In­dul­gences

Le Journal de Montreal - - OPINIONS -

In­té­res­sant de com­pa­rer l’his­toire avec notre époque. Par exemple, les pa­ra­dis fis­caux. Ja­dis, il y avait les in­dul­gences que les riches ca­tho­liques pou­vaient s’of­frir afin de di­mi­nuer le temps de pur­ga­toire et al­ler plus ra­pi­de­ment au pa­ra­dis.

Au­jourd’hui, les riches se paient des fis­ca­listes et des firmes d’avo­cats afin de pro­fi­ter des pa­ra­dis fis­caux avec l’in­dul­gence des gou­ver­ne­ments. Le peuple doit se conten­ter de l’en­fer fis­cal ou, au mieux, du pur­ga­toire fis­cal.

Au cours du 16e siècle, la pra­tique des in­dul­gences était de plus en plus per­çue comme une forme de cor­rup­tion. Mar­tin Lu­ther par exemple, s’est éle­vé contre le mar­chan­dage des in­dul­gences et a ac­cu­sé l’Église de pro­fi­ter de la peur de l’En­fer : « Aus­si­tôt tin­te­ra l’ar­gent je­té dans la caisse, aus­si­tôt l’âme s’en­vo­le­ra (du pur­ga­toire). »

Au­jourd’hui, on pour­rait dire : Aus­si­tôt l’ar­gent se­ra don­né aux fis­ca­listes, aus­si­tôt l’im­pôt s’en­vo­le­ra dans les pa­ra­dis fis­caux.

Heu­reu­se­ment, en en­tre­vue dans Le Jour­nal de Mon­tréal, Ste­phen Ja­ris­lows­ky l’un des hommes les plus riches du Ca­na­da, ap­pelle les « su­per­riches » à plus de ri­gueur. Il af­firme éga­le­ment : « Mon ar­gent ne me sui­vra pas au pa­ra­dis. » Quel bel exemple pour ceux qui abusent des in­dul­gences fis­cales !

Gi­nette de Ca­ru­fel

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