LI­BER­TÉ D’EX­PRES­SION

Que fait-on après avoir ven­du 12 mil­lions d’exem­plaires d’un disque du­rant les an­nées de pi­ra­tage que sont les an­nées 2000? On en fait un autre en se di­sant ad­vienne que pour­ra. C’est ce qu’a fait James Blunt. Et ce­la lui a bien réus­si.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - JAMES BLUNT Philippe Rez­zo­ni­co

Le Bri­tan­nique qui a fait cha­vi­rer le monde de la pop en 2004 et en 2005 avec le disque Back­toBed­lam et la chan­son You’reBeau­ti­ful sa­vait qu’il ne pour­rait ja­mais ré­pé­ter un tel ex­ploit. Sous son ap­pa­rence d’adulte un peu bo­hème, Blunt de­meure un An­glais. Et un Brit, c’est prag­ma­tique. Sur­tout quand il a été mi­li­taire dans une mis­sion de paix au Ko­so­vo.

C’est la rai­son pour la­quelle il n’en a fait qu’à sa tête pour All­theLostSouls. Si les chiffres n’ap­prochent pas les ventes hal­lu­ci­nantes de Back­to Bed­lam, une cer­ti­fi­ca­tion qua­druple pla­tine en un an au Ca­na­da (plus de 160000 exem­plaires) et des ventes mon­diales de 3,4 mil­lions doivent être consi­dé­rées comme un suc­cès in­dé­niable.

«Fran­che­ment, ça ne m’in­té­resse pas, ce genre de débat», lance Blunt, presque aga­cé, quand on lui fait re­mar­quer qu’il a su évi­ter la guigne qui s’acharne sur bien des ar­tistes avec leur deuxième disque.

«J’ai fait le disque que j’avais en­vie de faire, de la fa­çon dont je vou­lais le faire. Je suis in­ca­pable de faire de la mu­sique en la ba­sant sur une forme de com­pé­ti­ti­vi­té. Les deux al­bums, je les vois comme deux en­fants que j’aime au­tant l’un que l’autre. Sur un plan ar­tis­tique, je pense que j’ai évo­lué avec All­theLostSouls, qui me per­met une plus grande li­ber­té d’ex­pres­sion sur scène.»

TOU­JOURS PLUS

Sur scène, il est vrai que les com­po­si­tions de All theLostSouls re­ven­diquent une en­ve­loppe so­nore plus char­gée et va­gue­ment nos­tal­gique. Ce­la per­met à Blunt d’en­ro­ber pour le mieux. Ceux qui ont vu son spec­tacle du 26 fé­vrier ont pu no­ter que sa per­for­mance scé­nique était plus étof­fée que lors de sa tour­née de club, en 2005.

«Et c’est en­core plus vrai pour ce que vous al­lez voir dans quelques jours, as­sure-t-il. La tour­née a vrai­ment évo­lué, comme si les chan­sons ne de­man­daient pas mieux. D’ailleurs, la scène est un en­droit qui me per­met de mon­trer une fa­cette de moi­même qu’on ne voit pas vrai­ment ailleurs.»

Tou­jours so­cia­le­ment en­ga­gé en dé­pit de son ho­raire mu­si­cal char­gé, Blunt per­çoit l’évé­ne­ment par ex­cel­lence de 2008 (l’élec­tion de Ba­rak Oba­ma à la pré­si­dence amé­ri­caine) comme un pas com­mun et col­lec­tif dans la bonne di­rec­tion.

«Au-de­là des dé­bats par­ti­sans, je pense que c’est une fa­çon de re­con­naître les pro­blèmes qui nous touchent le plus: le ré­chauf­fe­ment pla­né­taire et l’ef­fon­dre­ment de l’éco­no­mie.»

James Blunt, au Co­li­sée Pep­si, le 30 no­vembre.

PHOTO D’ARCHIVES – ALAIN DÉ­CA­RIE

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