LEFILSVEUTRAJUSTERLETIR

L’au­to­bio­gra­phie­deJac­quesMes­rine, L’ins­tinctde mort, pa­rueen1977,est­de­ve­nuein­trou­vable.Son­fils, Bru­no,aréus­siàen­fai­reu­ne­réé­di­tion.De­pas­sa­geà Mon­tréal,vil­leoù­son­pè­rea­vé­cuet­qu’ilai­mait par­ti­cu­liè­re­ment,il­ra­mè­ne­des­pa­ges­de­la­lé­gende.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LECTURE - Ma­nonGuil­bert LeJour­nal

Cette ré­édi­tion a été lan­cée en France quelques se­maines avant la pre­mière du film très at­ten­du de Jean-Fran­çois Ri­chet. À l’af­fiche en France de­puis le 22 oc­tobre, le film en deux vo­lets a re­joint, de­puis cette date, 1 500 000 spec­ta­teurs. Le deuxième vo­let se­ra à l’af­fiche le 19 no­vembre.

Bru­no Mes­rine as­sure que son père, qu’il a peu connu, au­rait ai­mé être écri­vain. De sa pri­son, il a mis un an à ra­con­ter sa vie. Ce livre-confes­sion de l’en­ne­mi pu­blic nu­mé­ro un ne se trou­vait plus que sur In­ter­net à des prix mi­ro­bo­lants ou sur les quais de Paris chez les bou­qui­nistes. Bru­no Mes­rine a eu en­vie de re­don­ner cette pièce d’an­tho­lo­gie aux lec­teurs des an­nées 2000.

VIO­LENCE

« J’au­rais ai­mé aus­si être conseiller pour la pro­duc­tion du film, re­grette Bru­no. Il y a beau­coup de vio­lence dans ces deux longs mé­trages. Mon père était un gang­ster, mais pas un meur­trier. Il n’a ja­mais été ac­cu­sé de meurtre. On a ou­blié son cô­té ma­riolle et bon en­fant. C’est dom­mage. » « Vincent Cas­sel en Mes­rine joue le rôle de sa vie », re­con­naît-il ce­pen­dant…

Les pro­duc­teurs du film ont vou­lu s’ap­pro­prier le ma­nus­crit et ré­édi­ter eux-mêmes la bio­gra­phie. En pro­po­sant une po­chette où on voit l’ac­teur Vincent Cas­sel le vi­sage en­san­glan­té et dans une pose chris­tique, ils n’ont que pro­vo­qué la rage de Bru­no, qui a lui-même trou­vé un éditeur. C’est Jacques Mes­rine que l’on voit donc sur la page cou­ver­ture.

« Elle est belle, dit-il. Cette photo parle d’elle-même, elle est très sym­bo­lique. C’est le vi­sage de Mes­rine le so­li­taire, sou­riant. Elle évoque un cer­tain res­pect. »

Bru­noMes­ri­nea­cru­long­temps—c’est­du­moins­ce­qu’on lui af­fir­mait en­fant — que son père était mort. Il ne l’a connu plus tard qu’à tra­vers les grillages du par­loir de la pri­son. Ils ont pour­tant te­nu une cor­res­pon­dance as­si­due.

« Je ne suis pas fas­ci­né par mon père, se dé­fend-il, c’est un grand bon­homme. Il a eu un vé­cu in­croyable. SaintExu­pé­ry, Zor­ro, Mar­tin Lu­ther King m’im­pres­sionnent aus­si. Je suis le fils de Mes­rine. Je ne suis pas le fils de Car­los ou de ben La­den, je dé­fends mon père parce qu’il est dé­fen­dable. »

LA JUS­TICE

« Je n’ar­rê­te­rai pas, dit-il. Se­lon la jus­tice fran­çaise, il n’a pas été as­sas­si­né. Celle-ci a si­gné un non-lieu en 2004 et il ne reste plus qu’à al­ler dans une ins­tance su­pé­rieure à la Cour eu­ro­péenne de jus­tice. C’est une ques­tion de prin­cipe que de vou­loir la vé­ri­té sur sa mort. »

L’ins­tinct­de­mort a été ré­édi­té sans qu’on change une vir­gule, un mot du texte ori­gi­nal. Pour sa part, Bru­no Mes­rine tra­vaille de­puis 16 ans sur un do­cu­ment qui met­tra en lu­mière cha­cun des évé­ne­ments de la vie de son cé­lèbre père.

De­puis 1992, il mène une car­rière bien rem­plie comme ma­gi­cien, dont 65 dif­fé­rents pays re­con­naissent la par­ti­cu­la­ri­té. Il se targue aus­si d’avoir été le plus jeune pi­lote d’hé­li­co­ptère de l’Avia­tion fran­çaise.

« J’au­rais pu être le fils de mon­sieur Du­pont, mais je suis le fils de Jacques Mes­rine. Je n’y peux rien. Dans le trou qu’a creu­sé l’ab­sence de mon père, Mer­lin l’En­chan­teur est ve­nu me cher­cher. Il a com­blé mes manques. J’ai peu rê­vé dans mon en­fance. La ma­gie me per­met de don­ner ce que je n’ai pas re­çu. »

L ’in s tin c t d e

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o r t, Jacques Mes­rine, Flam­ma­rion

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