WALL-E

Le Journal de Quebec - Weekend - - DVD -

LE FILM Wall-E, nou­velle réa­li­sa­tion des créa­teurs de His­toi­rede jouets,Trou­verNe­mo, Mons­te­rinc. et Ra­ta­touille, est plus qu’un di­ver­tis­se­ment fa­mi­lial réus­si. C’est un bon film, point. Un film d’ani­ma­tion in­ven­tif, poé­tique, drôle, tou­chant et d’une beau­té à cou­per le souffle.

Wall-E nous trans­porte dans un fu­tur éloi­gné, lorsque notre Terre est dé­ser­tée de­puis quelque 700 an­nées par ses ha­bi­tants, les hu­mains. Ces der­niers, tous de­ve­nus obèses à force de ne pas faire d’exer­cice phy­sique, vivent dé­sor­mais dans un gi­gan­tesque vais­seau spa­tial qui erre dans la ga­laxie sans des­ti­na­tion pré­cise.

C’est clair tout en étant sub­til : les Ter­riens ont quit­té leur pla­nète à cause des pro­blèmes de pol­lu­tion. Les dé­chets y sont em­pi­lés les uns par-des­sus les autres, pre­nant même la forme de gratte-ciel. Une image sai­sis­sante, sou­li­gnons-le.

Au mi­lieu de ces grandes tours, un pe­tit ro­bot tra­vaille seul à com­pac­ter et à em­pi­ler ces dé­chets. C’est Wall-E. Ou­blié sur Terre il y a 700 ans, ce pe­tit ro­bot ro­man­tique, so­li­taire et cu­rieux pour­suit vaillam­ment le tra- vail pour le­quel il a été pro­gram­mé, avant de re­tour­ner le soir dans son pe­tit re­paire, où il col­lec­tionne des ob­jets rares trou­vés ici et là. Il est ap­pa­rem­ment le seul «ha­bi­tant» res­tant sur la Terre avec son seul ami, une gen­tille pe­tite co­que­relle.

Or, la rou­tine de Wall-E chan­ge­ra du tout au tout le jour où une jo­lie pe­tite ro­bote blanche, plus mo­derne que lui, pré­nom­mée Eve fe­ra ir­rup­tion dans sa vie. Eve a été en­voyée sur Terre pour son­der toute trace de vie. Il n’en fau­dra pas plus pour que notre char­mant et tou­chant pe­tit ro­bot de­vienne amou­reux. Aus­si, quand Eve se­ra ré­cu­pé­rée par un vais­seau spa­tial, Wall-E n’hé­si­te­ra pas une se­conde à se lan­cer à ses trousses, à ses risques et pé­rils…

Aus­si éton­nant (et au­da­cieux!) que ce­la puisse pa­raître, Wall-E est donc une belle et tou­chante his­toire d’amour entre deux pe­tits ro­bots. Le réa­li­sa­teur, An­drew Stan­ton, a réus­si à rendre le hé­ros de son film ex­pres­sif et at­ta­chant, ex­ploit re­mar­quable quand on pense qu’il s’agit en fait d’un ro­bot com­pac­teur de dé­chets.

L’autre coup de maître de Stan­ton est d’avoir réus­si à ra­con­ter son his­toire sans dia­logues ou presque. Le réa­li­sa­teur a uti- li­sé les vieux trucs du ci­né­ma muet (il dit d’ailleurs s’être ins­pi­ré des vieux films de Char­lie Cha­plin et de Bus­ter Kea­ton) pour re­don­ner à l’image tout son pou­voir nar­ra­tif et évo­ca­teur. Il a si­gné du coup un film d’ani­ma­tion ado­rable, ma­jes­tueux et très beau. Un des plus beaux films de l’an­née, sans au­cun doute. LES SUPPLÉMENTS La ver­sion simple du DVD (in­cluant un seul disque) com­prend quand même quelques ex­tra in­té­res­sants, dont les com­men­taires au­dio du réa­li­sa­teur An­drew Stan­ton, quelques scènes sup­pri­mées au mon­tage fi­nal, un do­cu­men­taire sur la concep­tion so­nore du film (qui est gé­niale) et deux courts mé­trages de Pixar: Pres­to, pré­sen­té en salle avant Wall-E, et Burn-E, ins­pi­ré d’un autre per­son­nage de ro­bot aper­çu dans Wall-E.

Ceux qui vou­dront en sa­voir da­van­tage sur la concep­tion de Wall-E peuvent se ra­battre sur la ver­sion spé­ciale du DVD (in­cluant trois disques), qui pro­pose beau­coup plus de suppléments, dont trois courts mé­trages sup­plé­men­taires de Pixar, plu­sieurs ma­king­sof sur les cou­lisses de la créa­tion du film et un do­cu­men­taire sur l’his­toire de Pixar.

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