Fia­bi­li­té et puis­sance au ren­dez-vous

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC MERCIER

Les VUS com­pacts, aus­si pra­tiques soient-ils, m’ont tou­jours lais­sé de glace. Trop lourds et trop hauts sur pattes, ils offrent un com­por­te­ment rou­tier sou­vent dé­me­su­ré­ment asep­ti­sé.

Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Tou­te­fois, après deux se­maines pas­sées au vo­lant du Lexus NX dans les pires conditions rou­tières que le Qué­bec a à nous of­frir, je dois avouer que je com­mence à com­prendre les au­to­mo­bi­listes qui se laissent sé­duire par ces pe­tits camions.

Et vi­si­ble­ment, je ne suis pas le seul. Les VUS com­pacts de luxe comme le NX gagnent en po­pu­la­ri­té en Amé­rique du Nord, et la tendance ne semble pas sur le point de s’ef­fri­ter.

LA GUERRE AUX ALLEMANDS

Bien avant le NX, il y avait des mo­dèles dé­jà bien éta­blis dans cette ca­té­go­rie. Des mo­dèles prin­ci­pa­le­ment allemands comme l’Au­di Q5 et le Mer­cedes-Benz GLK, de­ve­nu GLC. Flai­rant la bonne af­faire, Lexus s’est fi­na­le­ment dé­ci­dée à y faire son en­trée il y a dé­jà deux ans.

Ain­si nais­sait le NX, un VUS qui peut dif­fi­ci­le­ment pas­ser in­aper­çu. Faut dire qu’avec une telle ca­landre, Lexus a tra­vaillé fort pour que ses pro­duits fassent tour­ner les têtes. Peut-être un peu trop fort, di­ront cer­tains.

Mais au-de­là de ses al­lures de carte de mode, le NX s’est avé­ré un vé­hi­cule fran­che­ment pra­tique du­rant ma pé­riode d’es­sai. Avec 500 litres d’es­pace de char­ge­ment dans le coffre (plus de 1500 litres une fois les sièges ar­rière ra­bat­tus), l’es­pace ne manque pas pour un VUS de cette taille.

Et sur la route, le sys­tème à quatre roues mo­trices m’a sin­cè­re­ment im­pres­sion­né. À ce cha­pitre, Lexus est loin d’avoir la re­nom­mée d’Au­di ou de Su­ba­ru, mais le NX n’a pas grand-chose à en­vier à ses com­pé­ti­teurs.

Et en plus de tout ça, le VUS nip­pon jouit de la ré­pu­ta­tion de fia­bi­li­té in­des­truc­tible de son construc­teur. Et ça, c’est un as­pect qui joue in­dé­nia­ble­ment en sa fa­veur. Parce que chez les fa­bri­cants allemands, di­sons que les bris sont sta­tis­ti­que­ment pas mal plus fré­quents.

UN HABITACLE DÉMODÉ

À l’in­té­rieur, les choses se gâtent un peu. Même si le mo­dèle n’a que deux ans, son habitacle semble dé­jà com­plè­te­ment démodé. En fait, même lors de son lan­ce­ment, je me sou­viens avoir cri­ti­qué l’er­go­no­mie gé­né­rale de ce vé­hi­cule. On cherche constam­ment les bou­tons par­mi une console beau­coup trop char­gée.

Et quand vient le temps d’uti­li­ser le sys­tème d’in­fo­di­ver­tis­se­ment, c’est en­core pire. Contre-in­tui­tif de Aà Z, l’or­di­na­teur de bord du NX est le par­fait exemple de tout ce qu’un uti­li­sa­teur veut évi­ter. Même les tâches les plus sim­plistes, comme l’ajout d’une des­ti­na­tion au GPS, de­viennent un vé­ri­table far­deau. Vrai­ment, il faut que ce soit re­vu.

Outre cette er­go­no­mie dé­fi­ciente, l’habitacle est com­po­sé de ma­té­riaux d’une qua­li­té exem­plaire. Ça, on ne peut pas l’en­le­ver au NX. Même chose

pour le confort des sièges, à l’avant comme à l’ar­rière.

Reste que la com­plexi­té de l’habitacle vient mi­ner l’ex­pé­rience à bord, sur­tout pour le conduc­teur. On s’ha­bi­tue, c’est cer­tain, mais opé­rer les com­mandes d’un vé­hi­cule ne de­vrait pas être aus­si sor­cier. Sur­tout dans un VUS de plus de 50 000 $...

Deux mo­teurs, Deux per­son­na­li­tés

Sous le ca­pot, le Lexus NX que j’ai mis à l’es­sai, le 200t, était équi­pé d’un mo­teur tur­bo à quatre cy­lindres de 2,0litres dé­ve­lop­pant 235 che­vaux et 258 livres-pied de couple. Il s’agit d’ailleurs du tout pre­mier mo­dèle de l’his­toire de Lexus à uti­li­ser une mé­ca­nique tur­bo­com­pres­sée.

Le ré­sul­tat est as­sez concluant mer­ci. Le mo­teur ne manque ja­mais de souffle et pro­pose des ac­cé­lé­ra­tions qui n’ont rien à voir avec ce qu’on s’ima­gine d’un VUS. La ca­pa­ci­té de re­mor­quage de 2000livres ne ré­vo­lu­tionne rien, mais on de­meure dans les normes de la ca­té­go­rie.

Comme pour beau­coup de ses mo­dèles, Lexus offre aus­si son NX en ver­sion hy­bride, le 300h, où le mo­teur de 2,5litres pro­pose une écu­rie de 194 che­vaux.

Pour l’avoir dé­jà es­sayée, je peux vous confir­mer que l’agré­ment de conduite de cette ver­sion est pas mal moins pré­sent. Au moins, le 300h se rat­trape avec une consommation d’es­sence an­non­cée de 7,1 L/100 km en ville et de 7,7 L/100 km sur route.

Avec le mo­teur tur­bo, ma moyenne de consommation a frô­lé le 11 L/100 km avec un bon mé­lange d’au­to­route et de conduite ur­baine. C’est or­di­naire.

Peu im­porte sa ver­sion, le Lexus NX se dé­marque par un style bien à lui. Mais ne vous mé­pre­nez pas, ce VUS a beau­coup plus à of­frir qu’un de­si­gn aty­pique. C’est un vé­hi­cule au com­por­te­ment rou­tier exem­plaire et la ré­pu­ta­tion de fia­bi­li­té de son fa­bri­cant est so­lide comme le roc.

Si Lexus re­tra­vaillait l’in­té­rieur, on pour­rait réel­le­ment par­ler d’un cham­pion dans sa ca­té­go­rie. En at­ten­dant, Au­di conti­nue de vendre des Q5 comme des pe­tits pains chauds…

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