poids po­li­tique contre un ci­toyen, la dé­mo­cra­tie est en berne. Le 14 dé­cembre 2000, l’As­sem­blée na­tio­nale s’est trans­for­mée en tri­bu­nal. L’His­toire le re­tien­dra.

De­puis, quelques di­zaines de dé­pu­tés ont pré­sen­té leurs ex­cuses, mais l’af­front de­meure en­tier. Au fil des ans, avec cou­rage et dé­ter­mi­na­tion, Yves Mi­chaud a mul­ti­plié les pro­cé­dures pour que ce tort gra­vis­sime soit cor­ri­gé une fois pour toutes.

Une pé­ti­tion exi­geant qu’on en­voie le « dos­sier » d’Yves Mi­chaud pour étude en com­mis­sion par­le­men­taire vient éga­le­ment d’être mise en ligne sur le site de l’As­sem­blée na­tio­nale.

VOUS N’ÊTES PAS SEUL

Or, main­te­nant âgé de 87 ans, M. Mi­chaud risque mal­heu­reu­se­ment de conti­nuer à être la vic­time sa­cri­fiée d’une joute par­ti­sane qui, de­puis 17 ans, fait fi de l’in­jus­tice fla­grante qu’on lui a fait su­bir sur la place pu­blique.

Cet au­tomne, Le De­voir rap­por­tait en ef­fet qu’au cours des der­nières an­nées, « les par­le­men­taires ont ac­cep­té d’étu­dier moins de 2 % des pé­ti­tions dé­po­sées par des ci­toyens ». Eh oui, moins de 2 %. Une vé­ri­table né­ga­tion de la pa­role ci­toyenne.

C’est pour­quoi Yves Mi­chaud doit ur­gem­ment sa­voir qu’il n’est pas seul. #Je­suisYves Mi­chaud, et vous ?

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