Le fan­tas­tique se mêle à la phi­lo­so­phie

ChezF­lam­ma­rion,onuse d’au­dace,pour le plus grand plai­sir de l’au­teur Pierre Billon, qui­voit­son­ro­manDansle se­cret­des­dieux édi­té en deux dif­fé­ren­tes­ver­sions­des­ti­née­saux­jeu­ne­sa­dul­te­set auxa­dultes.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LECTURE - Ma­non Guil­bert Le Jour­nal

Pierre Billon est l’au­teur de L’en­fant­du5 e Nord et de L’ul­ti­meal­liance. Il est aus­si le scé­na­riste d’Un hom­meet­son­pé­ché et de Nou­velle-France. Né en Suisse, il a choi­si de s’ins­tal­ler au Qué­bec il y a 46 ans. Entre l’écri­ture de scé­na­rio et ses propres pro­jets lit­té­raires, il tente de plus en plus de pri­vi­lé­gier sa créa­tion. Dans le der­nier de ses ro­mans, Dans­le­se­cret­des­dieux, il pour­suit dans la fou­lée amor­cée avec L’ul­time alliance.

«C’est une lec­ture qui de­mande une at­ten­tion par­ti­cu­lière, dit-il. C’est une ré­flexion sur l’his­toire. Il semble, et c’est do­cu­men­té par des rap­ports mé­di­caux, qu’une per­sonne sur 25 en­tende des voix dans sa tête. Des cen­taines d’ar­ticles et de té­moi­gnages s’at­tardent à cette ques­tion. Ce qui est tout à fait surprenant, c’est que la plu­part des gens qui souffrent de ce syn­drome ne jugent pas né­ces­saire de consul­ter un mé­de­cin. Je suis par­ti de cette ob­ser­va­tion pour par­ler d’un ju­meau dans le cer­veau. »

Pierre Billon a donc vu sa fibre créa­trice sti­mu­lée par ces don­nées plu­tôt étonnantes.

«Je suis alors en­tré dans la fic­tion, dit-il. En par­tant du prin­cipe de l’évo­lu­tion de la conscience qui, dit-on, se­rait ar­ri­vée tar­di­ve­ment chez l’être hu­main. Dans l’An­ti­qui­té, il est fré­quent qu’on parle de voix qui se ma­ni­festent. Le cer­veau a deux lobes qui se

«Le par­cours est aty­pique, re­con­naît Pierre Billon, qui se ré­jouit que son his­toire puisse at­ti­rer d’un cô­té les grands ado­les­cents de 16 à 20 ans et, de l’autre, les adultes. L’his­toire, conti­nue-t-il, est com­plexe et rem­plie de no­tions scien­ti­fiques.

«On a vou­lu rendre ça ac­ces­sible en trou­vant le ton juste, en évi­tant les mots à la mode qui meurent très vite, pour gar­der l’es­sen­tiel, une op­tique et une fa­çon de voir la vie avec des cer­ti­tudes et une cer­taine fra­gi­li­té.»

DU CI­NÉ­MA AU RO­MAN

se­raient re­joints plus tard et c’est ce qu’on ap­pelle la conscience. À l’ap­pa­ri­tion de l’écri­ture, les voix dans la tête se sont faites plus rares. C’est sur cette idée que j’ai bâ­ti mon ro­man.»

Pierre Billon a ima­gi­né l’exis­tence des sym­biotes qui ha­bitent le cer­veau à toutes les heures de l’éveil et du som­meil. Ce pou­voir sur l’es­pèce hu­maine peut se confondre avec l’in­ter­ven­tion de Dieu.

«J’ai joué avec un cer­tain plai­sir avec ces no­tions. Quand on part du prin­cipe que la Bible est d’abord et avant tout une oeuvre lit­té­raire, tout s’ex­plique quand on y fait en­trer la pos­si­bi­li­té de l’exis­tence des sym­biotes. Ceux-ci agissent sur le cer­veau comme un ef­fet pla­ce­bo.»

SANS FOND

«L’in­tel­li­gence hu­maine, re­con­naît-il, me fas­cine par toutes ses pos­si­bi­li­tés. C’est as­sez ex­tra­or­di­naire. Sous le cou­vert de la fic­tion, je me per­mets de ra­con­ter des his­toires. Tout est pos­sible.»

Le fan­tas­tique se mêle à la phi­lo­so­phie, la ré­flexion comme mo­dèle de vie qui en­globe la condi­tion hu­maine. Pierre Billon ex­plore l’idée du double qui a ins­pi­ré plu­sieurs ro­man­ciers et ci­néastes avant lui. Le fi­lon s’avère sans fond. D a n s le s e c ret d e s d ie u x Pierre Billon, Flam­ma­rion

PHOTO LE JOUR­NAL – YVAN TREM­BLAY

PHOTO LE JOUR­NAL – PA­BLO DU­RANT

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