En pas­sant par le Sa­lon

L’un des pre­miers livres que le jeune ama­teur de vin que j’étais, au dé­but des an­nées quatre-vingt, a ache­tés a été L’at­las mon­dial du vin, du mas­ter of wine bri­tan­nique Hugh John­son.

Le Journal de Quebec - Weekend - - GOURMANDISES -

À cette époque bé­nie où, avec des amis, on ar­ro­sait co­pieu­se­ment nos ham­bur­gers de Châ­teau d’An­glu­det 1980, Mar­gaux, à 15 $ la bou­teille (le mil­lé­sime 2004 coûte au­jourd’hui 39,50 $ à la SAQ), on y ré­flé­chis­sait deux fois, si­non trois, avant de dé­bour­ser les 53 $ que coû­tait le fa­meux at­las de Hugh John­son.

Mais avec sa car­to­gra­phie dé­taillée et ri­gou­reuse, ses pré­sen­ta­tions simples mais in­tel­li­gentes des grandes ré­gions vi­ti­coles du monde, à com­men­cer par la France bien évi­dem­ment, c’était un livre in­con­tour­nable qui, du reste, l’est de­meu­ré.

Sauf er­reur, un seul autre at­las du genre a été pu­blié de­puis et c’est ce­lui d’Oz Clark, en 1995 (chez Ha­chette en fran­çais).

Ce­lui-ci n’a ja­mais fait l’ob­jet, à ma connais­sance, d’une mise à jour, con­trai­re­ment à ce­lui de Hugh John­son chez Flam­ma­rion qui, de­puis la pre­mière pa­ru­tion du livre en fran­çais, en 1971, en est au­jourd’hui à sa sixième édi­tion, comme je l’ai consta­té en me pro­me­nant le wee­kend der­nier au Sa­lon du livre de Mon­tréal.

Mais il faut sa­voir que de­puis l’édi­tion 2001, alors que l’at­las a fait l’ob­jet d’une ré­vi­sion com­plète, Hugh John­son co­signe dé­sor­mais l’ou­vrage avec cet autre grand­mas­ter of­wine bri­tan­nique qu’est Jan­cis Ro­bin­son.

Bref, cette sixième édi­tion gagne en­core en pro­fon­deur, parce qu’elle compte une cin­quan­taine de pages sup­plé­men­taires.

Quant au prix, toutes pro­por­tions gar­dées, il est res­té plus sage que la plu­part des grands bor­deaux.

Et puis­qu’on parle de Hugh John­son, im­pos­sible éga­le­ment de ne pas te­nir compte de la 30e édi­tion de sonGuide des­vins­du­mon­deen­tier.

Pour l’ama­teur de vin qui voyage, ce pe­tit guide de poche reste en­core ce qu’il y a de plus pra­tique à consul­ter quand on veut rap­por­ter à la mai­son de bonnes bou­teilles et qu’on ne veut pas se trom­per ni sur le mil­lé­sime, ni sur la no­to­rié­té d’une ap­pel­la­tion, ni sur la ré­pu­ta­tion d’un pro­duc­teur.

Par ailleurs, l’ama­teur qui ne veut pas s’en­com­brer d’une pléiade de livres sur le vin, pré­fé­rant gar­der ses sous pour ache­ter de bonnes bou­teilles, mais vou­lant tout de même avoir quelques bons livres de ré­fé­rence gé­né­rale sur le vin, fe­ra son bon­heur avecLe Pe­titLa­rous­sedes vins, qui en est à sa deuxième édi­tion.

C’est le genre de livre qui, en 950 pages, dans un for­mat pra­tique et avec une pré­sen­ta­tion at­trayante, es­saie de faire le tour com­plet de la ques­tion (la dé­gus­ta­tion, le vin à la table, l’achat du vin, comment bien mon­ter une cave,

RE­COM­MAN­DA­TIONS

Je ne sais pas, vous, mais moi, la lec­ture, ça me donne soif. Voi­ci quelques bou­teilles pour bien pas­ser la se­maine et agré­men­ter ses séances de lec­ture. Char­don­nay – Ries­ling 2007, South Eas­tern Aus­tra­lia, Lit­tle Penguin (11,35 $) : d’ac­cord, j’en connais plu­sieurs qui se­ront re­bu­tés par le nom, qui sonne « grosse ca­va­le­rie », par la bou­teille, qui est en plas­tique, et par la cap­sule à vis (ah! la cap­sule à vis!). Ils au­ront tout faux. C’est vrai que c’est là un vin conçu pour plaire au plus grand nombre, mais c’est fran­che­ment réus­si. Le nez, avec ses notes flo­rales, est fort jo­li­ment aro­ma­ti­sé par le ries­ling, tan­dis que la bouche est joyeuse, moel­leuse certes, mais sans lour­deur, af­fi­chant même, au contraire, une belle vi­va­ci­té. Un très bel apé­ro, en plus d’ac­com­pa­gner par­fai­te­ment et sans chi­chi la cui­sine asia­tique. Ries­ling 2006 Hu­gel, Al­sace (17,80 $) : c’est vrai que 2006 n’est pas un très bon mil­lé­sime en Al­sace. Pour­tant, ce ries­ling est re­mar­qua­ble­ment réus­si. Pour­quoi? Tout­sim­ple­ment­par­ce­que­chezHu­gel,ona

L ’a tla s m o n d ia l du v in , Hugh John­son et Jan­cis Ro­bin­son, Flam­ma­rion, 89,95 $. ven­du en vrac pra­ti­que­ment tout ce qui ser­vait nor­ma­le­ment à éla­bo­rer sa cu­vée de base, uti­li­sant plu­tôt les rai­sins al­lant ha­bi­tuel­le­ment dans le­ries­lin­ghaut­de­gam­me­de­la­mai­son (Hu­gel n’a pas pro­duit de Cu­vée Ju­bi­lee en 2006).

Ré­sul­tat : ce ries­ling 2006 est fait en bonne par­tie avec des rai­sins du grand cru Scho­ne­nen­bourg. Mi­né­ral et flo­ral, gras et élé­gant, d’une pu­re­té d’ex­pres­sion exem­plaire, ce ries­ling est, comme je le di­sais, ex­cep­tion­nel­le­ment bon en 2006. Ca­ber­net-Merlot Dan Ay­kroyd 2006, Dis­co­ve­ry Se­ries, Nia­ga­ra (16,95 $) : hon­nê­te­ment, j’ai eu du plai­sir à boire ce vin qui pro­vient du vi­gnoble du co­mé­dien (oui, c’est bien ce­lui des BluesB­ro­thers), à La­ke­view, en On­ta­rio. Tout plein de pe­tits fruits comme la ce­rise, il est ai­mable et gou­leyant comme un beau­jo­lais. Ça se boit sans se po­ser de ques­tion et sans qu’on re­grette non plus ce qu’il y a dans le verre. Bour­gogne Pi­not noir 2006, Jean-Claude Bois­set (23,95 $) : vrai­ment très réus­si que ce pi­not noir frais et joyeux, avec ces beaux arômes de fraises (et une nuance de vio­lettes à l’aé­ra­tion), ré­vé­lant en bouche un fruit d’une belle pu­re­té. Une vraie bou­teille de plai­sir. Ou, comme di­rait l’autre, je vous rends votre ar­gent.

G u id e des v in s du m onde e n tie r 2 0 0 9 , Hugh John­son, Flam­ma­rion, 34,95 $.

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