Un­conte pour tous

Nom­bre­de­ta­bleaux­sem­blent­char­gés de­mys­tère,commes’ils­ca­chaient­tout unu­ni­vers­der­riè­reeux.Sans­sa­voir qu’el­leen­fe­rai­tun­jour­le­per­son­nage cen­tral­du­con­teMa­rio­net­le­bout­du monde,l’au­teu­reet­co­mé­dienne Fran­ci­neRue­laf­fir­mea­voi­ré­té trou­blée,ilya­dé­jà­quel­que­san­nées, par

Le Journal de Quebec - Weekend - - LECTURE -

« Quand je l’ai vue, je suis lit­té­ra­le­ment tom­bée en amour avec cette fillette qui avait en­core toutes ses ron­deurs d’en­fant», dit l’au­teure au bout du fil. Aus­si, quand le Muséenationaldesbeaux-artsduQuébec (MNBAQ)luia­de­man­déd’écri­reun­conte ins­pi­ré des oeuvres de Marc-Au­rèle deFoy Su­zor-Cô­té, in­cons­ciem­ment, elle sa­vait que la fillette en fe­rait par­tie.

Ma­rio­net­le­bout­du­monde, c’est l’his­toire d’une pe­tite fille de neuf ans qui rêve de dé­cou­vrir ce qui se passe au bout de l’ho­ri­zon. Mal­heu­reu­se­ment, ni ses pa­rents ni ses quatre frères, trop af­fai­rés par le tra­vail à la ferme, n’ont le temps de ré­pondre à ses ques­tions. Tou­te­fois, sa mère a de­puis long­temps­com­pris­que­sa­pe­ti­teMa­rion «n’est pas beau­coup at­ta­chée à la terre d’ici» et est dis­po­sée à l’ai­der à trou­ver le che­min qui l’amè­ne­ra là où la lu­mière est dif­fé­rente.

«C’est le deuxième conte que j’écris pour le MNBAQ et je dois dire que c’est un dé­fi as­sez ex­cep­tion­nel. Ce n’est pas simple au dé­part, parce qu’on nous donne la pos­si­bi­li­té de fouiller par­mi toutes les oeuvres de l’ar­tiste de fa­çon à pou­voir in­té­grer des images au ré­cit. On es­père tout le temps pou­voir par­ler de tout, mais j’ai com­pris avec le pre­mier conte, L’en­fant­dansles arbres, ins­pi­ré de l’oeuvre de Marc-Au­rèle Fortin et pu­blié en 2002, que ce n’est pas pos­sible», ajoute l’au­teure.

«Le Mu­sée nous en­voie toutes les pos­si­bi­li­tés et, dans le cas de Su­zor-Cô­té, le choix était vaste parce qu’il y avait des toiles, des gra­vures, des sculp­tures… Je passe des se­maines là-de­dans, pour ne pas dire des mois, à re­gar­der les illustrations, à les chan­ger de place pour ar­ri­ver à construire mon his­toire. Dans ce cas-ci, c’était plus fa­cile, parce que j’étais tom­bée en amour avec la pe­tite Pas­tou­relle lors d’une vi­site auMNBAQ,ilya­quel­que­san­nées.Elle m’a ser­vi d’amorce, mais je de­vais trou­ver tous les autres élé­ments de mon conte.

«De­plus,la­lu­miè­reest­trè­sim­por­tante dans les toiles de Su­zor-Cô­té, elle trans­forme les co­lo­ris des pay­sages. D’ailleurs, c’est en­re­gar­dant­ses­ta­bleaux­quej’ai­cons­ta­té que les gens chics étaient tous très droits, tan­dis que ceux qui tra­vaillaient fort étaient tous­pen­chés.C’est­com­me­ça­quej’aieul’idée de créer­la fa­mil­leD­roi­teet la fa­mille Pen­chée»,ra­con­teF­ran­ci­neRuel,tou­ten ajou­tant qu’elle n’écrit pas pour les en­fants, mais­plu­tô­tun­con­te­pour­tous.

IDÉE DE GÉ­NIE

Ma­rio­net­le­bout­du­monde est le 11e conte de la col­lec­tion pour en­fants, pu­bliée par le MNBAQ. L’au­teure consi- dère très dom­mage le fait que cette sé­rie ne soit pas plus connue. «Je trouve que c’est une idée de gé­nie d’avoir fait ça. Ça amène les gens à s’ap­pro­cher pour dé­cou­vrir le re­gard de quel­qu’un d’autre. Au­tant ce­lui du peintre que ce­lui de l’au­teur. »

Fran­cine Ruel se­ra d’ailleurs de pas­sage à l’au­di­to­rium du MNBAQ, demain, à 14 h, pour lire des ex­traits de son conte et dé­di­ca­cer le livre, ma­gni­fi­que­ment illus­tré il va sans dire, à tous ceux qui le dé­si­rent. On peut se le pro­cu­rer à la bou­tique du mu­sée et dans toutes les bonnes li­brai­ries. Por­te­pa­role pour le pro­gramme de dé­pis­tage du cancer du sein, l’au­teure et co­mé­dienne ori­gi­naire de Qué­bec a ani­mé, hier, le Té­lé­thon pour le dé­pis­tage du cancer dans l’est du Qué­bec, en di­rect de Rimouski.

Elle par­tage ac­tuel­le­ment son temps entre l’écri­ture de son troi­sième ro­man qui de­vrait «en prin­cipe» sor­tir au prin­temps, la coé­cri­ture d’un pro­jet de co­mé­die pour la té­lé­vi­sion de Ra­dio-Ca­na­da et l’en­sei­gne­ment dans un ate­lier d’écri­ture à Bi­shop.

PHOTO LES ARCHIVES

Au dé­part, Fran­cine Ruel dit écrire un conte pour tous. «Il faut le ra­con­ter aux tout-pe­tits, mais ra­pi­de­ment, les jeunes sont en me­sure de le lire seuls.»

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