RE­NÉ RI­CHARD CYR MÉO LE BAR­BIER

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - – Maxime Demers

Est-ce vrai que vous n’avez pas eu à pas­ser d’au­di­tion pour ce rôle?

« Oui, et je me compte pas mal chan­ceux! Luc m’a ap­pe­lé pour me dire qu’il voyait juste moi pour le rôle. Je lui ai de­man­dé c’était quoi, ce rôle. Il m’a ré­pon­du : un coif­feur. Moi qui ai fait beau­coup d’ho­mo­sexuels et tra­ve­los, ça m’a fait peur et j’ai dit : oh­non,pa­sen­core! Mais il m’a pré­ci­sé que c’était un bar­bier et qu’il était tou­jours saoul. Ça fai­sait toute la dif­fé­rence…

« Puis quand j’ai lu le texte, je me suis de­man­dé en­core pour­quoi il avait pen­sé à moi. Qu’estce qu’il voyait en moi là-de­dans? Même quand j’ai vu le film la pre­mière fois, je suis sor­ti en me po­sant en­core la même ques­tion. Mais le plus drôle, c’est que j’y ai cru en voyant le film. J’ai ou­blié que c’était moi tel­le­ment c’était dif­fé­rent de tout ce que j’ai joué avant. »

Comment aborde-t-on un per­son­nage comme Méo, un bar­bier un peu sur­réa­liste et tou­jours pom­pette?

« Je n’ai pas vou­lu trop en mettre. Quel­qu’un qui boit tou­jours, ça fi­nit par pa­raître moins. Et pour qu’on y croie, que ça reste vrai, il ne fal­lait pas jouer trop gros ou trop ap­puyé. Mais c’est drôle, à cer­tains mo­ments, j’avais l’im­pres­sion de jouer dans Les Bel­lesHis­toi­res­desPays-d’en­Haut. Et il y avait cette langue-là qui est une langue ex­tra­or­di­naire à par­ler et qui est rem­plie de belles ex­pres­sions. C’est bien écrit, bien tour­né. C’était as­sez fa­cile à in­ter­pré­ter. »

C’est votre pre­mier rôle au ci­né­ma de­puis un pe­tit mo­ment, non?

« J’ai fait quelques pe­tits rôles les dix der­nières an­nées, mais la plu­part ont été cou­pés au mon­tage. J’ai re­fu­sé quelques trucs aus­si parce que c’était des per- son­nages d’ho­mo­sexuels que j’avais dé­jà faits. Pour Méo, j’étais content, je voyais là la pos­si­bi­li­té de faire autre chose. Et il n’y a pas que moi qui ai eu cette chance dans le film de Luc (Pi­card). Je trouve son cas­ting au­da­cieux. »

De plus en plus de met­teurs en scène de théâtre se tournent vers la réa­li­sa­tion. À quand votre pre­mier long mé­trage? « C’est un tout autre mé­tier, mais je ne dis pas non. J’ai dé­jà eu quelques offres et j’ai dé­jà réa­li­sé pour la té­lé. Mais le ci­né­ma, c’est tel­le­ment long! Si je dé­cide de mon­ter une pièce de théâtre, un an après c’est fait. En ci­né­ma, il faut être pa­tient. Al­ler de­man­der l’ar­gent à la SODEC, à Té­lé­film, at­tendre les ré­ponses… Il a aus­si trou­vé la bonne af­faire. Il ne faut pas ac­cep­ter n’im­porte quoi juste pour faire du ci­né­ma. »

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