Un sept pas­sa­gers agréable à conduire

Mieux vaut tard que ja­mais, dit l’adage.

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC MER­CIER Col­la­bo­ra­tion spéciale

Il était à peu près temps que Volks­wa­gen se mouille en­fin les pieds dans la ca­té­go­rie des VUS à sept pas­sa­gers. La de­mande est grande pour ce genre de vé­hi­cules, sur­tout chez nos voi­sins du Sud.

C’est d’ailleurs pour eux qu’il a été créé, le nou­veau Volks­wa­gen At­las. Pen­sé et construit pour les Amé­ri­cains, par les Amé­ri­cains, l’At­las n’a pas grand-chose d’al­le­mand, si ce n’est le lo­go qui trône au centre de sa ca­landre.

Et même si c’est un tout nou­veau mo­dèle, il n’a rien de bien neuf non plus, au fond.

Construit à par­tir de la pla­te­forme mo­du­laire de Volks­wa­gen (celle-là même qui sert à la pe­tite Golf), l’At­las peut être li­vré avec deux mo­to­ri­sa­tions qu’on a dé­jà uti­li­sées à toutes les sauces chez Volks. Un mo­teur tur­bo à quatre cy­lindres de 2,0 litres sert les ver­sions de base alors que le V6 de 3,6 litres qu’on peut dé­jà re­trou­ver sous le ca­pot de la Pas­sat et du Toua­reg est of­fert en op­tion.

En gros, l’At­las nous donne l’im­pres­sion que Volks­wa­gen a ra­mas­sé toutes les pièces qui traî­naient dans son usine et qu’elle a construit un VUS avec. Un tous­ki au­to­mo­bile.

EN DE­DANS COMME EN DE­HORS

Ce­la ne veut pas dire que l’At­las n’est pas un bon vé­hi­cule pour au­tant. Sauf qu’en com­mer­cia­li­sant son VUS à sept pas­sa­gers bien après ses com­pé­ti­teurs, Volks avait une op­por­tu­ni­té en or de dé­ve­lop­per un mo­dèle plus raf­fi­né, plus so­phis­ti­qué que les autres. Et ça, ce n’est pas ar­ri­vé.

D’un point de vue es­thé­tique, d’abord, l’At­las semble être fait pour pas­ser dans le beurre. Son de­si­gn est d’un triste ano­ny­mat qui ne fait pas hon­neur aux ha­bi­tudes du construc­teur de Wolf­sburg.

À l’in­té­rieur, le VUS pré­sente la même dis­cré­tion. Tou­te­fois, la toute der­nière ver­sion du sys­tème d’in­fo­di­ver­tis­se­ment de Volks­wa­gen vient sau­ver la mise. Es­thé­ti­que­ment très réus­sie et fa­cile à uti­li­ser, on l’adopte ra­pi­de­ment. Même chose pour le ta­bleau de bord en­tiè­re­ment di­gi­tal de 12,3 pouces der­rière le vo­lant, of­fert en op­tion avec l’At­las. Les in­fos sont af­fi­chées de fa­çon claire et de bon goût.

À l’ar­rière, l’es­pace pour les jambes et l’ac­cès à bord sont très ac­cep­tables, même pour la troi­sième ran­gée. De l’es­pace, il y en a à re­vendre dans ce vé­hi­cule.

Avec une ca­pa­ci­té de re­mor­quage de 5000 livres, l’At­las per­met de traî­ner une bonne charge à l’ar­rière. Il faut tou­te­fois op­ter le pour le mo­teur V6 pour y avoir droit. Avec le bloc de quatre cy­lindres, le re­mor­quage maxi­mal de 2000 livres s’avère plu­tôt li­mi­té.

Le rouage in­té­gral est évi­dem­ment of­fert, mais en­core là, on n’y a droit qu’avec la ver­sion à mo­teur V6. En fait, tous les At­las mu­nis du V6 sont au­to­ma­ti­que­ment équi­pés du sys­tème 4Mo­tion. Avec le quatre cy­lindres de 235 che­vaux, seul un rouage à trac­tion est dis­po­nible. C’est tout ou rien.

SUR LA ROUTE

Peu im­porte la mo­to­ri­sa­tion, une

trans­mis­sion au­to­ma­tique à huit rap­ports est en place. Cou­plée au V6 du mo­dèle que nous avons mis à l’es­sai, cette boîte de vi­tesses sem­blait tou­jours hé­si­ter entre deux rap­ports pour gé­rer les 276 che­vaux du mo­teur. S’en ré­sul­tait une hé­si­ta­tion pé­nible et in­ac­cep­table, sur­tout lors des dé­pla­ce­ments à basse vitesse.

Sur la route, le V6 ne manque as­su­ré­ment pas de puis­sance et per­met à l’At­las une ai­sance somme toute agréable. La pré­ci­sion de la di­rec­tion est aus­si à sou­li­gner. Ça fait du bien, dans une ca­té­go­rie où le plai­sir de conduire est un concept sou­vent bien aléa­toire. L’agré­ment de conduite est d’ailleurs l’un des points forts de ce mas­to­donte. C’est la si­gna­ture de Volks­wa­gen, après tout.

À bord de l’At­las, la vi­si­bi­li­té est bonne et une pléiade de sys­tèmes d’aide à la conduite per­met de faire pas­ser la sé­cu­ri­té des oc­cu­pants à un ni­veau su­pé­rieur. En 2017, c’est de­ve­nu un in­con­tour­nable.

La consommation d’es­sence, elle, s’avère bien or­di­naire, avec des cotes an­non­cées de 13,7 L/100 km en ville et de 10,1 L/100 km sur route (V6). Après une se­maine d’es­sai, la consommation se rap­pro­chait dan­ge­reu­se­ment des 15 L/100 km mal­gré une bonne par­tie de conduite sur au­to­route. C’est là que l’uti­li­sa­tion d’un mo­teur plu­tôt âgé se fait sen­tir…

En somme, l’At­las fait tout comme il faut, mais rien d’ex­cep­tion­nel. Dans une ca­té­go­rie dé­jà bien re­pré­sen­tée, le nou­veau VUS de Volks­wa­gen risque de pas­ser in­aper­çu. Et avec rai­son.

Au moins, Volks réus­sit à pro­po­ser un prix qui va en consé­quence. Le PDSF de 35 690 $ de l’At­las risque d’at­ti­rer quelques cu­rieux chez les conces­sion­naires, mais ceux-ci réa­li­se­ront vite qu’il faut dé­bour­ser au mi­ni­mum 39 790 $ pour avoir droit au V6, et par le fait même au rouage in­té­gral.

Reste qu’en com­pa­rant la gamme de prix de l’At­las à celle de la concur­rence, Volks­wa­gen n’a pas à rou­gir. C’est tou­jours bien ça de ga­gné.

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