Vivre 20 heures avec les élé­phants

PARC DE NAZINGA, Bur­ki­na Fa­so – Sou­dain, alors que nous nous ache­mi­nions vers le cam­pe­ment du parc, ils sont ap­pa­rus à quelques di­zaines de mètres de la piste prin­ci­pale. Un bon groupe d’élé­phants se trou­vait là, que notre ar­ri­vée dé­ran­geait.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

L’un des pa­chy­dermes, ap­pa­rem­ment ce­lui qui se trou­vait de garde, s’est mis en de­voir de nous si­gni­fier que notre ar­ri­vée per­tur­bait la vie du pe­tit trou­peau.

Les oreilles bien ou­vertes en éven­tail, les dé­fenses bien dres­sées, la trompe bien en ac­tion, l’élé­phant s’est mis à char­ger en di­rec­tion de nos deux vé­hi­cules. Des cris d’ef­froi s’éle­vèrent du cô­té des in­trus que nous étions.

LA CHARGE DE L’ÉLÉ­PHANT

Une fois la peur se­mée dans nos rangs, la bête re­cu­la ra­pi­de­ment par­mi les siens. Mais comme nous nous at­tar­dions, l’élé­phant guet­teur ré­pé­ta son ma­nège de ma­nière en tous points sem­blable, avec le même ré­sul­tat de pa­nique par­mi cer­tains des hu­mains pré­sents.

Une fois de re­tour par­mi les siens, avec ses congé­nères, il se mit à croi­ser sa trompe, pre­nant comme une pos­ture de triomphe.

Nous ve­nions tout juste de re­par­tir qu’un autre trou­peau, en marche ce­lui-là, est ap­pa­ru tout près dans la sa­vane ar­bo­rée. Le temps de nous mettre quelque peu à l’écart et toute la fa­mille de pa­chy­dermes s’est mise à tra­ver­ser la piste, se dé­pla­çant en file.

Les élé­phants adultes pre­naient bien soin de te­nir de près les jeunes, par­fois même contre leurs flancs.

C’est avec ces images en tête que nous sommes ar­ri­vés au cam­pe­ment pour un sé­jour d’une ving­taine d’heures, qui al­lait être en­tiè­re­ment mar­qué par la pré­sence des élé­phants.

À PIED FACE AUX PA­CHY­DERMES

Le len­de­main, aux pre­mières heures du jour, les an­ti­lopes s’égayaient dans les clai­rières aux abords des points d’eau.

Puis, alors que le so­leil était dé­jà haut, au dé­tour de la piste est ap­pa­ru un trou­peau d’élé­phants, pai­si­ble­ment en train de s’ali­men­ter.

Écra­sant la vé­gé­ta­tion à chaque mou­ve­ment, ces mons­trueuses bêtes se nour­rissent du feuillage se trou­vant à leur por­tée. La trompe, conti­nuel­le­ment en ac­tion, leur sert à abais­ser les branches tant des ar­bustes que des arbres, à tordre et à ar­ra­cher celles-ci, et fi­na­le­ment à les por­ter à leur mâ­choire.

Plus tard, de re­tour au cam­pe­ment, Né­ti, mon guide, ayant eu vent de la pré­sence d’élé­phants aux abords de la mare, nous avons em­prun­té à pied la piste la plus di­recte me­nant à la berge.

Ils étaient là, deux élé­phants âgés. À une cin­quan­taine de mètres d’eux, en bou­geant le moins pos­sible, nous avons pu les ob­ser­ver tout à notre aise. De temps à autre, le plus ac­tif des deux pa­chy­dermes sem­blait tes­ter nos in­ten­tions, sans la moindre agres­si­vi­té tou­te­fois.

Puis, les élé­phants se sont en­ga­gés dans la mare pour ga­gner sur l’autre rive un en­droit va­seux où l’un d’eux se dou­cha conscien­cieu­se­ment d’eau boueuse, une fa­çon de se pro­té­ger contre les agressions des tiques et autres in­sectes pi­queurs.

Le spec­tacle que consti­tuait cet autre épi­sode dans la vie des élé­phants a du­ré une bonne heure.

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