LEQUÉBECÀL’AVANT-GARDE

Lun­di, à 22 heures pile, deux femmes se­ront à la tête des grands bul­le­tins de nou­velles de fin de soi­rée sur nos té­lé­vi­sions qué­bé­coises. Alors que Cé­line Galipeau fe­ra son en­trée au Té­lé­jour­nal de 22 heures à Ra­dio-Ca­na­da, So­phie Thi­bault conserve fi­dè

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

À L’IMAGE DE NOTRE SO­CIÉ­TÉ

Sommes-nous si avant-gar­distes à la té­lé­vi­sion qué­bé­coise? Oui, ré­pondent Cé­line Galipeau et So­phie Thi­bault.

« Je ne suis pas sûre qu’il y a vingt ans, on au­rait mis une femme à ce poste-là. C’est à l’image de notre so­cié­té. Il y a plus de femmes dans des postes d’im­por­tance. Ce qui n’était pas le cas quand j’ai com­men­cé à Ra­dio-Ca­na­da », dit Mme Galipeau.

Du coup, elle cite l’exemple de Kate Cou­ric, qui anime aux États-Unis le CBSE­ve­ning News. Ce bul­le­tin de nou­velles perd des té­lé­spec­ta­teurs de­puis que Mme Cou­ric en est la chef d’an­tenne.

« Les Amé­ri­cains pré­fèrent gar­der un homme à ce poste. La condi­tion des femmes au Qué­bec est avant-gar­diste par rap­port à d’autres pays. L’éga­li­té homme/femme est plus an­crée dans notre men­ta­li­té », dit-elle.

Même son de cloche du cô­té de Mme Thi­bault. « Il y a dix ans, on fai­sait des réunions de groupe et les gens ne vou­laient rien sa­voir des femmes comme chef d’an­tenne. Les hommes or­ga­ni­saient la vie pu­blique, alors c’étaient eux qui de­vaient nous la ra­con­ter le soir ve­nu à la té­lé », ex­plique-telle.

Se­lon elle, les Qué­bé­cois ap­pré­cient aus­si la nouveauté. « Au Qué­bec, on est des trip­peux. On aime le chan­ge­ment. Ça ne m’étonne pas que l’on soit les pre­miers à avoir au­tant de femmes de­ve­nues chef d’an­tenne », dit Mme Thi­bault.

C’est aus­si une ques­tion de gé­né­ra­tion. « Nous sommes des femmes qui avons com­men­cé à tra­vailler il y a 20 ou 25 ans. Nous sommes ren­dues à ani­mer des bul­le­tins de nou­velles. Nos pa­trons ont dé­ci­dé que nous étions ca­pables de faire cette jo­blà. Les cotes d’écoute té­moignent aus­si de l’ap­pré­cia­tion du pu­blic pour les femmes à l’écran », dit Mme Thi­bault, qui a 47 ans.

Mais il ne faut pas par­ler d’une ré­vo­lu­tion à la chef d’an­tenne So­phie Thi­bault, qui anime de­puis 2002. « On n’ar­rête pas d’en dis­cu­ter tel un débat entre les hommes et les femmes. Il faut plu­tôt par­ler de com­pé­tence des femmes », in­siste Mme Thi­bault.

« Si Cé­line Galipeau est ar­ri­vée là, c’est parce qu’elle pos­sède la com­pé­tence pour ce poste. »

Mais au­tant de femmes à la barre de bul­le­tins de nou­velles de fin de soi­rée, ça ne s’est ja­mais vu ailleurs qu’au Qué­bec. Si TQS dif­fu­sait en­core son GrandJournal de 22 heures, peut-être qu’Es­ther Bé­gin en se­rait tou­jours la chef d’an­tenne et qu’il y au­rait même trois femmes en ondes à 22 heures.

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