La seule bonne fa­çon de se ga­rer

Si on est lo­gique, qu’on aime conduire et qu’on veut le faire de la ma­nière la plus sûre pos­sible, il n’y a qu’une seule ma­nière de ga­rer son vé­hi­cule : en marche ar­rière. C’est ce qu’en­seignent les écoles de conduite. Les meilleures, à tout le moins.

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - Marc La­cha­pelle

On parle ici de sta­tion­ne­ment per­pen­di­cu­laire. Ce que les Fran­çais ap­pellent se ga­rer « en ba­taille » entre d’autres vé­hi­cules sta­tion­nés côte à côte. Parce qu’en sta­tion­ne­ment pa­ral­lèle, le long d’un trot­toir, on s’en­tend que la marche ar­rière est la seule tech­nique ef­fi­cace. Es­sayez en marche avant et vous ris­quez de vous re­trou­ver à Vlog comme ve­dette de la vi­déo co­mique de la se­maine.

SIMPLE LO­GIQUE

Le prin­cipe est simple : en s’ap­pro­chant d’un es­pace pour s’y sta­tion­ner en marche ar­rière, on s’as­sure d’abord qu’il est as­sez grand et libre de tout obs­tacle. Qu’il s’agisse d’un en­fant, d’un ani­mal, d’un ob­jet ou d’un adulte lé­gè­re­ment éga­ré.

On ma­noeuvre en­suite tran­quille­ment pour pla­cer son vé­hi­cule au beau mi­lieu de l’es­pace dis­po­nible en tour­nant la tête et en uti­li­sant les ré­tro­vi­seurs ex­té­rieurs. Si vous êtes comme moi, vous al­lez vous y re­prendre à une ou deux re­prises, si­non plus, pour que ça soit par­fait. Comme ça, votre belle car­ros­se­rie risque moins de se faire ca­bos­ser par les por­tières d’un vé­hi­cule sta­tion­né trop près.

Je suis ma­niaque, je le re­con­nais. Que vou­lez-vous, j’adore conduire et le sta­tion­ne­ment fait par­tie de cette ac­ti­vi­té que j’ap­pré­cie au plus haut point. De­puis quelques cen­taines de mois, comme me le rap­pelle le for­mu­laire de re­nou­vel­le­ment de mon per­mis chaque an­née.

Et lorsque vien­dra le temps de re­par­tir, vous au­rez une vue par­faite sur les en­vi­rons où vous vous ap­prê­tez à rou­ler au lieu de re­cu­ler comme une tor­tue aveugle en crai­gnant d’écra­ser quel­qu’un ou de vous faire em­bou­tir par la ca­mion­nette du gars pres­sé qui texte en rou­lant.

L’EX­CEP­TION QUI CONFIRME LA RÈGLE

La seule ex­cep­tion em­bê­tante, c’est quand on se re­trouve à l’épi­ce­rie, au centre com­mer­cial ou à l’aé­ro­port et qu’on a des va­lises, des boîtes ou des sacs à pla­cer dans le coffre ou la soute de son vé­hi­cule.

Ça m’est ar­ri­vé ce ma­tin et je me per­mets d’ajou­ter que c’était chez Cost­co, parce que les lignes doubles qui sé­parent les es­paces y sont par­ti­cu­liè­re­ment utiles pour sta­tion­ner. Par­faites pour bien cen­trer l’uti­li­taire sport al­le­mand que je condui­sais.

Le Volks­wa­gen At­las est cos­taud, mais j’ai réus­si, mal­gré tout, à me rendre sans peine à l’ar­rière avec un de ces im­menses wa­gons qui tiennent lieu de pa­nier dans ces en­tre­pôts. Bien en­ten­du, la ma­noeuvre n’est pas aus­si fa­cile dans tous les sta­tion­ne­ments.

L’im­mense ma­jo­ri­té de mes voi­sins de sta­tion­ne­ment étaient d’ailleurs ga­rés à l’en­vers, le mu­seau en pre­mier. Pour eux, les ca­mé­ras, les so­nars, les dé­tec­teurs d’obs­tacles et le frei­nage au­to­ma­tique en marche ar­rière ne sont plus des ac­ces­soires de luxe. Plu­tôt des né­ces­si­tés qui se mul­ti­plient de nos jours. Et c’est tant mieux.

La so­lu­tion se­rait de n’avoir que des ran­gées simples dans tous les sta­tion­ne­ments.

On se ga­re­rait et on re­par­ti­rait tou­jours en marche avant, sans stress et sans dan­ger, en voyant tou­jours par­fai­te­ment où on va.

LA RÈGLE EST PAR­FAI­TE­MENT CLAIRE

L’en­nui, c’est qu’il fau­drait presque dou­bler la sur­face de sta­tion­ne­ments, qui dé­bordent dé­jà en per­ma­nence, ou presque. Quelle que soit votre opi­nion sur la so­cié­té de consom­ma­tion fré­né­tique dans la­quelle nous vi­vons, la chose est im­pro­bable, si­non im­pos­sible.

Or, les sta­tion­ne­ments de ma­ga­sins et de grandes sur­faces sont l’ex­cep­tion, jus­te­ment. Pas la règle. À moins que vous n’ayez jus­te­ment un gros pro­blème de consom­ma­tion. Un pro­blème sé­rieux qui n’im­plique pas sim­ple­ment quelques mil­li­grammes de poudre, mais plu­tôt des cha­riots pleins de sacs et de boîtes. Si c’est le cas, j’es­père pour vous que Ma­ga­si­neurs Ano­nymes ça existe.

Parce que le reste du temps, il faut tou­jours se ga­rer en marche ar­rière. Point fi­nal. Je vous l’ac­corde, c’est plus dif­fi­cile que de plon­ger de l’avant dans le pre­mier es­pace libre, quitte à s’y re­trou­ver tout croche entre les lignes. Mais jus­te­ment, le pire est alors fait, dès le dé­part. Et le reste est fa­cile.

Il y a même des en­droits où il est in­ter­dit de se ga­rer au­tre­ment qu’en marche ar­rière. Tous mes com­pli­ments au vil­lage de Saint-Roch-de-Ri­che­lieu, par exemple, qui im­pose cette règle quand on sta­tionne der­rière l’édi­fice de la mai­rie. Es­pé­rons qu’il y en a plein d’autres.

Il y a mal­heu­reu­se­ment aus­si des en­droits qui im­posent le sta­tion­ne­ment par l’avant seule­ment. Pour que les agents de sé­cu­ri­té puissent voir les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion sans ef­fort, semble-t-il. C’est quoi cette mau­vaise blague ? À bas la pa­resse crasse !

Faites-moi plai­sir et sta­tion­nez tou­jours comme des cham­pions, en marche ar­rière.

Je vous l’ac­corde, c’est plus dif­fi­cile que de plon­ger de l’avant dans le pre­mier es­pace libre

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