LE TEMPS D’OSER

« C’est pas le temps d’être fri­leux; au contraire, faut fon­cer! » pro­clame Pierre Mar­chand, pré­sident du Groupe Archambault, ajou­tant : « Quand ça va pas bien, on a be­soin de quelque chose qui fait du bien. »

Le Journal de Quebec - Weekend - - CRISE ÉCONOMIQUE - Pierre O. Nadeau Le Jour­nal de Qué­bec

L’an­cien fon­da­teur de Mu­si­queP­lus et de Mu­siMax re­fuse d’en­dos­ser le ton alar­miste de ceux « qui se laissent pa­ra­ly­ser par la tem­pête an­non­cée ».

Le grand ma­ni­tou d’Archambault a plein de pro­jets pour 2009, des pro­jets d’ex­pan­sion pour le Qué­bec, mais aus­si pour le Ca­na­da an­glais et même pour la France.

« On est bien conscients que 2009 ne se­ra pas une an­née de crois­sance, mais il se­ra quand même pos­sible de faire de bonnes af­faires. Suf­fit de re­voir ses stra­té­gies… », in­siste le pa­tron de Groupe Archambault, qu’il iden­ti­fie comme « la chaîne ali­men­taire cultu­relle du Qué­bec ».

Archambault, c’est énorme. C’est beau­coup plus que ses 15 ma­ga­sins de vente au dé­tail de livres, de lo­gi­ciels, de DVD et de ma­ga­zines. Cette fi­liale de Que­be­cor Me­dia ac­ca­pare 60 % des ventes de CD et de DVD au Qué­bec. C’est aus­si Mu­si­cor, une des plus im­por­tantes mai­sons de disques, et Se­lect, un des plus im­por­tants dis­tri­bu­teurs de disques et de vi­déos au Ca­na­da. Se­lect dis­tri­bue 160 éti­quettes de disques.

COMME iTUNES

Archambault, ce se­ra aus­si, dès la fin de jan­vier, une bou­tique nu­mé­rique aux cou­leurs iTunes.

« Le ra­len­tis­se­ment éco­no­mique nous amène à être plus créa­tif, plus agres­sif », in­siste Pierre Mar­chand, qui pré­voit lan­cer une di­zaine de nou­veaux pro­duits dans les pro­chains mois, dont l’al­bum réunis­sant Mi­chel Le­grand et Ma­rio Pel­chat.

« En 2009, les gens se mon­tre­ront plus sé­lec­tifs; il faut in­ves­tir da­van­tage dans la mise en mar­ché. » Sur ces mots, Pierre Mar­chand nous ap­prend que le nou­vel al­bum de Noël de Marie-Élaine Thi­bert a été cer­ti­fié pla­tine (50 000 co­pies ven­dues) en à peine un mois. « Pour y ar­ri­ver, on a in­ves­ti au­tant dans la mise en mar­ché du pro­duit que sur son pro­ces­sus de créa­tion. C’est une nou­velle norme : main­te­nant, il faut in­ves­tir au­tant dans la pro­duc­tion d’un al­bum que dans sa mise en mar­ché. Ce­ci dit, ça ne nous a pas em­pê­ché d’of­frir un pro­duit de belle qua­li­té. »

OUI À LA RE­LÈVE

Et la re­lève dans tout ça? Pierre Mar­chand as­sure y croire dur comme fer, ci­tant le cas des Lost Fin­gers. « Si per­sonne n’y avait cru, si per­sonne n’avait osé ris­quer, ce sont 120 000 co­pies d’al­bum qui n’au­raient pas été ven­dues. »

« C’est faux de croire qu’en pé­riode de ra­len­tis­se­ment éco­no­mique, les gens se bercent seule­ment de nos­tal­gie; ils veulent aus­si du neuf. C’est à nous de leur en of­frir. Quand c’est bon, ils achètent, quitte à chan­ger leurs prio­ri­tés. Si le Canadien donne un bon show, les gens vont y al­ler. »

« Tout le monde me di­sait que j’al­lais me plan­ter avec le DVD de Cé­line sur les Plaines après la té­lé­dif­fu­sion du spec­tacle. Eh bien, on en a ven­dus plus de 100 000! »

« Tout ce qui peut tou­cher les gens, ça marche, et ça mar­che­ra tou­jours, beau temps, mau­vais temps », ter­mine ce­lui qui a ame­né le spec­tacle de Paul McCart­ney à la té­lé.

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