Du san­gneuf pour une his­toire deVAMPIRES

LOSANGELES— Après des­moisd’uneat­tente fré­né­ti­que­fri­sant l’hys­té­rie, les lec­teurs des quatre tomes de la sa­ga Twi­light ver­ront les énig­ma­tiques per­son­nages lit­té­raires prendre chair avec la sor­tie, le 21 no­vembre, de l’adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique du pre­mi

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Da­niel Rioux

Ce titre fait hon­neur à l’en­goue­ment sus­ci­té par­tout dans le monde par ce qui est de­ve­nu un phé­no­mène dont on s’ex­plique en­core mal la rai­son. « La po­pu­la­ri­té de mes ro­mans reste in­ex­pli­cable, c’est un mys­tère ab­so­lu », a d’ailleurs dit l’au­teure de cette sa­ga, Ste­phe­nie Meyer, lors d’une confé­rence de presse te­nue sa­me­di der­nier dans un chic hô­tel de Be­ver­ly Hills.

Jus­qu’à pré­sent, les quatre tomes de la sé­rie to­ta­lisent 17 mil­lions d’exem­plaires ven­dus de­puis la pa­ru­tion, en 2005, du pre­mier titre, Twi­light, et les droits d’adap­ta­tion ont été ven­dus dans 37 pays.

Une com­pa­rai­son plu­tôt dis­cu­table as­so­cie l’ef­fet de Twi­light à ce­lui de la fran­chise Har­ryPot­ter, mal­gré l’énorme écart entre les ventes : les sept tomes de Har­ryPot­ter ont gé­né­ré des ventes de 400 mil­lions d’exem­plaires et les films, 4,5 mil­liards de dol­lars aux gui­chets.

VENT DE FO­LIE

Sans faire de grosses vagues, Twi­light a conquis pe­tit à pe­tit, entre 2005 et 2008, un au­di­toire consti­tué en ma­jeure par­tie d’ado­les­centes de 12 à 15 ans, avant de su­bi­te­ment se trans­for­mer en vé­ri­table twi­light­ma­nie, en juillet.

C’étai­tàSanDie­go,lors­de­la­foi­reCo­micCon,un­fes­ti­val­réu­nis­sant­de­fa­na­ti­que­sa­ma­teurs­de­su­per­hé­ros­des­co­mic­books,de­sillu­mi­nés­parS­tarWar­setS­tarT­re­ket,pour­la première­fois,des­grou­pies­deT­wi­light.Àla sur­pri­se­des­pro­duc­teurs­du­film,plusde5000 per­sonnes,de­sa­do­les­cen­te­sen­lar­me­sac­com­pa­gnées­de­mè­re­sen­pâ­moi­son,ont­prisd’as­saut­le­par­ter­re­duCen­tre­des­con­grès.

«Ça m’a fait pen­ser à l’hys­té­rie qu’avaient pro­vo­quée les Beatles à l’époque, a dit un jour­na­liste ca­li­for­nien qui avait as­sis­té à l’évé­ne­ment. L’ac­teur Ro­bert Pat­tin­son, qui in­carne le beau vam­pire Ed­ward Cul­len, n’avait qu’à bou­ger la tête ou à bou­ger sur sa chaise pour que tout ce monde se mette à hur­ler. »

LES VAM­PIRES DU XXIe SIÈCLE

Au cas où vous ne le sau­riez pas en­core, Twi­light ra­conte l’his­toire d’Isa­bel­la Swan (Bel­la), une jeune fille de 17 ans qui va vivre avec son père, po­li­cier dans une pe­tite mu­ni­ci­pa­li­té ru­rale de l’État de Wa­shing­ton, sur la côte Ouest.

Au lieu de l’en­nui qu’elle croit y vivre, elle trouve l’amour sous les traits li­vides d’Ed­ward Cul­len, un très beau gar­çon qui a ce­ci de par­ti­cu­lier : Ed­ward, 17 ans, est un vam­pire, tout comme ses deux frères, ses deux soeurs et ses pa­rents.

Les Cul­len se dis­tinguent net­te­ment dans la gé­néa­lo­gie tra­di­tion­nelle du vam­pi­risme. Ce sont des vam­pires qui se pré­tendent vé­gé­ta­riens, qui s’abreuvent seule­ment du sang d’ani­maux — leur den­ti­tion est dé­pour­vue de crocs —, qui ne dorment ni ne mangent ja­mais. La lu­mière du jour ne les af­fecte pas, pas plus que l’ail ou un cru­ci­fix.

Quand Bel­la ap­prend que son bel Ed­ward a du vam­pire dans les veines et qu’il a en réa­li­té 109 ans, elle est trop amou­reuse pour re­cu­ler, quitte à y lais- ser sa der­nière goutte de sang.

Les vam­pires de la ré­gion ne sont hé­las pas tous aus­si nobles que ceux du clan Cul­len. Trois spé­ci­mens vrai­ment as­soif­fés de sang hu­main, des vam­pires no­mades à temps plein, sèment la mort dans la com­mu­nau­té et l’af­fron­te­ment entre les deux branches gé­néa­lo­giques place Bel­la au coeur du drame et la confronte à la mort.

TRANS­FU­SION

Du sang jeune com­pose cette distribution d’ac­teurs pro­met­teurs. « Je ne vou­lais pas de jeunes ve­dettes de la té­lé­vi­sion et celles du ci­né­ma ayant l’âge re­quis pour le film – de 17 à 21 ans – avaient été re­cru­tées pour jouer dans HighS­choolMu­si­cal, dit la réa­li­sa­trice Ca­the­rine Hard­wicke. Il m’a fal­lu une heure pour sa­voir que Kris­ten Ste­wart (Bel­la) et Ro­bert Pat­tin­son (Ed­ward) étaient faits l’un pour l’autre… et pour moi. »

Leur au­di­tion s’est dé­rou­lée ron­de­ment et d’une ma­nière plu­tôt in­usi­tée. « Je les ai in­vi­tés chez moi, c’était leur pre­mière ren­contre et, au bout d’une heure, je leur ai de­man­dé de pas­ser à la chambre pour une scène in­time. Oh qu’ils vont bien en­semble! »

L’his­toire est à suivre. Pour qu’il y ait une adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique du deuxième ro­man, Ten­ta­tion ( N ew Moon ), Twi­light:la­fas­ci­na­tion doit amas­ser plus de 150 mil­lions de dol­lars aux gui­chets.Une trans­fu­sion qui se fe­ra dans la règle de l’art : pour les fa­na­tiques de Twi­light, ça veut dire avec le mors aux dents.

PHOTOS LE JOUR­NAL

1. Kris­ten Ste­wart et Ro­bert Pat­tin­son in­carnent les Ro­méo et Ju­liette des temps mo­dernes (Bel­la et Ed­ward) dans le drame fan­tas­tique Twi­light : la fas­ci­na­tion). 2. Ils ont l’air hip et cool, mais il ne faut pas faire confiance à James, Laurent et Vic­to­ria (Cam Gi­gan­det, Edi Ga­the­gi et Ra­chelle Le­fèvre), les trois vam­pires no­mades et san­gui­naires qui croquent dans la vie... des autres. 3. L’amour pas­sion, les yeux dans les yeux. Kris­ten Ste­wart et Ro­bert Pat­tin­son vivent un mo­ment in­tense dans cette scène de La fas­ci­na­tion. Le film prend l’af­fiche le 21 no­vembre. 4. La Mont­réa­laise Ra­chelle Le­fevre in­carne la vam­pire Vic­to­ria, qui se­ra ap­pe­lée à jouer un rôle do­mi­nant dans les pro­chains épi­sodes.

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