ISA­BEL RI­CHER LA SOR­CIÈRE

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - – Maxime Demers

Comment ré­agit-on quand on se fait of­frir le rôle d’une sor­cière? « Ce n’est pas tant quand j’ai ap­pris que j’al­lais jouer une sor­cière mais plus quand j’ai vu Vincent-Guillaume la pre­mière fois que j’ai frea­ké. J’ai fait le saut en voyant que c’était un homme et non pas un en­fant. C’est la pre­mière fois que je joue la mère d’un adulte. J’ai sou­vent joué des mères, mais des mères de pe­tits en­fants. Tout de suite en sor­tant de l’école, on m’a même mis des en­fants dans les bras et on m’a don­né des rôles de mère très vite.

« Mais comme c’est un conte, Luc avait dé­ci­dé de ne pas s’em­bour­ber dans les his­toires de vieillis­se­ment et que ce n’était pas grave s’il y avait seule­ment une di­zaine d’an­nées de dif­fé­rence entre moi et Vincent-Guillaume. Ça m’a fait peur aus­si parce j’avais peur de ne pas trou­ver le bon sen­ti­ment ma­ter­nel du per- son­nage. Être ma­ter­nelle avec un jeune en­fant, ce n’est pas dif­fi­cile. Mais avec un homme, c’est une autre his­toire. Sauf que Vin­centGuillaume était tel­le­ment cré­dible dans le rôle. Dès la pre­mière scène, t’as le goût de le pro­té­ger. »

C’est rare au Qué­bec que les ac­teurs ont la chance de jouer dans des films fan­tas­tiques…

« Oui, et c’est vrai­ment trip­pant. Ça donne l’im­pres­sion qu’on brise les conven­tions. La pre­mière fois que j’ai eu cette im­pres­sion, c’est quand j’ai joué dans la sé­rie fan­tas­ti­queG­rande Ourse. C’est rare qu’on se re­trouve dans quelque chose d’aus­si dif­fé­rent et ori­gi­nal. »

C’est rare aus­si qu’un film qué­bé­cois ait au­tant d’ef­fets spé­ciaux. Plu­sieurs scènes ont d’ailleurs été tour­nées sur un fond d’écran bleu au­quel ont été ajou­tées les images par la suite. Est-ce dif­fi­cile de tra­vailler avec des ob­jets qui n’existent pas en­core?

« Oui et non; au théâtre, on le fait tel­le­ment sou­vent. Le qua­trième mur n’existe pas. On est ha­bi­tués de tra­vailler avec notre ima­gi­na­tion. Mais c’était très sur­réa­liste par mo­ments. Il fal­lait nous voir crier en choeur de­vant une balle de ten­nis dans la­quelle on de­vait en fait voir une im­mense bête. On a eu quelques fous rires mé­mo­rables… »

Qu’est-ce qui vous touche dans les contes de Fred Pel­le­rin?

« Au-de­là de son ima­gi­naire et de sa fa­çon de ra­con­ter, il y a Fred lui-même. J’ai l’im­pres­sion qu’il pour­rait ra­con­ter le bot­tin de té­lé­phone et que ça se­rait pas­sion­nant. Mais moi, ce qui me re­joint par­ti­cu­liè­re­ment, c’est son rap­port à son vil­lage et aux sou­ve­nirs des gens de son vil­lage qu’il ra­conte dans ses contes. La va­leur de ces sou­ve­nirs-là me touche énor­mé­ment. »

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