LA RE­CETTE écrire et ré­écrire

La re­cette pour ex­pli­quer la lon­gé­vi­té de Vir­gi­nie existe-t-elle vrai­ment? Non, ré­pond Fa­bienne La­rouche. Mais en po­sant des ques­tions, on fi­nit par en ap­prendre un peu plus sur sa mé­thode.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA 1500E DE VIRGINIE - Ca­ro­line Roy Le Jour­nal

EST-CE QUE FA­BIENNE LA­ROUCHE POS­SÈDE UNE RE­CETTE MA­GIQUE POUR EX­PLI­QUER LE SUC­CÈS DE VIR­GI­NIE?

C’est le tra­vail. C’est 10 % de ta­lent et 90 % de tra­vail. Il faut s’as­seoir et écrire, puis ré­écrire. Au dé­but, il y a fal­lu que je m’adapte pour pas­ser de la té­lé­sé­rie, comme For­tier ou Scoop, au té­lé­ro­man. Avant d’ar­ri­ver à la ver­sion fi­nale qui pas­se­ra au pe­tit écran, j’en écris plu­sieurs.

COMMENT FAIT-ON POUR SE RENDRE JUS­QU’À 1 500 ÉPI­SODES D’UN TÉ­LÉ­RO­MAN?

Je suis la bonne per­sonne à la bonne place. J’ai eu une oc­ca­sion et une chance, j’en pro­fite. Je n’avais pas la vo­ca­tion de l’en­sei­gne­ment comme ma mère. Étran­ge­ment, ce que j’au­rai fait de mieux à la fin de ma vie, c’est un té­lé­ro­man sur les profs. J’ai tel­le­ment d’ad­mi­ra­tion pour eux.

COM­BIEN D’ÉPI­SODES ÉCRI­VEZ-VOUS CHAQUE JOUR?

Un épi­sode par jour. Lise Payette m’a don­né un seul con­seil quand j’ai com­men­cé Vir­gi­nie. Elle m’a dit : La jour­née où tu n’en écris pas un, tu en as deux à faire le len­de­main.

OÙ TROU­VEZ-VOUS TOUTE VOTRE INS­PI­RA­TION?

Dans les jour­naux, In­ter­net, la té­lé­vi­sion et aus­si chez mon conjoint, Mi­chel Tru­deau. On est deux dans Vir­gi­nie. Mi­chel est pro­duc­teur au conte­nu. Je ne suis pas psy­cho­logue dans la vie, mais Mi­chel a un doc­to­rat en la ma­tière. Alors, pour écrire un rôle de sui­ci­daire, tel ce­lui du nou­vel élève aux ten­dances sui­ci­daires, Mi­chel m’est d’un grand re­cours.

AVEZ-VOUS UN PER­SON­NAGE PRÉ­FÉ­RÉ?

Je les aime tous. Ils ont tous un peu d’hé­ré­di­té. Ce n’est pas Vir­gi­nie qui me res­semble le plus. J’ai un peu de Pouliot en moi. Cer­tains per­son­nages sont plus dif­fi­fi­ciles à com­po­ser que d’autres. La­caille et Pha­neuf sont plus dif­fi­fi­ciles à écrire, car ils me de­mandent plus de re­cherche en lit­té­ra­ture et en éco­no­mie.

EST-CE QU’IL Y A UNE SCÈNE QUE VOUS N’AVEZ JA­MAIS OSÉ ÉCRIRE?

Est-ce que j’ai des ta­bous, oui, mais, j’es­saye de mon­trer les deux cô­tés de la mé­daille. Il y a plein de scènes que je n’ose pas mon­trer, comme la nu­di­té ou la vio­lence. La SRC ne me lais­se­rait pas faire de toute fa­çon. En ce qui concerne le lan­gage, si j’ai un élève qui jure, quel­qu’un va le re­prendre. Ça passe au­près des té­lé­spec­ta­teurs.

EST-CE QU’IL Y A UNE SCÈNE QUI VOUS RÉÉCRIRIEZ?

Non, mais je ne sais pas si j’écris comme il y a 13 ans. L’hy­per­sexua­li­sa­tion des jeunes fi­filles, il y a 13 ans, je n’en par­lais pas, mais au­jourd’hui oui. J’avais des ado­les­centes en­ceintes il y a 13 ans. J’en ai en­core au­jourd’hui. Cer­tains en­jeux changent.

EST-CE QUE VOTRE SCÈNE FI­NALE DE VIR­GI­NIE EST DÉ­JÀ ÉCRITE?

Oui. Quand j’ai com­men­cé à écrire Vir­gi­nie, je me suis dit : ma der­nière scène, c’est celle-là. On ne sait pas quand se­ra la fi­fin.

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