Le­ro­man­his­to­ri­quea­la­cote

« Les Qué­bé­cois veulent sa­voir d’où ils viennent », dit Mi­che­line La­chance.

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉS - Pierre Cayouette Le Jour­nal

Si le ro­man his­to­rique est à ce point po­pu­laire, c’est que les Qué­bé­cois éprouvent un be­soin très grand de sa­voir d’où ils viennent, es­time la ro­man­cière, jour­na­liste et his­to­rienne Mi­che­line La­chance. Celle qui en a as­su­ré la pré­si­dence d’hon­neur au cours des der­nières an­nées se­ra en­core très pré­sente à la pro­chaine édi­tion du Sa­lon du livre de Mon­tréal.

Au som­met des pal­ma­rès de ventes avec Les­filles­tom­bées (Qué­becA­mé­rique),un ro­man qui re­trace le triste des­tin des filles­mères qué­bé­coises au XIXe siècle, Mi­che­line La­chance se dit d’avis que le ro­man his­to­rique vient com­bler un manque.

« Au Qué­bec da­van­tage qu’ailleurs dans le monde, les gens veulent sa­voir d’où ils viennent. Il y a une vé­ri­table quête des ori­gines chez les Qué­bé­cois de toutes les gé­né­ra­tions. Ceux qui sont dans la tren­taine au­jourd’hui, en par­ti­cu­lier, ont souf­fert des ra­tés de l’en­sei­gne­ment de l’his­toire. Ils ont soif d’en connaître un peu plus sur leurs ra­cines. »

HIS­TOIRE SO­CIALE

Après avoir ex­plo­ré l’his­toire po­li­tique avec Le­ro­man­deJu­liePa­pi­neau et La­dyCar­tier, Mi­che­line La­chance s’at­taque, cette fois-ci, à l’his­toire so­ciale avec ce ro­man consa­cré aux filles-mères d’an­tan. Le pu­blic est au ren­dez-vous, une fois de plus.

En com­pa­gnie de l’his­to­rien Jacques Lacoursière et de la ro­man­cière Pau­line Gill, Mi­che­line La­chance par­ti­ci­pe­ra à une table ronde au Sa­lon du livre de Mon­tréal au cours de la­quelle on se de­man­de­ra si le ro­man his­to­rique sert bien l’« His­toire ».

L’au­teure des Filles­tom­bées a son idée sur cette ques­tion. « Le ro­man his­to­rique donne en­vie aux lec­teurs d’en sa­voir plus sur une époque, un su­jet. Beau­coup de lec­teurs du Ro­man­deJu­liePa­pi­neau m’ont confié avoir pour­sui­vi en­suite leurs re­cherches et lec­tures sur l’époque de la Ré­bel­lion de 1837 », dit-elle. À ses yeux, les ro­mans his­to­riques et les livres sa­vants des his­to­riens ne s’op­posent pas. « Ils se com­plètent », croit-elle.

RE­TOUR SUR LES BANCS D’ÉCOLE

Après l’écri­ture deLa­dy Car­tier, Mi­che­line La­chance a tout de même éprou­vé le be­soin de se res­sour­cer. Elle est re­tour­née à l’uni­ver­si­té, le temps de com­plé­ter une maî­trise en his­toire, jus­te­ment. « La plu­part des his­to­riens uni­ver­si­taires me di­saient qu’ils li­saient des ro­mans his­to­riques, que ce genre lit­té­raire per­met­tait de mettre de la chair au­tour de su­jets par­fois arides. Ce­la m’a confor­tée », confie-t-elle.

L’his­to­rienne et la ro­man­cière en elle se sont tout de même « af­fron­tées » au cours de la ré­dac­tion des Filles­tom­bées. « Pour ter­mi­ner mon ro­man, j’ai dû mettre de cô­té toute mon im­mense do­cu­men­ta­tion pour mieux me lais­ser al­ler à la fic­tion et dé­ve­lop­per mes per­son­nages. Je ne re­ve­nais à ma re­cherche que pour m’as­su­rer de la vé­ri­té his­to­rique de cer­tains évé­ne­ments pré­cis, comme le grand in­cen­die de 1852. »

Heu­reuse et se­reine, Mi­che­line La­chance a trou­vé sa voie avec le ro­man his­to­rique. « J’avais deux pas­sions : l’écri­ture et l’his­toire. J’ai dé­cou­vert un jour le bon­heur de ré­con­ci­lier ces deux pas­sions par l’en­tre­mise du ro­man. Il y a en­core tel­le­ment de beaux su­jets à ex­ploi­ter, de belles his­toires à ra­con­ter! »

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