« Le gou­ver­ne­ment Tru­deau erre com­plè­te­ment » quant à Net­flix, dit PKP

Les géants doivent ces­ser de bé­né­fi­cier d’avan­tages re­fu­sés aux firmes d’ici, croit-il Les Apple, Google et Net­flix de ce monde doivent ces­ser de bé­né­fi­cier d’avan­tages qu’Ot­ta­wa et Qué­bec re­fusent aux en­tre­prises d’ici, a mar­te­lé hier le pré­sident et che

Le Journal de Montreal - - ARGENT - PHI­LIPPE ORFALI

De­vant plu­sieurs cen­taines de per­sonnes ras­sem­blées par la Chambre de com­merce du Mon­tréal mé­tro­po­li­tain (CCMM), le grand pa­tron de Qué­be­cor s’en est pris aux « sys­tèmes ré­gle­men­taires ar­chaïques », qui font en sorte que des en­tre­prises mé­dia­tiques étran­gères pré­sentes au pays n’ont pas à in­ves­tir dans les pro­duc­tions cultu­relles d’ici, ni à exi­ger de taxes de leur clien­tèle.

EN­TENTE DÉ­NON­CÉE

Il joint ain­si sa voix à de nom­breux ar­ti­sans du monde de la té­lé­vi­sion qui sou­haitent que le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral re­vienne en ar­rière et ac­cepte de taxer des pro­duits comme Net­flix. « Le gou­ver­ne­ment Tru­deau erre com­plè­te­ment en pri­vi­lé­giant les groupes étran­gers alors qu’on de­vrait, nous, avoir les moyens d’al­ler à l’étran­ger », a dit M. Pé­la­deau. « On ne de­vrait pas pro­po­ser des pri­vi­lèges au ni­veau de la taxa­tion à des groupes étran­gers. »

Il fai­sait ain­si ré­fé­rence à l’en­tente conclue ré­cem­ment entre le gou­ver­ne­ment Tru­deau et la mul­ti­na­tio­nale Net­flix. Cet ac­cord pré­voit que le pro­duc­teur et dif­fu­seur de conte­nu té­lé­vi­sé en ligne in­ves­tisse 500 M$ d’ici cinq ans dans la pro­duc­tion de conte­nu ca­na­dien. En échange, l’en­tre­prise n’au­ra pas à exi­ger le paie­ment de la taxe sur les pro­duits et ser­vices (TPS) à ses abon­nés.

Qué­be­cor es­time que l’en­ga­ge­ment de 100 mil­lions $ pen­dant cinq ans cor­res­pond à seule­ment 1 % du bud­get glo­bal de Net­flix.

QUÉ­BEC, UNE PRE­MIÈRE ÉTAPE

En réaction à la dé­ci­sion d’Ot­ta­wa, le gou­ver­ne­ment Couillard a an­non­cé son in­ten­tion la se­maine der­nière d’im­po­ser la taxe de vente du Qué­bec (TVQ) aux en­tre­prises comme Net­flix.

Ce­la consti­tue un pre­mier élé­ment pour pro­té­ger et faire rayon­ner la culture qué­bé­coise, mais da­van­tage doit être fait, a ajou­té M. Pé­la­deau.

Il a du même coup in­vi­té Ot­ta­wa à ac­cep­ter cette « main ten­due » par la pro­vince.

Tou­te­fois, l’homme d’affaires a dé­plo­ré l’ab­sence de « me­sures tan­gibles » pour que les en­tre­prises étran­gères soient as­su­jet­ties aux mêmes règles que les so­cié­tés ca­na­diennes. À titre de té­lé­dif­fu­seur et de câ­blo­dis­tri­bu­teur, Qué­be­cor fait face à des obli­ga­tions ré­gle­men­taires que n’ont pas à res­pec­ter Net­flix ou ses concur­rents en ligne.

« Ce n’est pas d’in­ten­tions dont on a be­soin ici au Qué­bec. […] Ça prend de vrais ou­tils.

« L’équi­té fis­cale est la condi­tion la plus élé­men­taire qu’on de­vrait nous don­ner », a ajou­té M. Pé­la­deau.

« ON NE COM­PREND PAS QU’IL Y AIT UN RÉ­GIME D’EX­CEP­TION [POUR NET­FLIX]. IL NE DE­VRAIT PAS Y EN AVOIR. » – Pierre Karl Pé­la­deau, pré­sident et chef de la di­rec­tion de Qué­be­cor

PHOTO AGENCE QMI, TO­MA ICZKOVITS

Le pré­sident et chef de la di­rec­tion de Qué­be­cor, Pierre Karl Pé­la­deau, a pris la pa­role hier à Mon­tréal, dé­non­çant les Net­flix de ce monde.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.