La perte d’un géant

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - RÉ­MI NA­DEAU Chef du Bu­reau par­le­men­taire à Qué­bec

Le ha­sard a vou­lu qu’un des grands dé­fen­seurs de la cause de l’in­dé­pen­dance, Ber­nard Lan­dry, nous quitte le jour où un can­di­dat ve­dette dé­fait de la der­nière élec­tion pro­po­sait de re­fon­der le Par­ti qué­bé­cois et même de chan­ger le nom du par­ti.

Jean-Mar­tin Aus­sant, qu’on a qua­li­fié de « fils spi­ri­tuel de Jacques Pa­ri­zeau », a je­té un pa­vé dans la mare, en vue de la confé­rence des pré­si­dents du PQ, qui se tien­dra sa­me­di prochain à Mont­réal. Les pé­quistes doivent y faire le post mor­tem de la cui­sante dé­faite du 1er oc­tobre.

Si c’est vrai qu’ils au­ront tout un exa­men de conscience à me­ner et qu’ils de­vront faire preuve d’au­dace dans la re­cons­truc­tion, faut-il pour au­tant je­ter l’ap­pel­la­tion aux vi­danges ?

Se­lon Aus­sant, elle est as­so­ciée au ra­cisme dans une cer­taine frange de la po­pu­la­tion de­puis l’épi­sode de la charte des va­leurs. Mais le PQ est aus­si le sym­bole d’un riche hé­ri­tage, lé­gué par les Lé­vesque, Pa­ri­zeau, Lan­dry, no­tam­ment.

Il ne s’agit pas d’une marque de sa­von. Il se­rait sur­pre­nant que Pas­cal Bé­ru­bé, Syl­vain Gau­dreault, Vé­ro­nique Hi­von et les autres ac­ceptent de confi­ner l’ap­pel­la­tion du par­ti aux livres d’his­toire.

GE­NE­VIÈVE GUILBAULT, CAQ

Si quelques-uns de ses col­lègues ont ex­po­sé leurs fai­blesses en com­mu­ni­ca­tion et le peu de maî­trise de leurs dos­siers de­puis la for­ma­tion du ca­bi­net Le­gault, la ti­tu­laire de la Sé­cu­ri­té pu­blique a dé­mon­tré jus­qu’ici qu’elle se­ra une porte-pa­role fiable. À titre de vice-pre­mière mi­nistre, elle pour­rait être ap­pe­lée fré­quem­ment à s’ex­pri­mer au nom du gou­ver­ne­ment. Lors­qu’elle a com­men­té le rap­port fi­nal d’en­quête sur le Ser­vice de po­lice de la Ville de Mont­réal cette semaine, elle l’a fait avec ef­fi­ca­ci­té, contrôle et clar­té.

ÉRIC GI­RARD, CAQ

Dans une dé­ci­sion ren­due ven­dre­di, la Cour su­prême a au­to­ri­sé le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral à créer son ré­gime de sur­veillance des mar­chés fi­nan­ciers, mal­gré l’op­po­si­tion du Qué­bec, de l’Al­ber­ta et du Ma­ni­to­ba. Au Qué­bec, la ba­taille est me­née de­puis que l’ex-pre­mier mi­nistre Ste­phen Har­per a an­non­cé son in­ten­tion de créer une com­mis­sion des va­leurs mo­bi­lières unique au pays. Le mi­nistre des Fi­nances a bien ré­agi dans les cir­cons­tances en ré­ité­rant le re­fus du Qué­bec d’y par­ti­ci­per et en dé­non­çant l’em­pié­te­ment sur ses com­pé­tences.

PIERRE FITZGIBBON, CAQ

L’État qué­bé­cois a pom­pé 1,3 mil­liard $ pour sau­ver Bom­bar­dier. Le C Se­ries a été cé­dé pour 0 $ à Air­bus. Ses cinq di­ri­geants se sont ac­cor­dé en­suite de gé­né­reuses hausses de sa­laire et se sont par­ta­gé 40 mil­lions $ en ré­mu­né­ra­tion pour 2017. Puis, le fleu­ron a an­non­cé la sup­pres­sion de 2500 em­plois au Qué­bec. Pour­tant, le nou­veau mi­nistre Pierre Fitzgibbon n’avait pas un mi­ni­mum d’in­di­gna­tion à ex­pri­mer jeu­di. « Je ne veux pas faire le pro­cès de Bom­bar­dier […] mon tra­vail ce n’est pas de ques­tion­ner la stra­té­gie de Bom­bar­dier ». Ah bon…

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