TROPLONGET BEAUCOUPTROPGENTIL

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

LE FILM Le film As­té­rixetO­bé­lix:mis­sionC­léo­pâtre, d’Alain Cha­bat (sor­ti en 2002), avait réus­si un ex­ploit rare pour une co­mé­die fran­çaise : sé­duire au­tant le pu­blic que la cri­tique. Le pro­blème, c’est qu’Al­bert Uder­zo, le des­si­na­teur et le créa­teur (avec Gos­cin­ny) de la cé­lèbre BD, n’était pas du même avis. Il au­rait même dé­tes­té le film. C’est pour­quoi il a mis un frein à l’adap­ta­tion que pré­pa­rait Gé­rard Ju­gnot de l’al­bum As­té­rixenHis­pa­nie – et qui al­lait ap­pa­rem­ment dans le même sens que l’écla­té et ir­ré­vé­ren­cieux Mis­sionC­léo­pâtre.

Se­lon le sou­hait d’Uder­zo, ce troi­sième film, une su­per­pro­duc­tion de 120 mil­lions de dol­lars (le deuxième bud­get en im­por­tance de l’his­toire du ci­né­ma fran­çais) réa­li­sée par Fré­dé­ric Fo­res­tier et Tho­mas Lang­mann, est en fait plu­tôt dans le ton (très fa­mi­lial) du pre­mier As­té­rix ( As­té­rixet Obé­lix­con­treCé­sar), réa­li­sé en 1999 par Claude Zi­di : en­fan­tin, gen­til et sans grande sur­prise. Bref, spec­ta­cu­laire et di­ver­tis­sant, mais fran­che­ment dé­ce­vant.

Adap­té­très­li­bre­ment­del’al­bum­du­mê­me­titre,pa­ruen1968, As­té­rixauxJeuxo­lym­piques suit­le­sa­ven­tu­res­du­cé­lè­bre­pe­titGau­loisà­la mous­ta­che­blonde(cam­pé­cet­te­fois­parC­lo­vis Cor­nillac,qui­prend­le­re­lais­deCh­ris­tianC­la­vier)aux­pre­miersJeux,àA­thènes.

As­té­rix est ac­com­pa­gné, bien sûr, de son fi­dèle com­pa­gnon Obé­lix (Gé­rard De­par­dieu), mais aus­si d’un nou­veau ve­nu, Ala­fo­lix (le Qué­bé­cois Sté­phane Rousseau), grand Gau­lois ro­man­tique et naïf créé spé­cia­le­ment pour le film. Ala­fo­lix est en ef­fet amou­reux fou de la prin­cesse grecque Iri­na (Va­nes­sa Hess­ler) et doit rem­por­ter les Jeux olym­piques s’il veut ga­gner sa main.

L’en­nui, c’est que la belle Iri­na a été pro­mise à l’in­sup­por­table Bru­tus (Be­noît Poel­voorde), le cé­lèbre fils de l’em­pe­reur ro­main Jules Cé­sar (Alain De­lon). Pour dé­ter­mi­ner qui se­ra l’heu­reux élu, les deux pré­ten­dants de­vront s’af­fron­ter dans les dif­fé­rentes dis­ci­plines des Jeux.

Sté­phane Rousseau a donc un rôle de pre­mier plan dans cette nou­velle aven­ture d’As­té­rix, mais un rôle très in­grat mal­heu­reu­se­ment pour lui (et pour nous). Coin­cé dans son cos­tume du bel amou­reux prêt à tout pour conqué­rir sa belle, le Qué­bé­cois est en bien mau­vaise po­si­tion pour mon­trer ses ta­lents d’ac­teur et de co­mique (son per­son­nage n’a que très peu de gags).

En fait, Rousseau et tous les autres Gau­lois du film se font vo­ler la ve­dette par le Belge Be­noît Poel­voorde, dé­li­rant et ex­plo­sif dans la peau d’un Bru­tus ra­té et tri­cheur. Même s’il en met par­fois un peu trop, il est res­pon­sable – avec De­lon, très drôle dans une pa­ro­die de lui-même – de nos rares éclats de rire. Mais il faut le dire, la plu­part des gags de ce film vrai­ment trop long et beau­coup trop gen­til tombent vrai­ment à plat.

Si­non, il faut dire que Gé­rard De­par­dieu est tou­jours aus­si sa­vou­reux en Obé­lix, mais on ne le voit mal­heu­reu­se­ment pas as­sez sou­vent. Quant à Clo­vis Cor­nillac, di­sons que même si son in­ter­pré­ta­tion est plus proche du vrai As­té­rix, on s’en­nuie sou­vent du ca­bo­tin Ch­ris­tian Cla­vier. LES SUPPLÉMENTS Le DVD com­prend deux disques et donc une bonne quan­ti­té de bo­nis comme un ma­kin­gof qui nous amène sur l’im­pres­sion­nant pla­teau de tour­nage du film à Ali­cante, en Es­pagne. Éga­le­ment au me­nu : des en­tre­vues avec les spor­tifs qui ap­pa­raissent dans le film (Zi­né­dine Zi­dane, Mi­chael Schu­ma­cher, Amé­lie Mauresmo, etc.), un bê­ti­sier, des re­por­tages sur les cos­tumes et les dé­cors, ain­si qu’une pré­sen­ta­tion des per­son­nages.

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