DE L’HERBE À POUX PAR­TOUT !

Le Journal de Quebec - CASA - - FLEURS ET POTAGER - AL­BERT MONDOR Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Un Qué­bé­cois sur huit est af­fec­té par la rhi­nite sai­son­nière, pro­vo­quée prin­ci­pa­le­ment par une ré­ac­tion al­ler­gique au pol­len de l’herbe à poux. Mal­gré les nom­breuses cam­pagnes d’éra­di­ca­tion, l’herbe à poux de­meure tou­jours aus­si abon­dante sur le ter­ri­toire de notre pro­vince, par­ti­cu­liè­re­ment aux abords des routes où elle trouve un ha­bi­tat de choix.

Ce phé­no­mène est en grande par­tie cau­sé par les ac­ti­vi­tés liées au dé­nei­ge­ment. Le pas­sage des équi­pe­ments de dé­nei­ge­ment com­bi­né à l’épan­dage de sels de dé­gla­çage dé­truit la ma­jo­ri­té des vé­gé­taux qui poussent aux abords des routes. Les plantes les moins ré­sis­tantes sont alors rem­pla­cées par des vé­gé­taux qui ap­pré­cient les sols com­pacts et sa­lins, comme l’herbe à poux. Ain­si, les abords des rues et de cer­taines au­to­routes sont de vé­ri­tables pé­pi­nières d’herbe à poux ! Le plus na­vrant est de consta­ter que cette herbe in­dé­si­rable pousse aux abords de cer­tains hô­pi­taux et de nom­breuses écoles, sans que qui­conque en soit vrai­ment conscient.

L’herbe à poux est une plante mé­con­nue que peu de gens savent iden­ti­fier cor­rec­te­ment. On la confond très sou­vent avec l’herbe à la puce. Mais, con­trai­re­ment à cette der­nière, sa­chez qu’il n’est pas dan­ge­reux de ma­ni­pu­ler l’herbe à poux à mains nues. D’une hau­teur très va­riable – cer­tains plants font aus­si peu que 20 cm de hau­teur, alors que d’autres dé­passent 1 mètre –, cette plante an­nuelle pos­sède des feuilles de cou­leur vert tendre très fi­ne­ment dé­cou­pées. Ses fleurs d’un jaune ver­dâtre ap­pa­raissent du­rant la se­conde moi­tié de l’été et sont réunies au som­met des tiges en ce qui res­semble à des épis.

Bien qu’on puisse par­fois la re­trou­ver dans les pe­louses et les plates-bandes de nos jar­dins, l’herbe à poux a une nette pré­fé­rence pour les sols pauvres et bou­le­ver­sés, comme ceux des abords rou­tiers, du pour­tour des champs de maïs et des ter­rains va­cants. Le meilleur moyen d’éli­mi­ner cette plante est en­core de l’ar­ra­cher. Elle doit être ex­traite du sol avec un sar­cloir avant le dé­but du mois d’août. On peut ce­pen­dant conti­nuer à l’éli­mi­ner tant qu’elle fleu­rit.

Les gra­mi­nées qui com­po­saient cette pe­louse si­tuée près d’un trot­toir ont été en­tiè­re­ment rem­pla­cées par l’herbe à poux.

Les al­ler­gies pro­vo­quées par l’herbe à poux ont de nom­breuses ré­per­cus­sions sur les mi­lieux sco­laires et du tra­vail – di­mi­nu­tion de pro­duc­ti­vi­té, som­no­lence, ab­sen­téisme, etc. – et exigent des soins de san­té éva­lués à quelques cen­taines de mil­lions de dol­lars chaque an­née.

La meilleure fa­çon de se dé­bar­ras­ser de l’herbe à poux est de l’ar­ra­cher en pre­nant soin d’ex­traire ses ra­cines.

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