FI­NAN­CIÈ­RE­MENT PAS REN­TABLE

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Ca­ro­line Roy Le Jour­nal

Trois élec­tions à cou­vrir en trois mois. Du ja­mais-vu à la té­lé­vi­sion qué­bé­coise. Sans comp­ter les coûts qui s’y rat­tachent. Il y a d’abord eu la cam­pagne fé­dé­rale. Puis, les pré­si­den­tielles amé­ri­caines, qui ont connu un en­goue­ment plus fort qu’à l’ha­bi­tude au Qué­bec. Et main­te­nant, des élec­tions pro­vin­ciales.

« Je n’ai ja­mais vu ça aus­si vite et une après l’autre. C’est beau­coup de tra­vail pour nos équipes », si­gnale Serge Fortin, vice-pré­sident à l’in­for­ma­tion à TVA.

« Ça nous force à beau­coup de co­or­di­na­tion, entre autres pour réa­li­ser l’émis­sionLa­rocque La­pierre alors que les deux ani­ma­teurs sont sur la route », ajoute-t-il.

« Dans toute ma car­rière, je n’ai pas connu en si peu de temps une élec­tion fé­dé­rale et pro­vin­ciale en pa­ral­lèle avec une longue pré­si­den­tielle amé­ri­caine », dit à son tour Pierre Tou­ran­geau, pre­mier di­rec­teur du conte­nu nou­velle et ac­tua­li­té à la SRC.

Se­lon M. Fortin, les té­lé­spec­ta­teurs sont loin d’être tan­nés d’en­tendre par­ler de po­li­tique. « Quoi qu’on en dise, les gens sont in­té­res­sés. C’est notre de­voir de bien cou­vrir les élec­tions », dit-il.

Quant à M. Tou­ran­geau, il es­time que les gens sont peut-être fa­ti­gués des élec­tions, mais ça ne les em­pêche pas de vou- loir être in­for­més. « C’est à nous d’être per­ti­nents », dit-il.

COÛ­TEUX

Sa­chant que le per­son­nel et les res­sources pour suivre des élec­tions coûtent cher, est-ce que c’est vrai­ment ren­table pour les té­lés?

« Du point de vue fi­nan­cier, ce n’est pas ren­table. Ce sont plus de dé­penses que de re­ve­nus. Mais on es­saye d’en ti­rer pro­fit, car c’est aus­si une ba­taille pour al­ler cher­cher des té­lé­spec­ta­teurs », dit M. Tou­ran­geau.

« C’est coû­teux, mais on ne le voit pas comme ça, ré­pond, pour sa part, M. Fortin. On sa­vait que l’on fai­sait face à des gou­ver­ne­ments mi­no­ri­taires, on avait pré­vu le coup. »

MI­NUTES POUR LES CHEFS

En­moyenne,les­jour­na­lis­tes­deTVA­qui suivent les chefs pro­duisent des re­por­tages de une mi­nute 45 se­condes pour les bul­le­tins de nou­velles. À ce­la s’ajoute le temps consa­cré aux chro­ni­queurs po­li­tiques.« Étant don­né­que­nou­sa­von­sun­jour­na­lis­te­dans chaque au­to­bus, les chefs font tous l’ob­jet d’un reportage », ex­plique M. Fortin.

ÀRadio-Ca­na­da,on­sou­hai­te­sur­tout être équi­table en­vers les par­tis po­li­tiques et non leurs chefs. « La seule règle, c’est notre ju­ge­ment édi­to­rial. On ne quan­ti­fie pa­sau­jour­le­jour­le­nom­bre­de­mi­nutes ac­cor­dées aux chefs », pré­cise M.Tou­ran­geau.

PHOTO LES ARCHIVES – PIERRE-PAUL POU­LIN

Bernard Mo­tuls­ky, spé­cia­liste en re­la­tions pu­bliques à l’UQAM, es­time que de plus en plus de can­di­dats rem­plissent les émis­sions, comme dans Le coup d’oeil par­ti­san, à RDI, mais qu’il y a de moins en moins de dé­bats sur ces can­di­dats.

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