La spor­tive fi­dèle à ses ra­cines

Avec plus de 50 ans d’his­toire der­rière la cra­vate, la Ford Mus­tang est une icône de l’au­to­mo­bile. Au­cun dé­bat là­des­sus.

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - Fré­dé­ric Mer­cier

À son lan­ce­ment en 1964, c’était une ré­vé­la­tion. Une voi­ture à la fois jo­lie, puis­sante et abor­dable. Que de­man­der de plus? Le suc­cès fut ins­tan­ta­né et le reste de l’his­toire parle de lui-même. Cinq dé­cen­nies plus tard, la Mus­tang est en­core en selle. Et elle de­meure émi­nem­ment po­pu­laire.

L’an der­nier, 7655 Mus­tang ont trou­vé pre­neurs au Ca­na­da, fai­sant de ce mo­dèle la voi­ture sport la plus po­pu­laire au pays, tous bud­gets confon­dus. Dé­sor­mais ven­due dans plus de 140 mar­chés à tra­vers le monde, la Mus­tang a d’ailleurs été la voi­ture sport la plus ven­due de la pla­nète l’an der­nier.

Bref, les af­faires vont bien pour la Mus­tang.

Nos­tal­gie, Quand tu Nous Tiens

Ayant gran­di dans les an­nées 90, je n’ai ja­mais vé­cu les an­nées glo­rieuses de la Mus­tang. Pour moi, ç’a tou­jours été un vé­hi­cule certes puis­sant, mais trop gros et trop lourd pour rien. Je pré­fé­rais de loin les belles Al­le­mandes et leur look moins «m’as-tu-vu».

En 2005, les choses ont chan­gé. Ford lan­çait la cin­quième gé­né­ra­tion de la Mus­tang, et son de­si­gn for­te­ment ins­pi­ré de la ver­sion ori­gi­nale re­pré­sen­tait un vé­ri­table re­tour dans le temps pour le mo­dèle. Après des an­nées à se cher­cher, la Mus­tang re­trou­vait en­fin son che­min.

Sauf qu’en pro­po­sant un de­si­gn cal­qué sur ce­lui de la Mus­tang des an­nées 60, Ford a sé­duit les gens qui ont l’âge d’avoir connu cette glo­rieuse époque. Au lieu du re­nou­veau, on a mi­sé sur la nos­tal­gie. Et force est d’ad­mettre que ç’a fonc­tion­né.

Mais pour les jeunes de ma gé­né­ra­tion, la Mus­tang est de­meu­rée un mo­dèle plu­tôt ano­din, une es­pèce de ves­tige du pas­sé que nos pères semblent bien ai­mer. Puis, pe­tit à pe­tit, elle a ac­quis cette ré­pu­ta­tion de «char de Ba­by Boo­mer».

Un V8, Mais pour­quoi?

Nous voi­là main­te­nant en 2017. La Mus­tang joue tou­jours sur l’as­pect nos­tal­gique pour se faire va­loir, mais on sent qu’il y a une vo­lon­té de se dé­faire des vieux sté­réo­types chez Ford. Et pas juste dans le de­si­gn.

De­puis 2015, la Mus­tang est équi­pée d’une sus­pen­sion in­dé­pen­dante à l’ar­rière, et ce­la en fait un vé­hi­cule pas mal plus com­pé­tent, au­tant sur la route que sur la piste. Les mau­vaises langues di­ront qu’il était temps, mais mieux vaut tard que ja­mais, non?

Dès l’an pro­chain, elle aban­don­ne­ra aus­si son mo­teur V6 au pro­fit d’un bloc tur­bo­com­pres­sé à quatre cy­lindres à la fois plus puis­sant et plus éco­nome. Et il y a même des ru­meurs de ver­sion hy­bride dans l’air! Dé­fi­ni­ti­ve­ment, on s’en va quelque part.

Mais comme la Mus­tang est un mo­dèle au riche hé­ri­tage, Ford fait bien at­ten­tion de ne pas frois­ser les pu­ristes. Et c’est pour cette rai­son qu’on re­trouve en­core un V8 de 5,0 litres sous le ca­pot de la ver­sion GT.

Avec une puis­sance de 435 che­vaux et un couple de 400 livres-pied, la Mus­tang GT est une vé­ri­table bombe. Mais quand on re­garde ce qui se passe ailleurs chez Ford, force est d’ad­mettre que le V8 n’est là que pour plaire aux vieux nos­tal­giques.

La Ford GT et le F-150 Rap­tor sont deux autres mo­dèles qu’on a his­to­ri­que­ment

as­so­ciés à des mo­teurs à huit cy­lindres. Et pour­tant, leurs nou­velles gé­né­ra­tions res­pec­tives sont dé­sor­mais ani­mées par des mo­teurs V6 bi­tur­bo. Et pa­role de Ford, ces deux mo­dèles sont plus per­for­mants avec ces nou­veaux V6 que s’ils étaient équi­pés d’un V8 at­mo­sphé­rique.

Alors, pour­quoi ne pas ap­pli­quer la même re­cette à la Mus­tang? La tradition, tout sim­ple­ment.

conduire une lé­gende, ça se paye

Le jour vien­dra où la Mus­tang aban­don­ne­ra son mo­teur V8. Ce n’est pas de­main la veille, mais ça ar­ri­ve­ra. Et ce jour-là, c’est une par­tie de l’his­toire au­to­mo­bile qui s’étein­dra. Il y a une puis­sance brute dans les mo­teurs V8 que les tur­bo­com­pres­seurs ne pour­ront ja­mais éga­ler. Faut le vivre pour le com­prendre.

À bord de la Mus­tang GT, on re­vit l’ère des Muscle Cars, une époque où la qua­li­té des vé­hi­cules se me­su­rait à sa puis­sance. Ou­bliez la pré­ci­sion de la di­rec­tion, la dis­tance de frei­nage ou la qua­li­té des ma­té­riaux. Un gros V8, c’était ça le bon­heur!

Heu­reu­se­ment, la Mus­tang mo­derne a beau­coup plus à of­frir. Sous ses airs de gros Muscle Car, on dé­couvre un vé­hi­cule éton­nam­ment agile. Plu­tôt sur­pre­nant, pour un mo­dèle dont les di­men­sions ne cessent de gon­fler…

Reste qu’avec un poids dé­pas­sant les 2000 ki­los, la Mus­tang GT n’a rien d’un go-kart. C’est un vé­hi­cule agréable à conduire sur l’au­to­route, mais sur une route si­nueuse, ce ne se­rait pas mon pre­mier choix. Ce ne se­rait même pas dans mon Top 10, en fait.

Sur­tout qu’avec une consom­ma­tion d’es­sence ob­ser­vée de 16,4 L/100 km, ça fi­nit par faire mal au por­te­feuille…

Dis­po­nible à par­tir de 26 398$, la Mus­tang de­meure un vé­hi­cule sport pas­sa­ble­ment abor­dable. Moins chère qu’une Su­ba­ru WRX ou qu’une Volks­wa­gen Golf GTI, par exemple. Pour avoir droit au fa­meux V8, par contre, la fac­ture monte ra­pi­de­ment. À 37 248$, ça com­mence à être plus cher.

Mais pour conduire une lé­gende sur quatre roues, faut croire que cer­tains sont prêts à payer le prix.

Ford Mus­tang GT 2017

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