Le­pre­mier­rô­tid’Emi­lia

Elle est fi­na­le­ment ar­ri­vée par­mi nous... Ce pe­tit être qui a gran­di dans le ventre de ma co­pine a dé­ci­dé qu’il était temps de sor­tir pour voir le monde.

Le Journal de Quebec - Weekend - - GOURMANDISES -

Tout au long de la gros­sesse, nous avions cru que la date pré­vue par les mé­de­cins était er­ro­née. Eh bien, les mé­de­cins avaient rai­son : Emi­lia est ar­ri­vée par­mi nous à la date dite, le 14 no­vembre. Tant mieux, ma fille est ponc­tuelle. Je dé­teste quand les gens sont en re­tard!

L’ex­ci­ta­tion de l’ac­cou­che­ment a été de courte du­rée. Tant mieux aus­si! Trois heures de contrac­tions, qua­rante-cinq mi­nutes de pous­sée et c’était fait. Notre pe­tit Scor­pion sor­tait prendre une bouf­fée d’air.

Nous avons quit­té l’hô­pi­tal di­manche. J’avais pré­vu une se­maine de congé com­plète, pour qu’Isa­belle puisse se re­po­ser et pour que nous puis­sions tous deux nous ajus­ter. Au re­tour, je me sen­tais tout drôle de conduire à 60 km/h sur l’au­to­route, parce que j’étais ner­veux.

Je n’ou­blie­rai ja­mais le mo­ment où je suis en­tré dans la mai­son. Il y avait dé­sor­mais quel­qu’un de plus par­mi nous. En comp­tant les deux chiens, nous étions main­te­nant cinq! Pour toute la se­maine, ma tâche a consis­té à te­nir ma fille dans mes bras (pour de longues mi­nutes), à la la­ver et à la chan­ger. Isa­belle, quant à elle, la nour­ris­sait aux trois heures.

Pour bri­ser cette belle rou­tine, nous avons re­çu la vi­site de toute la fa­mille et celle de nom­breux amis. La plus grande fan de ma fille est sans au­cun doute ma mère, Ele­na, qui nous a ren­du vi­site chaque ma­tin et qui nous a té­lé­pho­né chaque soir pour s’as­su­rer que tout al­lait bien. Cette se­maine oc­cu­pée mais tran­quille à la fois m’a per­mis de ré­flé­chir. J’en suis ve­nu à la conclu­sion que je n’existe pra­ti­que­ment plus et que tant que ma fille sait qui je suis, c’est par­fait ain­si.

Avec ce rythme de vie en in­ter­valles de trois heures, je n’ai eu que très peu de temps pour la cui­sine. Quand j’ai pu, j’ai cui­si­né des plats simples, en cal­cu­lant des restes pour le lunch du len­de­main. En cui­si­nant, j’ai beau­coup ai­mé pen­ser que les odeurs de cuisson ac­com­pa­gnaient ma pe­tite fille en­dor­mie pour qu’elle sache ce que son père fait dans la vie. Ciao (j’ai une couche à chan­ger)!

PHOTO LE JOUR­NAL – PIERRE-PAUL POU­LIN

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