Ma­jes­tueux arbre de vie

Avec son tronc ven­tru et im­po­sant, son bran­chage mas­sif et dé­gin­gan­dé, il fas­cine les tou­ristes. Es­seu­lé ou élé­ment d’une vé­ri­table fo­rêt, il trône au mi­lieu des terres se­mi-arides tro­pi­cales afri­caines. Son nom vient de l’arabe. Le bao­bab re­pré­sente pour

Le Journal de Quebec - Weekend - - VOYAGES - Paul Si­mier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Le dia­mètre du bao­bab at­teint jus­qu’à six mètres, sa cir­con­fé­rence jus­qu’à une ving­taine de mètres et sa hau­teur, une tren­taine de mètres. Il est do­té d’une lon­gé­vi­té sans pa­reille dans un mi­lieu na­tu­rel sou­vent dif­fi­cile. Chaque com­po­sante de cet arbre ma­jes­tueux, qui peut vivre plu­sieurs siècles, a sa fonction, pro­cu­rant aux po­pu­la­tions qui le cô­toient de quoi man­ger et boire, et bien d’autres bien­faits en­core.

DES ALI­MENTS MUL­TIPLES

Cueillies avant même qu’elles ne tombent, les feuilles du bao­bab sont uti­li­sées dans la com­po­si­tion de sauces qui ac­com­pagnent les plats à base de mil, de sor­gho, de ma­nioc ou d’igname.

On les em­ploie fraîches dès la cueillette, ou sé­chées le reste de l’an­née. Les feuilles du bao­bab consti­tuent éga­le­ment un four­rage pour le bé­tail, bo­vins, ovins et ca­prins, en sai­son sèche.

Pré­pa­rées en dé­coc­tion, les feuilles du bao­bab ont, de plus, des ver­tus mé­di­ci­nales, per­met­tant de soi­gner la fièvre et les crises de pa­lu­disme. La fleur du bao­bab se consomme éga­le­ment. Crue, elle a un goût de frian­dise.

Le fruit, que l’on ap­pelle com­mu­né­ment « pain de singe », de forme al­lon­gée, est ap­pré­cié pour sa pulpe. Sé­chée, cette pulpe sert à fa­bri­quer du jus.

La pulpe du bao­bab trouve aus­si un usage dans la mé­de­cine tra­di­tion­nelle. Elle a des ef­fets dans le trai­te­ment de co­liques, de l’asthme, des vers et du ra­chi­tisme. Le pain de singe est en par­ti­cu­lier riche en vi­ta­mines B1 et C.

Les graines du bao­bab contiennent 15 % de ma­tières grasses et beau­coup de pro­téines. L’huile est uti­li­sée dans l’alimentation.

Une fois sé­ché et per­cé de pe­tits trous, le fruit sert aus­si d’ins­tru­ment de mu­sique.

UNARBREÀTOUTFAIRE

Dans cer­tains pays de la zone sa­hé­lienne afri­caine, chaque fa­mille pos­sède son bao­bab. À la base du tronc, on ex­trait des fibres qui servent à fa­bri­quer des cor­dages, des nattes ou des cor­beilles.

Très spon­gieux, le bois du bao­bab peut ab­sor­ber des quan­ti­tés phé­no­mé­nales d’eau. Par contre, cette tex­ture en fait un mau­vais bois de chauffe.

Mort, le bois de bao­bab est brû­lé pour ser­vir d’en­grais. La cendre, riche en po­tasse, est aus­si uti­li­sée dans la co­lo­ra­tion de tis­sus à l’in­di­go ou en­core dans la fa­bri­ca­tion de sa­von.

En pre­nant de l’âge, le tronc de bao­bab de­vient fa­ci­le­ment creux, for­mant alors à mi­hau­teur de vé­ri­tables grottes. Ces ca­vi­tés étaient tra­di­tion­nel­le­ment uti­li­sées par cer­taines peu­plades comme lieux de sé­pul­ture.

On ne s’étonne donc pas, en voya­geant en Afrique sub­sa­ha­rienne, de consta­ter tout le res­pect que l’on porte à cet arbre sé­cu­laire qui, trô­nant au centre des villages, fait en pre­mier lieu usage d’arbre à palabres.

PHOTOS LE JOUR­NAL

1. La ré­colte des dattes dans une pal­me­raie en Égypte. 2. De beaux ré­gimes de dattes tu­ni­siennes. 3. Le fruit du bao­bab est ap­pe­lé « pain de singe ». 4. Un beau bao­bab au pays Do­gon, au Mali. 5. La pal­me­raie de N’kob, dans la ré­gion d’Ouar­za­zate, au Ma­roc.

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