Lexus re­dore son image

Toutes les marques de luxe ont be­soin d’un porte-éten­dard, d’un mo­dèle de pres­tige qui trône au som­met de la gamme.

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC MER­CIER

Même s’ils se vendent à très peu d’exem­plaires, ces mo­dèles sont sou­vent ceux qui font l’image et la ré­pu­ta­tion d’un construc­teur. Et chez Lexus, la LC 500 est celle qui rem­pli­ra dé­sor­mais ce man­dat.

Faut dire que de­puis la fin de la pro­duc­tion de la très ex­clu­sive LFA, Lexus n’of­frait rien de bien spec­ta­cu­laire à se mettre sous la dent. Oui, il y a bien eu les puis­santes RC F et GS F, mais avec la LC 500, on est ailleurs.

Ce nou­veau cou­pé de grand tou­risme se veut la nou­velle ex­pres­sion de la per­fec­tion se­lon Lexus. L’ob­jec­tif: pro­po­ser un vé­hi­cule à la fois spor­tif et luxueux qui se dé­brouille aus­si bien sur la route que sur la piste.

DE­SI­GN AU­DA­CIEUX OU SUI­CI­DAIRE?

On ne pour­ra cer­tai­ne­ment pas re­pro­cher aux de­si­gners de Lexus de man­quer d’au­dace. La nou­velle LC (pour Luxu­ry Cou­pé) adopte une ligne et des angles tout sim­ple­ment spec­ta­cu­laires. Cer­tains ai­me­ront, d’autres dé­tes­te­ront.

Si le but était de cho­quer, c’est réus­si. Qu’il s’agisse de la gi­gan­tesque ca­landre en sa­blier, des phares en forme de cro­chet ou des feux qui s’étirent dans tous les sens à l’ar­rière, tout est consi­dé­ra­ble­ment ex­cen­trique.

C’est ra­fraî­chis­sant au pre­mier coup d’oeil, mais il est per­mis de se de­man­der com­ment un tel de­si­gn vieilli­ra. Per­son­nel­le­ment, je suis da­van­tage at­ti­ré vers les lignes plus clas­siques et in­tem­po­relles de la BMW Sé­rie 6 ou de la Mer­cedes-Benz Classe S. Ques­tion de goût, j’ima­gine.

À l’in­té­rieur, le luxe semble prendre le des­sus sur la per­for­mance. Seuls les sièges bien fermes nous rap­pellent qu’on se trouve dans une voi­ture aus­si construite pour la piste.

Comme dans tous les pro­duits Lexus, la fi­ni­tion et la qua­li­té des ma­té­riaux sont sans faille. Un gi­gan­tesque écran de 12,3 pouces trône au centre de la console et af­fiche une pa­no­plie d’in­for­ma­tions avec une qua­li­té d’image tout sim­ple­ment im­pec­cable.

DEUX VOI­TURES, DEUX PER­SON­NA­LI­TÉS

À son ar­ri­vée sur le mar­ché au prin­temps, la Lexus LC se­ra pro­po­sée en deux dé­cli­nai­sons très dis­tinctes.

La pre­mière se­ra ani­mée par un bon vieux V8 at­mo­sphé­rique de 5 litres (LC 500) alors que l’autre fe­ra ap­pel à un sys­tème hy­bride (LC 500h).

La LC 500, la plus spor­tive des deux, pro­po­se­ra une ca­va­le­rie de 471 che­vaux et un couple de 398 livres-pieds. Pour gé­rer tout ça, une nou­velle trans­mis­sion

au­to­ma­tique à 10 rap­ports est pro­po­sée. Oui, 10 rap­ports.

La LC 500h, pour sa part, se­ra pro­pul­sée par un mo­teur V6 de 3,5 litres ju­me­lé à une bat­te­rie li­thium-ion de 44,6 kW. Puis­sance to­tale: 354 che­vaux et 256 livres-pieds.

Quelle que soit la ver­sion, la Lexus LC n’est of­ferte qu’avec un rouage à roues mo­trices ar­rière. Pas de trac­tion in­té­grale au me­nu.

Lors du lan­ce­ment du vé­hi­cule, j’ai eu l’oc­ca­sion de mettre les deux mo­dèles à l’épreuve, tant sur la route que sur une piste de course.

Pre­mier constat: on a af­faire à un vé­hi­cule plu­tôt lourd. Très lourd. Même avec un toit en fibre de car­bone (op­tion­nel) et une uti­li­sa­tion ac­crue de l’alu­mi­nium, la Lexus LC pèse plus de deux tonnes.

On est donc loin d’une pe­tite voi­ture ner­veuse sur la piste. Avec le gros V8, passe en­core. Les 471 che­vaux réus­sissent à nous faire ou­blier le sur­poids, et la dis­tri­bu­tion qua­si­ment par­faite de la masse du vé­hi­cule entre l’avant et l’ar­rière (51/49) per­mettent une sta­bi­li­té ap­pré­ciable.

Le mo­dèle hy­bride, tou­te­fois, semble trop sou­vent à bout de souffle sur la piste. Lors des re­prises, les ac­cé­lé­ra­tions se font at­tendre et laissent le pi­lote sur son ap­pé­tit. Et quand la voi­ture est fi­na­le­ment lan­cée, la trans­mis­sion à 10 rap­ports semble tou­jours en train de s’im­po­ser…

C’est dom­mage, car d’autres construc­teurs ont réus­si à nous prou­ver que la tech­no­lo­gie hy­bride peut faire des mer­veilles sur une piste de course. On pense à Acu­ra, avec la NSX. Ou même à Porsche, avec la 918 Spy­der.

Sur la route, il n’en de­meure pas moins que la LC, quelle que soit la ver­sion, se com­porte à mer­veille. Elle est confor­table, bien in­so­no­ri­sée et am­ple­ment vi­gou­reuse.

ÇA RISQUE DE COÛ­TER CHER

Lexus a la mau­vaise ha­bi­tude de convier les jour­na­listes au­to­mo­biles à un lan­ce­ment sans avoir toutes les in­for­ma­tions à trans­mettre. En­core une fois, les res­pon­sables de la marque ont été in­ca­pables de nous an­non­cer le prix de vente de la LC.

On peut tou­te­fois s’at­tendre à un mon­tant qui dé­pas­se­ra les 100000$. La ver­sion à huit cy­lindres fe­ra of­fice de mo­dèle d’«en­trée de gamme» alors que le prix de l’hy­bride de­vrait être en­core plus éle­vé.

À mots cou­verts, Lexus a d’ailleurs confir­mé que la LC 500h ne se­ra ven­due que sur com­mande au Ca­na­da.

On es­père vendre 120 uni­tés de ce mo­dèle l’an­née pro­chaine, et c’est la ver­sion à mo­teur V8 qui de­vrait être la plus po­pu­laire.

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