LA TÉ­LÉ­VI­SION GÉ­NÉ­RA­LISTE AUX AGUETS

Le Journal de Quebec - Weekend - - CRISE ÉCONOMIQUE -

Le mi­lieu de la té­lé est sur le qui-vive, car sa sur­vie passe par le mar­ché pu­bli­ci­taire, qui su­bit dé­jà les contre­coups de la ré­ces­sion amé­ri­caine.

Le dé­fi pour 2009 des té­lés gé­né­ra­listes : conti­nuer de pro­duire des émis­sions de qua­li­té… mais à coût moindre.

« Dé­jà, à l’au­tomne, on a sen­ti l’ef­fet de la ré­ces­sion aux États-Unis. Le mar­ché pu­bli­ci­taire est de­ve­nu fri­leux. Les fa­bri­cants d’au­to­mo­biles sont de gros an­non­ceurs à la té­lé », illustre Ni­cole Tar­dif, porte-pa­role de TVA.

SÉ­RIES COM­PRO­MISES

Il est in­dé­niable que les grands ré­seaux ne pour­ront plus se payer des sé­ries lourdes comme Omer­tà et Nos étés à en­vi­ron un mil­lion de dol­lars l’épi­sode. Même les sé­ries mi-lourdes, à un coût moindre, sont com­pro­mises. Les té­lé­dif­fu­seurs se li­mi­te­ront do­ré­na­vant à ce qu’ils ap­pellent les « té­lé­ro­mans plus », comme Ya­mas­ca, la pro­chaine sé­rie de TVA, qui se­ra tour­née comme pré­vu au prin­temps et à l’été 2009, à un coût de 275 000 $ par épi­sode d’une heure.

De son cô­té, Ra­dio-Ca­na­da dé­clare que « les re­ve­nus pu­bli­ci­taires fondent comme neige » et ex­horte les em­ployés à se ser­rer les coudes dans un ré­cent mé­mo qui leur a été adres­sé par le pré­sident Hu­bert T. La­croix.

TVA est le seul ré­seau à avoir an­non­cé le re­port de té­lé­sé­ries. Ain­si, même si leur pro­duc­tion est com­plé­tée, la der­nière tranche de Lance et compte : le grand duel et la té­lé­sé­rie Le gent­le­man ont été re­por­tées à l’au­tomne 2009. Si la ré­ces­sion se fait vrai­ment sen­tir, nous dit-on, leur dif­fu­sion pour­rait de nou­veau être re­tar­dée, his­toire de gar­der sur la glace des va­leurs sûres qui vien­dront re­haus­ser une pro­gram­ma­tion en des heures dif­fi­ciles sur le plan éco­no­mique.

« Nous ne ca­che­rons pas que nous sommes tri­bu­taires du mar­ché pu­bli­ci­taire. Si le mar­ché chute, il fau­dra trou­ver moyen de conti­nuer de faire de la té­lé de qua­li­té, car le té­lé­spec­ta­teur est exi­geant; si la qua­li­té n’est plus au ren­dez-vous, il ira voir ailleurs, comme sur les chaînes spé­cia­li­sées. »

Pour TVA, le ser­vice des nou­velles de­meu­re­ra la pierre an­gu­laire du ré­seau, qui mi­se­ra do­ré­na­vant sur les émis­sions de va­rié­tés et les jeux pro­duits au Qué­bec, « car le té­lé­spec­ta­teur ré­clame du conte­nu qué­bé­cois », au dire de la porte-pa­role de TVA.

PHOTO COUR­TOI­SIE

OMER­TÀ

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