∫ VINCENT-GUILLAUME OTIS BA­BINE, LE FOU DU VIL­LAGE

Luc Pi­card a pas­sé en au­di­tion plu­sieurs ac­teurs avant de trou­ver son Ba­bine. Il a fi­na­le­ment choi­si Vincent-Guillaume Otis, « parce qu’il est ar­ri­vé avec une pro­po­si­tion dif­fé­rente et ori­gi­nale ».

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - – Maxime Demers

« Quand tu au­di­tionnes pour le fou du vil­lage, tu peux ar­ri­ver avec toutes sortes de pro­po­si­tions », ob­serve Pi­card.

« Mais Vincent-Guillaume était vrai et dif­fé­rent. Il avait un air bla­sé, presque désa­gréable, mais tou­chant en même temps. J’ai trou­vé ça très juste et très éco­nome. D’ailleurs, Ba­bine avait plus de ré­pliques au dé­but dans le scé­na­rio. On en a en­le­vé pas mal parce que chaque fois qu’il par­lait, je trou­vais qu’il tra­his­sait quelque chose. »

Vincent-Guillaume Otis ad­met pour­tant ne pas s’être pré­pa­ré outre me­sure pour cette au­di­tion.

« Je connais­sais dé­jà l’uni­vers de Fred Pel­le­rin et j’ai re­lu les contes sur Ba­bine, mais si­non j’y suis al­lé sur­tout par ins­tinct, ex­plique l’ac­teur, qu’on a vu ré­cem­ment dans les films Le­dé­ser­teur et Ce­qu’il faut­pour­vivre.

« J’ai été ap­pe­lé à cô­toyer sou­vent dans ma vie des dé­fi­cients in­tel­lec­tuels et je me suis ins­pi­ré de ces ex­pé­riences pour me pré­pa­rer pour l’au­di­tion. Puis quand j’ai dé­cro­ché le rôle, j’ai ap­pro­fon­di mes re­cherches en al­lant voir le show de Fred (Pel­le­rin) et en re­voyant de grandes per­for­mances d’ac­teurs dans ce genre de rôles (comme Dus­tin Hoff­man dans Rain­Man ou Sean Penn dans IAmSam).

« Mais le plus im­por­tant était d’es­sayer de re­trou­ver l’en­fant en moi. Car Ba­bine est un grand en­fant. »

On le sait, Ba­bine a dé­jà vrai­ment exis­té. Il s’ap­pe­lait Ro­ger La­fre­nière et il est dé­cé­dé en 2001.

« C’est un homme qui a mar­qué le vil­lage de SaintÉ­lie-de-Cax­ton, alors c’est sûr que je vou­lais lui rendre hom­mage. En même temps, c’est un per­son­nage lit­té­raire et il y a un cô­té de moi qui vou­lait res­ter dans la lé­gende. J’ai donc dé­ci­dé d’y al­ler avec ce que je pen­sais et de ne pas trop al­ler cher­cher d’in­for­ma­tions sur le vrai Ba­bine.

« Mais c’est sûr que les gens du vil­lage m’en par­laient chaque fois que je les voyais. À la confé­rence de presse l’an pas­sé à Saint-Élie, il y a beau­coup de gens qui sont ve­nus me voir pour me par­ler de Ro­ger La­fre­nière. Et pen­dant le tour­nage, les fi­gu­rants du vil­lage aus­si m’en par­laient entre chaque prise. C’est quand même très ins­pi­rant pour le rôle. »

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