La­ma­chine à re­mon­ter le­temps

Pour Syl­vain Cos­sette, mais aus­si la rude école de la vie. Pierre O. Nadeau

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉS -

De­puis un an, il fait salle comble par­tout avec son spec­tacle 70s. À la cen­taine de re­pré­sen­ta­tions dé­jà of­fertes sui­vront une autre cen­taine au cours de la pro­chaine an­née.

Ce voyage dans le temps lui re­mé­more son propre pas­sé, aus­si loin­tain que sa pre­mière pres­ta­tion à la po­ly­va­lente de Grand-Mère, qui a fait bas­cu­ler sa vie, de son propre aveu. « J’étais alors un étu­diant très ti­mide, qui lon­geait les murs et qui pas­sait in­aper­çu. Je ne po­gnais pas avec les filles. Mais après ce pre­mier spec­tacle (avec un groupe de cinq jeunes mu­si­ciens qui in­ter­pré­taient sur­tout les Beatles), ma vie a chan­gé du jour au len­de­main. L’in­con­nu que j’étais est de­ve­nu la pe­tite ve­dette de son école. Les gens me prê­taient en­fin at­ten­tion, et j’ai en­fin connu ma pre­mière blonde... »

DIX AN­NÉES DANS LES BARS

En­cou­ra­gé par cet ac­cueil po­pu­laire qui a eu pour ef­fet de lui don­ner confiance, Syl­vain Cos­sette fonde le groupe Pa­ra­dox, qui re­prend les grands clas­siques an­glo­phones de groupes po­pu­laires tels que Styx, Led Zep­pe­lin et Queen.

« On ne chô­mait pas; on tra­vaillait comme des ma­lades. C’est une époque où j’ai vieilli plus vite que mon temps », lance-t-il en riant et en se re­mé­mo­rant ses 10 an­nées dans les bars, no­tam­ment dans la ré­gion de Qué­bec. « Je me sou­viens qu’on en­chaî­nait 12 soirs de suite au Vieux Chêne, à Lé­vis. Après une seule jour­née de congé, on se ta­pait 14 soirs d’af­fi­lée au Da­go­bert. Il fal­lait tout faire nous­mêmes : conduire le ca­mion, le vi­der, mon­ter et dé­mon­ter les ins­tru­ments. Sou­vent, à 10 mi­nutes de com­men­cer un show, on avait en­core les mains sales. On of­frait trois sets de 50 mi­nutes, si bien qu’on quit­tait sou­vent le bar à 3 h du ma­tin, pour nous re­trou­ver dans des chambres d’hô­tel qui n’avaient rien du Ritz... »

« Dans la fu­mée et le bruit, c’était l’en­fer, et tel­le­ment éprou­vant pour la voix et la forme phy­sique. C’était une école tough... »

RE­VE­NIR À QUÉ­BEC

« On re­ve­nait au Da­go­bert quatre ou cinq fois par an­née, ce qui fait que j’ai dé­ve­lop­pé des liens très étroits avec la ville de Qué­bec. Pour moi, c’est un vrai bon­heur que d’y re­ve­nir pour un mois et de chan­ter dans la mer­veilleuse salle du Ca­pi­tole .»

Au­jourd’hui, Syl­vain Cos­sette sa­voure ses condi­tions de tra­vail, qui sont net­te­ment amé­lio­rées. « J’ai des gens qui s’oc­cupent de tout; il y en a même un qui ac­corde ma gui­tare. Je dis­pose d’un ca­mion de 53 pieds. Tout ce que j’ai à faire, c’est chan­ter. C’est mer­veilleux de pou­voir se concen­trer seule­ment sur sa per­for­mance », se ré­jouit-il.

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