LOINDESENJEUX VÉ­RI­TABLES

Le match des élus, Larocque La­pierre, Le club des ex : les émis­sions à sa­veur élec­to­rale et po­li­tique oc­cupent beau­coup de temps d’an­tenne à la té­lé, cet au­tomne. Mais parlent-elles des « vraies af­faires », celles qui pré­oc­cupent les élec­teurs?

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Ca­ro­line Roy

« On­cou­vre­la­po­li­ti­que­com­meun­match de sport. C’est sur­tout quel chef a le plus de chan­ces­de­ga­gner.Onen­tend­peu­par­ler des dé­bats et des en­jeux », es­time Ca­the­rine Cô­té, pro­fes­seure à l’École d’études po­li­tiques de l’Uni­ver­si­té d’Ottawa.

Se­lon MmeCô­té, les émis­sions spé­ciales sur les élec­tions rem­plissent sur­tout du tempsd’an­ten­ne­sans­vrai­men­tréus­sirà in­for­mer les té­lé­spec­ta­teurs.

« Les gens ne vont pas lire les pla­te­formes des par­tis po­li­tiques. Ils se fient sur les mé­dias pour les ren­sei­gner, qui, eux, s’éloignent des en­jeux vé­ri­tables », dit-elle.

LA PA­ROLE AUX DÉ­PU­TÉS

Bernard Mo­tuls­ky, spé­cia­liste des re­la­tions pu­bliques de l’UQAM, sou­ligne qu’il y a de plus en plus de can­di­dats qui contri­buent aux émis­sions. Par exemple, Lecoupd’oeil par­ti­san deRDI,à9 h 30,don­ne­la­pa­ro­leaux dé­pu­tésNa­tha­lieNor­man­deau,duPLQ,Éric Caire, de l’ADQ, et Sté­phane Bé­dard, du PQ.

D’après Mme Cô­té, les té­lé­dif­fu­seurs se dé­gagent de leur obli­ga­tion d’ob­jec­ti­vi­té en in­vi­tant des can­di­dats de tous les par­tis à leurs émis­sions.

« C’est une ma­nière de jouer cartes sur table. Au­cun chro­ni­queur po­li­tique ne peut être to­ta­le­ment ob­jec­tif. En don­nant la pa­role à tous les can­di­dats, les té­lé­dif­fu­seurs sou­tiennent qu’ils ne peuvent pas être plus trans­pa­rents », ex­plique-t-elle.

El­le­se­fai­taus­si­cri­ti­queàl’égard­des­vox­pop qui­pré­ten­dent­pren­dre­le­pouls­des­ci­toyens. Le­chro­ni­queurJeanLa­pierres’enest­fai­tune spé­cia­li­téà­bord­deL’Ex­pressTVA.

DÉ­CEMBRE : OUF!

Se­lon les deux spé­cia­listes, après le 8 dé­cembre, date des élec­tions pro­vin­ciales, les chaînes de té­lé ne cou­vri­ront presque plus la po­li­tique parce que les té­lé­spec­ta­teurs en au­ront par-des­sus la tête.

« Tout­le­mon­de­va­di­reouf!Eta­près,on s’en va di­rec­te­ment à Noël. Mais c’est sûr que les nou­velles éco­no­miques vont conti­nuer à oc­cu­per de l’es­pace », dit M. Mo­tuls­ky.

Se­lon Mme Cô­té, les mé­dias en gé­né­ral s’oc­cu­pe­ront moins de po­li­tique en dé­cembre, mais à tort. « Il y au­ra un es­souf­fle­ment et un ras-le-bol dans la po­pu­la­tion, mais pen­dant cette pé­riode, les po­li­ti­ciens vont en pro­fi­ter pour pas­ser cer­taines me­sures », dit-elle.

BAT­TU PAR LE SPORT

Se­lon Jean-Fran­çois Dumas, pré­sident d’In­fluence Com­mu­ni­ca­tion, seules les nou­velles spor­tives oc­cupent plus de temps d’an­tenne que la po­li­tique à l’heure ac­tuelle.

« Dans les bul­le­tins de nou­velles, le chef de cha­cun­des­par­ti­saen­vi­ron15se­con­desde vi­si­bi­li­té. C’est 25 % de moins que lors de la der­nière élec­tion au Qué­bec en 2007. Plus ça va, moins on les voit », ex­plique M. Dumas.

D’après lui, ce sont less­pin doc­tors qui rem­placent main­te­nant les chefs de par­ti à la té­lé. « On n’a ja­mais en­ten­du si peu d’ana­lystes neutres. Less­pin doc­tors sont peu­têtre plus co­lo­rés, mais ils n’ap­portent pas plus d’ana­lyses », dit-il.

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