Bai­gné par l’At­lan­tique

AGA­DIR, Ma­roc – La même mer baigne nos pro­vinces ma­ri­times et Aga­dir, la ci­té bal­néaire de tous les conforts. Le mot aga­dir, dont la pro­ve­nance est in­cer­taine, est d’ori­gine ber­bère et si­gni­fie « gre­nier col­lec­tif ».

Le Journal de Quebec - Weekend - - VOYAGES - Jean-Paul Syl­vain Le Jour­nal

La ville, dé­truite en 1960 par un ter­rible trem­ble­ment de terre, est ul­tra­mo­derne. Quatre-vingt pour cent des construc­tions avaient été anéan­ties par le séisme. On a re­cons­truit cette ville.

Les tou­ristes eu­ro­péens y af­fluent en Mer­cedes, tout au­tant qu’à l’aide d’un moyen de lo­co­mo­tion fort ori­gi­nal, le dro­ma­daire. On trouve aus­si à Aga­dir une pe­tite co­lo­nie qué­bé­coise de gens de chez nous, qui pré­fèrent pas­ser l'hi­ver en Afrique du Nord plu­tôt que chez nos voi­sins du Sud. L’exo­tisme y est ga­ran­ti et la nour­ri­ture, 100 fois meilleure. Un am­bi­tieux plan d’amé­na­ge­ment adop­té en 1960 consacre de­puis 50 ans le tou­risme comme ac­ti­vi­té prin­ci­pale de la ville, grâce à ses ca­rac­té­ris­tiques cli­ma­tiques.

Les prin­ci­paux hô­tels et les clubs se sont im­plan­tés dans la par­tie nord-est, en re­la­tion avec le bord de la mer, sur le bou­le­vard Mo­ha­med V. La ver­dure et les plan­ta­tions d’arbres avoi­sinent les ma­gni­fiques parcs et les plages à proxi­mi­té, bai­gnant dans l’At­lan­tique dont les grosses vagues écument bai­gneurs et sur­feurs.

CA­FÉS BAL­NÉAIRES

La plage re­pré­sente le centre d’at­trac­tion prin­ci­pal d’Aga­dir. Ca­fés bal­néaires, hô­tels bi­gar­rés, pa­laces de luxe, pa­ra­sols co­lo­rés, paillotes mul­ti­co­lores… On y voit aus­si des couples qui se prennent la main et évitent les re­gards des lous­tics.

En­di­man­chés, des dro­ma­daires at­tendent de trans­por­ter des tou­ristes aven­tu­reux. En fait, à ma connais­sance – moi qui ai ten­té l’aven­ture maintes fois – un dro­ma­daire se conduit plus ai­sé­ment qu’un che­val. Seule­ment, on est ju­ché plus haut et si on tombe – ça ne m’est pas en­core ar­ri­vé –, c’est dans le sable. La chute est donc sans dan­ger et sans dom­mage, sauf pour son amour-propre. Le soir illu­mine cette « strip » d’Aga­dir qu’est le bou­le­vard Mo­ha­med V, avec ses mar­chands de sou­ve­nirs et de glaces.

Aga­dir, la sta­tion bal­néaire, ré­vèle alors tout son charme. La mu­sique fuse de toutes parts des hô­tels. Les ca­fés s’animent, les ca­ba­rets et dis­co­thèques se rem­plissent. On y cause, on y danse. Un p’tit thé à la menthe, avec ça?

Le mar­ché cen­tral, à proxi­mi­té de la plage, ac­cueille ba­dauds et pro­me­neurs. À cô­té de bacs d’épices et de fruits, les ar­ti­sans ex­posent tex­tiles et cuirs re­nom­més. Po­te­ries et cuivres gar­nissent les murs ou jonchent le sol. Les étals croulent sous les fruits et lé­gumes. Le Ma­roc est le gre­nier de l’Eu­rope. Une suite sans fin de ba­zars. Le rêve à por­tée de la main. Pour le plai­sir des yeux et, pour les gol­feurs, le plai­sir du jeu!

Avec plus de cinq mil­lions d’ha­bi­tants, Ca­sa­blan­ca (« mai­son blanche »), en face de l’océan At­lan­tique et à en­vi­ron 80 ki­lo­mètres de la ca­pi­tale, Ra­bat, est la plus grande ville du Ma­roc.

La Mé­ra­na est un vaste jar­din d’oli­viers à en­vi­ron 45 mi­nutes de marche de la place Ja­maâ El Fna. Au coeur de ce su­perbe jar­din, un grand bas­sin au pied d’un pa­villon sert de ré­ser­voir d’eau pour ir­ri­guer les cultures. Le bas­sin est ali­men­té en eau grâce à un sys­tème hy­drau­lique vieux de 700 ans, qui ache­mine le pré­cieux li­quide de­puis les mon­tagnes du Haut At­las, à 30 km de Mar­ra­kech. Ce bas­sin per­met no­tam­ment l’ir­ri­ga­tion de l’oli­ve­raie. Cet en­droit pai­sible, à l’écart du tu­multe de la ville, de­meure un coin pri­vi­lé­gié pour les pro­me­nades.

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