Abor­dable et pas seule­ment pour la ville

Une voi­ture neuve au prix d’une usa­gée ? L’offre peut être ten­tante…

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - Fré­dé­ric Mer­cier

Quand on achète la voi­ture la moins chère au Ca­na­da, il ne faut pas s’at­tendre à du grand luxe. À un prix de base in­fé­rieur à 10 000 dol­lars, la Nis­san Mi­cra a tout de même beau­coup à of­frir.

Bon, dans sa ver­sion de base, la Mi­cra semble ar­ri­ver d’une autre époque. De son ha­bi­tacle rem­pli de plas­tiques durs aux pe­tites ma­ni­velles qui servent à bais­ser les fe­nêtres, la Mi­cra fait classe à part dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile. Mais avouez qu’à 9988 dol­lars, on peut lui par­don­ner bien des choses.

Oui, vous avez bien lu. Une voi­ture neuve avec un PDSF de 9988 dol­lars. Sur le mar­ché, seule la Chevrolet Spark pro­pose un prix si­mi­laire, du haut de ses 9995 dol­lars. Évi­dem­ment, la fac­ture to­tale ne s’ar­rête pas là. Ajou­tez à ça les taxes et les frais de trans­port et de pré­pa­ra­tion, et vous dé­pas­sez lar­ge­ment les 10 000 dol­lars.

Reste que pour le prix d’une voi­ture usa­gée, vous vous re­trou­vez avec une ba­gnole flam­bant neuve, sé­cu­ri­té d’es­prit et ga­ran­tie de base de trois ans in­cluses.

DANS LES PE­TITS POTS…

J’ai conduit la Mi­cra à quelques re­prises de­puis son lan­ce­ment, mais ma der­nière ex­pé­rience à son vo­lant s’est avé­rée la plus ré­vé­la­trice.

C’était à New York, dans Man­hat­tan et dans Brook­lyn. Le genre de quar­tiers où on es­saie gé­né­ra­le­ment de se dé­pla­cer avec n’im­porte quoi, sauf une voi­ture. En pleine heure de pointe (c’est l’heure de pointe 16 heures par jour, là-bas…), je suis al­lé me plan­ter dans le tra­fic avec la Mi­cra.

Et c’est là que j’ai pu ap­pré­cier tout le gé­nie der­rière cette pe­tite voi­ture. Dans mon go-kart à 10 000 $, je me fau­fi­lais dans le tra­fic alors que les grands cham­pions dans leurs VUS fai­saient tran­quille­ment la file, pris dans un vé­hi­cule beau­coup trop gros pour l’en­vi­ron­ne­ment qui les en­toure. Les dé­pla­ce­ments en ville sont de­meu­rés pé­nibles, mais en Mi­cra, c’était dé­jà pas mal moins pire.

Le même constat pour­rait être ap­pli­qué à Mon­tréal. Ha­bi­tant moi-même en ville dans un ap­par­te­ment sans es­pace de sta­tion­ne­ment, je vous confirme que les se­maines où je mets un Ford F-150 à l’es­sai sont pé­nibles. En Mi­cra, les es­paces de sta­tion­ne­ment sont plus fa­ciles à trou­ver.

PAS JUSTE POUR LA VILLE

Bref, la Mi­cra est dans son élé­ment en ville.

Mais contrai­re­ment à cer­taines de ses ri­vales comme la Mit­su­bi­shi Mi­rage, la pe­tite Nis­san se dé­fend aus­si hon­nê­te­ment à plus haute vi­tesse.

Avec son pe­tit mo­teur à quatre cy­lindres dé­ve­lop­pant 109 che­vaux et 107 livres-pieds, on s’en­tend qu’on est à des an­nées-lu­mière d’une voi­ture de per­for­mances.

Ce­la de­meure tout de même suf­fi­sant pour ani­mer le pe­tit vé­hi­cule, même à des vi­tesses dé­pas­sant les 100 km/h sur l’au­to­route.

Une fois à cette vi­tesse, la voi­ture sur­prend d’ailleurs par une sta­bi­li­té ap­pré­ciable et par une in­so­no­ri­sa­tion de qua­li­té. Pour un vé­hi­cule aus­si abor­dable, c’est re­mar­quable.

Là où la Mi­cra dé­çoit, c’est au cha­pitre de la consom­ma­tion d’es­sence. En ache­tant un vé­hi­cule aus­si mi­nia­ture, on pour­rait s’at­tendre à une consom­ma­tion tout aus­si mi­nime. Sauf qu’avec des cotes an­non­cées à 8,7 L/100 km en

ville et à 6,8 L/100 km sur route, la Mi­cra nous laisse sur notre ap­pé­tit.

Ce n’est pas hor­rible comme consom­ma­tion, mais cer­tains vé­hi­cules à plus fort ga­ba­rit comme la Hon­da Ci­vic ou la Hyun­dai Elan­tra sont moins gour­mands.

Il y a fort à pa­rier que si Nis­san aban­don­nait fi­na­le­ment l’ar­chaïque trans­mis­sion à quatre rap­ports qui équipe la Mi­cra au­to­ma­tique, on se­rait ca­pables d’une éco­no­mie pas mal plus in­té­res­sante. Vous avez bien lu, la Mi­cra est en­core équi­pée d’une trans­mis­sion au­to­ma­tique à quatre rap­ports. C’est digne des an­nées 1990.

Dans sa ver­sion de base, équi­pée d’une boîte ma­nuelle à cinq vi­tesses, la Mi­cra pro­pose d’ailleurs une meilleure consom­ma­tion d’es­sence en ville qu’avec l’au­to­ma­tique. Il s’agit là d’une rare ex­cep­tion dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile.

ET PUIS QUOI, MAIN­TE­NANT?

Un peu plus de trois ans après son re­tour au Ca­na­da, la Nis­san Mi­cra peut cla­mer: mis­sion ac­com­plie. Son bas prix et son jo­li mi­nois au­ront réus­si à char­mer les au­to­mo­bi­listes d’ici. Sur­tout au Qué­bec, où la Mi­cra ré­colte la ma­jo­ri­té de ses ventes.

Rap­pe­lons que ce mo­dèle n’est pas ven­du aux États-Unis, où les vé­hi­cules de cette taille n’ont vi­si­ble­ment pas leur place.

Reste que si elle veut de­meu­rer dans le coup, Nis­san de­vra éven­tuel­le­ment chan­ger quelque chose. La Mi­cra n’est pas chère, c’est vrai, mais elle est aus­si dé­pas­sée à plu­sieurs points de vue, sur­tout en ce qui concerne les tech­no­lo­gies in­té­grées à bord.

En Eu­rope, une nou­velle gé­né­ra­tion de la Mi­cra a d’ailleurs dé­jà com­men­cé à fou­ler le plan­cher de ventes des conces­sion­naires. Plus mo­derne, mieux équi­pée et plus éco­no­mique à la pompe, elle amé­liore tous les points faibles qu’on re­proche à la Mi­cra ac­tuelle.

Sauf que les gens chez Nis­san Ca­na­da s’en­têtent à nous dire que ce mo­dèle n’est pas des­ti­né à notre mar­ché. Un mo­ment don­né, ils n’au­ront tout sim­ple­ment pas le choix de bou­ger.

En at­ten­dant, la Mi­cra de­meure une ex­cel­lente op­tion pour les ache­teurs au bud­get li­mi­té, ou bien pour les ci­ta­dins qui ne veulent pas se cas­ser la tête. Une voi­ture neuve pour le prix d’une usa­gée, avouez que ça se prend bien.

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