Êtes-vous cyberdépendant?

Pas­sez-vous plus de temps en com­pa­gnie de votre or­di­na­teur qu’avec des gens? Vous souf­frez peu­têtre de cy­ber­dé­pen­dance, une dé­pen­dance à l’or­di­na­teur ou à la tech­no­lo­gie.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TECHNO POUR TOUS - Pas­cal Forget Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Il ne faut pas s’in­quié­ter si quel­qu’un passe une fin de se­maine à jouer à Gui­tar He­ro avec ses amis ou s’il passe beau­coup de temps avec un or­di­na­teur tout neuf. Ce­pen­dant, la si­tua­tion peut de­ve­nir pro­blé­ma­tique si une per­sonne éprouve un sen­ti­ment de bien-être lors­qu’elle uti­lise In­ter­net et un sen­ti­ment de dé­pres­sion si l’ac­cès à In­ter­net est im­pos­sible, ou en­core si elle se sent in­ca­pable de di­mi­nuer son usage d’In­ter­net. Et sou­vent, comme l’al­coo­lique qui ment sur la quan­ti­té d’al­cool qu’il boit, le cyberdépendant men­ti­ra sur le nombre d’heures qu’il passe sur In­ter­net…

DIF­FÉ­RENTES FORMES

La fa­çon dont s’ex­prime la cy­ber­dé­pen­dance va­rie d’une per­sonne à l’autre. Cer­tains fe­ront du « cy­be­ra­mas­sage » : ils cher­che­ront sans cesse des in­for­ma­tions non es­sen­tielles sur In­ter­net ou vé­ri­fie­ront com­pul­si­ve­ment leur courrier élec­tro­nique ou leur pro­fil Fa­ce­book.

D’autres se­ront ob­sé­dés par les jeux vi­déo, les jeux de ha­sard et les tran­sac­tions en ligne. Cer­tains se­ront ob­sé­dés par les re­la­tions en ligne (sur les sites de ren­contres ou dans les sa­lons de cla­var­dage) ou ne pour­ront se pas­ser de por­no­gra­phie sur In­ter­net.

AU­TOÉ­VA­LUER SA CY­BER­DÉ­PEN­DANCE

Marie-Anne Ser­ge­rie, psy­cho­logue, s’in­té­resse à la cy­ber­dé­pen­dance de­puis une di­zaine d’an­nées. Elle pro­pose sur son site Web une fiche d’au­to-ob­ser­va­tion de son usage d’In­ter­net. « La fiche per­met de no­ter le temps réel que la per­sonne passe de­vant l’or­di­na­teur, la ma­nière dont elle se sent et son dia­logue in­té­rieur quand elle est connec­tée, ex­plique Mme Ser­ge­rie. Ce­la per­met de pro­po­ser des pistes de so­lu­tion adé­quates. On pour­ra par exemple sa­voir si l’uti­li­sa­tion d’In­ter­net per­met d’évi­ter des re­la­tions so­ciales en face à face ou de re­pous­ser des res­pon­sa­bi­li­tés ou des tâches désa­gréables. »

BE­SOIN D’AIDE?

« L’im­por­tant n’est pas seule- ment la quan­ti­té d’heures pas­sées sur In­ter­net par se­maine ou par jour, ajoute Mme Ser­ge­rie. Une per­sonne peut être cy­ber­dé­pen­dante si son uti­li­sa­tion d’In­ter­net in­ter­fère en même temps à plu­sieurs ni­veaux de sa vie, par exemple dans son tra­vail, dans ses études et dans ses re­la­tions per­son­nelles ou fa­mi­liales. » Mais comment sa­voir si notre usage d’In­ter­net est pro­blé­ma­tique? « Il faut connaître les consé­quences dans la vie d’une per­sonne et celles que la per­sonne et son en­tou­rage per­çoivent. La dif­fé­rence peut être très grande. »

Mme Ser­ge­rie pro­pose aux gens in­té­res­sés des confé­rences sur le su­jet. Vous trou­ve­rez plus de ren­sei­gne­ments (et le mo­dèle de for­mu­laire d’éva­lua­tion gra­tuit) sur le site cy­ber­de­pen­dance.ca.

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