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Les té­lé­sé­ries durent sou­vent deux, trois ou quatre sai­sons au pe­tit écran. Une ex­cep­tion à cette règle : Vir­gi­nie, que Fa­bienne La­rouche peut se van­ter d’écrire de­puis 13 ans. En­tre­vue avec l’au­teure la plus pro­li­fique de la té­lé­vi­sion qué­bé­coise, qui vi

Le Journal de Quebec - Weekend - - CRISE ÉCONOMIQUE - Ca­ro­line Roy

Peut-on par­ler de re­cord? Une chose est cer­taine, au Qué­bec, ja­mais un au­teur unique n’a écrit au­tant d’épi­sodes du même té­lé­ro­man.

Mal­gré toutes les scènes écrites, Fa­bienne La­rouche est en­core loin de man­quer d’ins­pi­ra­tion. Même que, à l’en­tendre par­ler, on peut fa­ci­le­ment croire qu’elle se ren­dra à 3 000 épi­sodes de Vir­gi­nie.

« Mon contrat avec Ra­dio-Ca­na­da conti­nue. Mais un jour, ça va ar­rê­ter. Pour l’ins­tant, je suis en bonne san­té et je suis ins­pi­rée. La SRC a aus­si une confiance in­ébran­lable en cette émis­sion », ra­conte Fa­bienne La­rouche.

UNE MIS­SION

Ins­pi­rée, oui, elle l’est. Elle s’est même don­né une nou­velle mis­sion avec Vir­gi­nie : celle de re­va­lo­ri­ser la pro­fes­sion d’en­sei­gnant au­près de la po­pu­la­tion. Elle tra­vaille, entre autres, sur un pro­jet en col­la­bo­ra­tion avec le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion.

Quand elle parle des pro­fes­seurs, ou des maîtres comme elle les ap­pelle, Fa­bienne La­rouche a les larmes aux yeux tel­le­ment elle les ad­mire. Ai­mer au­tant les pro­fes­seurs, soit ses per­son­nages prin­ci­paux, nous donne un bon in­dice de la re­cette qui fait le suc­cès de Vir­gi­nie.

« C’est ma mis­sion de­puis les dé­buts de Vir­gi­nie. Je suis très pro-prof. Je trouve que c’est une belle pro­fes­sion », dit celle qui a dé­jà en­sei­gné pen­dant cinq ans au se­con­daire.

« Les gens parlent des en­sei­gnants comme s’ils fai­saient n’im­porte quoi, en­chaîne-t-elle. Ça m’at­triste et ça m’in­ter­pelle. Chaque ci­toyen qué­bé­cois de­vrait être in­ter­pel­lé. Quand tu réus­sis par ton cha­risme et ton ta­lent à re­joindre une tren­taine d’élèves, tu es vrai­ment quel­qu’un de bien. »

PE­TIT MI­RACLE

Vir­gi­nie, c’est aus­si un pe­tit mi­racle : il en coûte 90 000 $ pour pro­duire un épi­sode de trente mi­nutes. Une au­baine alors que la moyenne tourne plu­tôt au­tour de 200 000 $.

N’em­pêche que Fa­bienne La­rouche trouve que les condi­tions de tour­nage ont bien chan­gé de­puis 13 ans.

« Au­jourd’hui, il y a du mon­tage, des ca­mé­ras à l’épaule et il y a aus­si de la mu­sique faite par Daz­mo. On ne peut pas ju­ger Vir­gi­nie en ne re­gar­dant l’émis­sion que pen­dant quelques mi­nutes. Il faut la re­gar­der pen­dant un mois pour voir vrai­ment ce que c’est », ex­plique l’au­teure, qui est fière d’y abor­der plu­sieurs en­jeux so­ciaux.

« Vir­gi­nie traite de la pau­vre­té, de la mi­sère, du ra­cisme, du sexisme, de l’ho­mo­sexua­li­té. Oui, on parle de l’école, mais aus­si de plu­sieurs autres en­jeux », sou­tient-elle.

Cet au­tomne, Vir­gi­nie a en­re­gis­tré des cotes d’écoute de plus de 650 000 té­lé­spec­ta­teurs, soir après soir. « Contre des émis­sions comme Les au­di­tions de Star Aca­dé­mie ou Oc­cu­pa­tion double à TVA », pré­cise-t-elle.

Seule Fa­bienne La­rouche peut réa­li­ser un tel ex­ploit.

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