En­grais : na­tu­rel ou mi­né­ral ?

Vous dé­si­rez avoir une plate-bande écla­tante et un ga­zon ver­doyant tout l’été ? En choi­sis­sant le bon en­grais, vous ob­tien­drez un sol en­core plus riche et fer­tile !

Le Journal de Quebec - Immo - - MAISON EXTRA - Na­dia BERGERON

Il y a beau­coup de pro­duits sur le mar­ché et par­fois, on ne sait pas le­quel choi­sir entre un en­grais na­tu­rel ou mi­né­ral. « La dif­fé­rence entre les deux est la source d’azote », pré­cise De­nis Gron­din, conseiller tech­nique pour le Groupe Fer­ti. Dans un en­grais mi­né­ral, l’azote va être obtenu par trans­for­ma­tion, alors que dans l’en­grais na­tu­rel, il ap­pa­raît par la dé­com­po­si­tion vé­gé­tale ou ani­male. Il est im­por­tant d’uti­li­ser la bonne dose et de faire une ap­pli­ca­tion égale sur toute la sur­face du ter­rain. Li­sez bien les ins­truc­tions pour votre propre uti­li­sa­tion. Vous y trou­ve­rez des in­for­ma­tions dé­taillées sur le pé­ri­mètre à cou­vrir. « Si vous ache­tez une poche d’en­grais pour 3000 pieds car­rés et que votre ter­rain en fait 500, le ga­zon risque de brû­ler si vous met­tez tout le pro­duit », ajoute M. Gron­din.

Chi­mique ?

En cal­cu­lant la bonne quantité exacte, vous com­ble­rez ain­si tous les be­soins des plantes et du ga­zon. À l’in­verse, un sur­plus d’en­grais peut être dom­ma­geable non seule­ment pour la vé­gé­ta­tion, mais aus­si pour l’en­vi­ron­ne­ment, puisque l’ex­cé­dent pour­rait se dé­ver­ser dans les cours d’eau. L’élé­ment chi­mique dans un en­grais mi­né­ral est l’azote, qui est obtenu par syn­thèse. « Mais ce qui est sur­tout nui­sible est de l’em­ployer in­adé­qua­te­ment », rap­pelle M. Gron­din. Ce­la dit, l’en­grais na­tu­rel ne se­ra pas né­ces­sai­re­ment meilleur s’il pro­vient de l’amé­rique du Sud. Le trans­port cause da­van­tage de pol­lu­tion com­pa­ra­ti­ve­ment à un en­grais mi­né­ral acheté lo­ca­le­ment… Bonne nou­velle pour mère Na­ture : la ma­jo­ri­té des en­grais pour le ga­zon n’ont plus de phos­phore depuis des an­nées afin d’évi­ter la pro­pa­ga­tion d’algues bleues dans les lacs. La pro­li­fé­ra­tion ex­ces­sive de cette bac­té­rie est né­faste pour l’en­vi­ron­ne­ment.

Trois chiffres

Nor­ma­le­ment, un en­grais est com­po­sé de trois chiffres. Le pre­mier fait ré­fé­rence à l’azote et il joue un rôle très im­por­tant dans les par­ties aé­riennes, c’es­tà-dire les élé­ments qui poussent à l’ex­té­rieur du sol, comme les tiges de ga­zon. Le deuxième nombre, le phos­phore, sert à mieux dé­ve­lop­per les racines, tan­dis que la po­tasse ar­rive au troi­sième rang pour fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment des fleurs. Ain­si, vous pour­riez prendre un en­grais mi­né­ral pour la pe­louse ayant la nu­mé­ro­ta­tion sui­vante, 24-0-10 : 24 % d’azote, 0 % de phos­phore – on pense aux algues bleues (!) et 10 % de po­tasse. « Ce sont des en­grais de base, il y a aus­si des élé­ments se­con­daires », si­gnale M. Gron­din. Afin d’évi­ter les ca­rences, on peut ajou­ter du cal­cium, du souffre ou du ma­gné­sium en pe­tite quantité, ain­si que des oli­go­élé­ments comme le fer, le so­dium, le co­balt, etc.

Mé­lan­gez les deux

Les en­grais na­tu­rel ou mi­né­ral ont cha­cun leurs avan­tages et leurs in­con­vé­nients. Le pre­mier, aus­si ap­pe­lé or­ga­nique, amé­liore la qua­li­té des mi­croor­ga­nismes dans le sol. Par contre, sa concen­tra­tion est faible, ce qui fait en sorte que la plante ne va pas consom­mer les mo­lé­cules di­rec­te­ment. « Les mi­croor­ga­nismes du sol doivent les dé­com­po­ser avant que la plante puisse les ab­sor­ber », confie M. Gron­din. Il y a moins de ré­sul­tats à court terme, mais à long terme, on nour­rit le sol pour qu’il puisse à son tour ali­men­ter la plante.

Les concen­tra­tions sont plus fortes dans un en­grais mi­né­ral. Les élé­ments sont in­té­grés di­rec­te­ment par le vé­gé­tal sans pas­ser par le sol, ce qui aide à faire pous­ser da­van­tage le ga­zon. Par contre, ce pro­duit ap­porte peu de mi­croor­ga­nismes au sol, ré­dui­sant ain­si sa qua­li­té or­ga­nique. La so­lu­tion idéale pour op­ti­mi­ser votre en­grais consiste à mé­lan­ger les deux pro­duits. Vous met­tez par exemple des amen­de­ments de sol or­ga­niques, comme du com­post, avec le fer­ti­li­sant mi­né­ral.

At­ten­tion au stress !

La fré­quence de l’ap­pli­ca­tion dé­pend de l’en­grais choi­si, mais vous pour­riez en mettre quatre fois du­rant l’été et avoir de bons ré­sul­tats. Évi­tez d’en épandre du­rant les pé­riodes de sé­che­resse lorsque le ther­mo­mètre in­dique 28 de­grés Cel­sius et qu’il n’y a pas de pluie pen­dant deux se­maines. Le ga­zon est déjà très stres­sé par la cha­leur, ne lui ajou­tez pas un choc sup­plé­men­taire en met­tant de l’en­grais, en par­ti­cu­lier si la dose est trop forte et la ré­par­ti­tion est in­égale. Mé­fiez-vous aus­si de la pluie. Les terrains semblent hu­mides, mais ils sont par­fois secs, car le sol n’a pas eu le temps d’ab­sor­ber l’eau. Une pluie qui dure 24 heures se­ra nour­ris­sante et bé­né­fique pour le sol. Vous pour­rez en­suite bien ré­par­tir votre en­grais pour avoir une pe­louse flam­boyante !

Il est im­por­tant de cal­cu­ler la quantité d’en­grais né­ces­saire et de l’épandre de fa­çon égale sur le ter­rain. Cour­toi­sie Groupe Fer­ti Cré­dits :

En­grais na­tu­rel ou mi­né­ral : les deux donnent de bons ré­sul­tats lors­qu’ils sont uti­li­sés de ma­nière adé­quate. Cré­dits : Pixa­bay

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