TOUSEN PISTE

Dans un « lieu ma­gique » de Li­moi­lou, s’ac­tivent des pas­sion­nés des arts du cirque, qui jonglent avec leurs rêves en re­dou­blant d’ef­forts et d’espoir au len­de­main de leur in­ou­bliable par­ti­ci­pa­tion au spec­tacle du Cirque du So­leil, à Qué­bec.

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉS - Pierre O. Nadeau Le Jour­nal de Qué­bec

Nous sommes à l’in­té­rieur de l’an­cienne église Saint-Es­prit où, en 2002, l’École de cirque de Qué­bec ins­tal­lait ses quar­tiers gé­né­raux. Le coup d’oeil est im­pres­sion­nant par la hau­teur et l’ar­chi­tec­ture ex­cep­tion­nelle des lieux qui ont conser­vé leur al­lure d’ori­gine. Au pla­fond, une im­po­sante struc­ture d’éclai­rage confère à l’en­droit un as­pect de salle de spec­tacle. Les bancs d’église ont fait place aux tram­po­lines et l’es­pace de l’au­tel ac­cueille prin­ci­pa­le­ment les tra­pèzes.

Çà et là, des jeunes jonglent avec des quilles, mul­ti­plient les pi­rouettes sur les tram­po­lines, s’adonnent au dia­blo, s’étirent et quoi en­core! Avec un en­thou­siasme com­mun, ils disent ap­pré­cier ce mi­lieu de tra­vail « fa­mi­lial qui al­lie le sport et l’art ».

Il y passe beau­coup de monde chaque an­née : une qua­ran­taine en for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, 3 300 en ac­ti­vi­tés loi­sir, et 13 000 éco­liers en ate­liers d’ini­tia­tion.

DÉ­JÀ À L’ÉTROIT

Le lieu est d’une am­pleur consi­dé­rable « et, pour­tant, on com­mence à man­quer d’es­pace », nous dit Yves Ne­veu, di­rec­teur gé­né­ral de l’École de cirque, or­ga­nisme sans but lu­cra­tif fon­dé en 1995. « On doit re­fu­ser des ins­crip­tions », re­grette M. Ne­veu, en se ré­jouis­sant tou­te­fois de la ré­pu­ta­tion in­ter­na­tio­nale dont jouit son or­ga­ni­sa­tion. Il l’a consta­té , en­core la se­maine der­nière, lors d’une ren­contre in­ter­na­tio­nale, en France, de plu­sieurs di­ri­geants d’écoles du cirque.

ILS VIENNENT DE LOIN

Vingt pour cent des élèves de l’École de cirque de Qué­bec pro­viennent de l’étran­ger, prin­ci­pa­le­ment de la France, de la Suisse, des États-Unis et même du Ja­pon. « J’ai choi­si l’école de Qué­bec en rai­son de sa no­to­rié­té in­ter­na­tio­nale », nous di­ra le jon­gleur suisse Gaël Del­la Valle, qui pour­suit sa troi­sième an­née de for­ma­tion à Qué­bec. « Et en plus c’est moins cher qu’ailleurs », ajoute Tho­mas Evans, spé­cia­liste de la corde à dan­ser, ve­nu de Seat­tle, aux États-Unis. Se­lon lui, le Qué­bec est une ré­fé­rence en Amé­rique du Nord pour la for­ma­tion d’ar­tistes du cirque.

L’École de cirque de Qué­bec, où l’ac­ti­vi­té bour­donne du ma­tin au soir, sept jours par se­maine, s’adresse aux jeunes et aux adultes de tous les âges, de deux à cin­quante ans, à qui l’on offre « un loi­sir in­no­va­teur per­met­tant de dé­ve­lop­per la concen­tra­tion, la co­or­di­na­tion, la per­cep­tion spa­tiale, la force, la sou­plesse, la dis­ci­pline, la mé­moire et la créa­ti­vi­té ».

Au me­nu : pré­pa­ra­tion phy­sique, acro­ba­ties au sol, tram­po­line, ma­ni­pu­la­tion (jon­gle­ries), exer­cices aé­riens (tra­pèze, tis­su), échasses, fils de fer, ro­las-bo­las, équi­libre sur poutre et mo­no­cycles.

Une an­née de cours com­prend trois ses­sions et culmine par un grand spec­tacle qui réunit 900 fi­nis­sants au cours des sept re­pre­sen­ta­tions of­fertes cette an­née sous un cha­pi­teau dres­sé au Do­maine Mai­ze­rets, à Qué­bec.

1. 2. L’ac­ti­vi­té bour­donnne du ma­tin au soir, sept jours par se­maine, dans l’an­cienne église de Li­moi­lou conver­tie en mai­son de l’École de cirque de Qué­bec. 3. Le jon­gleur Gaël Del­la Valle est ve­nu de Suisse pour ap­prendre son art à l’École de cirque de Qué­bec. 4. Sur leur tra­pèze, Mar­gue­rite Pa­ra­dis-Ro­chette et Ca­the­rine Au­dy ont l’air de sia­moises.

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