« Claude est un ga­min de 76 ans » — Marie-Jo­sée Mi­chaud

Guil­bert Pour évi­ter que les bio­gra­phies non au­to­ri­sées pul­lulent sur le mar­ché, pour em­pê­cher qu’on in­ter­prète n’im­porte comment le par­cours ar­tis­tique et sa vie, Claude Lé­veillée a eu re­cours à Marie-Jo­sée Mi­chaud.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LECTURE -

« Je ne suis pas là pour ré­gler des comptes, dit-elle. Je ne suis pas là non plus pour déi­fier le per­son­nage. Lé­veillée est un per­son­nage, un ar­tiste unique dans sa ca­té­go­rie. C’est un être pas­sion­né et émo­tif. Entre nous, il existe une ami­tié pro­fonde. »

Marie-Jo­sée Mi­chaud était, elle le rap­pelle, re­pré­sen­tante dans une en­tre­prise de meubles de jar­din. Claude Lé­veillée était ve­nu y ma­ga­si­ner quelques fau­teuils lorsque Marie-Jo­sée a fait sa ren­contre.

« Je lui ai fait voir mes écrits et j’avais com­po­sé les vers d’une chan­son dont j’avais la mé­lo­die en tête. C’est ain­si que cette ami­tié est née. Il m’a de­man­dé plus tard d’écrire sa bio­gra­phie », ré­sume-t-elle som­mai­re­ment.

LE SO­LEIL

« Je suis un peu comme Pé­gase, di­telle. Ça ré­chauffe de se rap­pro­cher du so­leil. C’est bien­fai­sant, mais aus­si il y a un risque de se brû­ler les ailes! Tra­vailler au­près de Claude Lé­veillée n’est pas de tout re­pos. C’est in­tense! »

Claude Lé­veillée avait re­fu­sé plu­sieurs fois les ap­pren­tis bio­graphes. Il avait be­soin d’une to­tale confiance pour s’aban­don­ner aux con­fi­dences qui nour­rissent ce ré­cit surprenant, où Marie-Jo­sée Mi­chaud dé­voile de grands évé­ne­ments de la vie de son men­tor.

« Il me de­man­dait une grande po­ly­va­lence. De­puis son ACV, ses de­mandes sont plus grandes. C’est dif­fi­cile pour lui. »

L’HOMME PU­BLIC ET PRI­VÉ

La bio­graphe s’est at­tar­dée, cette fois, à la ma­tu­ri­té de l’homme, de l’ar­tiste qu’on avait vu dans le pre­mier tome de son oeuvre comme un jeune homme bai­gné dans le ca­tho­li­cisme, en­tou­ré d’une fa­mille re­li­gieuse.

« Il sui­vait la règle, dit-elle. Il vi­vait tel­le­ment dans ce car­can qu’il a été pu­ceau jus­qu’à 27 ans. C’est tout ça que j’aborde dans ce livre. Lé­veillée s’est ma­rié quatre fois, sans par­ler des femmes qu’il a ai­mées entre cha­cun de ses ma­riages. Il vi­vait ses amours de fa­çon très in­tense avec de grands élans du coeur, cher­chant l’amour ab­so­lu et une femme avec qui il vou­lait, chaque fois, vivre pen­dant toute sa vie. »

Marie-Jo­sée Mi­chaud aborde « son » Lé­veillée de cette fa­çon, met­tant en lu­mière des par­ties moins connues de sa vie. Elle y parle de son fils Pas­cal, mort à 20 ans, d’un ar­rêt car­diaque au dire des au­to­ri­tés. Elle rap­pelle que Lé­veillée avait été aus­si la cible d’un meur­trier. Elle fait le tour des gens qu’il a ai­més et qui, cha­cun à leur fa­çon, res­ti­tuent leurs sou­ve­nirs.

CA­SA­NIER

Claude Lé­veillée ha­bite tou­jours sa mai­son à la cam­pagne. Bien qu’il ait fait le tour du monde. il n’ai­mait pas s’éloi­gner de son antre, n’ap­pré­ciait ni les voyages, ni les sor­ties en ville au théâtre ou au ci­né­ma.

« Claude est un ga­min, com­men­tet-elle en re­pre­nant ses pa­roles. Il a ar­rê­té l’hor­loge lors­qu’il avait sept ans et a conser­vé sa pu­re­té d’en­fant. À 76 ans, la san­té amo­chée par deux ac­ci­dents car­dio-vas­cu­laires, il n’a pas chan­gé d’un io­ta. »

En guise de bul­le­tin de san­té, Marie-Jo­sée Mi­chaud se borne à dire que son état est stable. « Il parle, il gueule, il fait des blagues. Il a des pro­jets et ses hu­meurs va­rient se­lon les jour­nées, les bonnes et les moins bonnes. » L é v e illé e tome 2, Marie-Jo­sée Mi­chaud, Art glo­bal

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.